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Notre avis sur 'Comment je suis devenu super-héros', à voir sur Netflix

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Notre avis sur 'Comment je suis devenu super-héros', à voir sur Netflix
"Comment je suis devenu super-héros". © Netflix
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Attendu dans les salles de cinéma à l’automne 2020, “Comment je suis devenu super-héros” arrive finalement directement sur Netflix ce vendredi 9 juillet, le second confinement étant passé par là. Le mariage de raison entre la plateforme et le film de Douglas Attal fait sens : Netflix a produit plusieurs succès dans le genre du polar d’action avec une dose de fantastique, notamment “Bright” et “Project Power”. Mais avec un lancement la même semaine que le retour de Marvel au cinéma grâce à “Black Widow”, et quelques jours avant la sortie du blockbuster “Fast & Furious 9”, le film réussira-t-il à attirer l’attention des abonnés ?

“Comment je suis devenu super-héros” a quelques arguments pour faire venir le public français dans son casting, qui aligne les stars du cinéma hexagonal. On y retrouve Pio Marmaï en tête d’affiche — il forme un duo de policiers aux côtés de Vimala Pons — mais aussi Benoît Poelvoorde et Leïla Bekhti dans des rôles d’anciens super-héros, et Swann Arlaud dans celui du grand méchant.

Adapté du roman du même de nom de Gérard Bronner, le scénario, co-signé par le réalisateur — dont c’est le premier film, Mélisa Godet et Charlotte Sanson, transpose l’action de New York à Paris. Un Paris moderne, réaliste — le film a principalement été tourné dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale —, dans lequel vivent des individus dotés de super-pouvoirs et qui sont pleinement intégrés dans la société.

L’intrigue se concentre sur la découverte d’un produit illicite qui permet aux personnes dénuées de pouvoirs d’en obtenir pour quelques minutes. Forcément dangereux comme une drogue, ce produit rencontre un certain succès chez les jeunes. Deux policiers et deux anciens justiciers vont tenter de démanteler le trafic.

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Le film s’amuse ainsi à imaginer comment ces personnages pourraient devenir de véritables figures médiatiques. On voit dans la scène d'ouverture une certaine Tonic Girl faire la promotion de la véritable chaîne de restaurants Eat Salad — un habile placement de produit — sur la télé du personnage principal. De faux extraits des journaux de BFMTV et CNews ont également été créés, mettant en scène les vrais journalistes des deux chaînes. À plusieurs reprises pendant le film, un YouTuber disserte sur les exploits des super-héros à travers l’écran de smartphone des personnages. Ces détails participent à créer un univers qu’on a envie de découvrir plus en détails.

Loin des batailles épiques des films américains

Car, si les héros sont bien présents dans le quotidien des personnages, il ne faut pas s’attendre à un film de justiciers à l’américaine avec des batailles épiques contre des super-méchants. Ici, les deux personnages centraux sont des policiers qui n'ont, aux premiers abords, rien de spécial. Pio Marmaï joue Moreau, un lieutenant sur la pente descendante dont les piètres résultats professionnels commencent à agacer sa hiérarchie. Vimala Pons interprète le lieutenant Schaltzmann, la nouvelle partenaire de Moreau, ultra-consciencieuse et professionnelle. Si les deux acteurs sont convaincants dans leur rôle, on regrette un peu que leur duo de flics que tout oppose, et qui vont devoir apprendre à travailler ensemble, soit aussi peu original.

Avec son enquête policière, “Comment je suis devenu super-héros” emprunte autant aux codes des comics américains qu’aux polars à la Française. Douglas Attal, le réalisateur, affirme s’être aussi bien inspiré d’”Engrenages”, pour le portrait réaliste du travail des enquêteurs, que de “Gotham Central”, série de comics centrée sur les policiers de la célèbre ville de Batman. Problème, cette enquête peine malheureusement à nous passionner.

Les héros relégués au second plan

Spécialiste des affaires qui concernent des individus aux super-pouvoirs, Moreau a quelques contacts parmi les justiciers, à commencer par les anciens membres du Pack Royal, sorte de Justice League tricolore. Leur chef de file est Monté Carlo. Capable de se téléporter, le surhomme, joué par Benoît Poelvoorde, est aujourd’hui bloqué chez lui, maladie de Parkinson oblige. Son ancienne co-équipière, Callista — qui voit l’avenir, interprétée par Leïla Bekhti, est devenue éducatrice et entraîne une équipe de basket.

À travers ces deux héros fatigués par la vie, le film s’intéresse à la psychologie des justiciers, et tente de répondre à la question “que deviennent-ils quand la société n’a plus besoin ou ne veut plus d’eux ?”. Douglas Attal cite d’ailleurs “Watchmen”, qui posait la même question dans les années 1980, parmi ses sources d’inspiration. Malheureusement, on effleure seulement le sujet, et les deux anciens justiciers sont relégués à des rôles secondaires. Le méchant du film, Naja, joué par Swann Arlaud, reprend l’archétype du tyran ridicule et capricieux, sans le charisme qu’on aimerait voir émerger d’un tel personnage.

Le dernier tiers du long-métrage cache un twist intéressant, mais tout ce qui l’entoure est très classique et attendu, si bien que cette tentative de film de super-héros à la française risque vite de tomber dans l’oubli.

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