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Notre avis sur "Mourir peut attendre", le nouveau James Bond à voir au cinéma

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Notre avis sur "Mourir peut attendre", le nouveau James Bond à voir au cinéma
Daniel Craig dans "Mourir peut attendre". © MGM/Universal
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La destinée de la franchise James Bond est aussi chaotique que la vie du célèbre agent secret. Après avoir revitalisé la saga grâce à "Skyfall" en 2012 — un énorme succès qui récolta plus d’un milliard de dollars au box-office — le réalisateur Sam Mendes avait proposé un second opus en demi-teinte avec "Spectre" en 2015 : un film qui fait le job sans fournir une intrigue mémorable. Avec "seulement" 800 millions de dollars de recettes, le public ne s’y est pas trompé.

Le 25e opus, "Mourir peut attendre", était donc l’occasion de repartir sur de nouvelles bases et — surtout — d’offrir à Daniel Craig un départ digne de ce nom, puisqu’il s’agit là de la dernière apparition de l’acteur sous les traits de Bond. Après un changement de réalisateur, deux changements de scénaristes, une interruption de tournage pour cause de blessure de Daniel Craig, puis une autre en raison d’un incendie, et une date de sortie repoussée cinq fois, le film arrive enfin dans les salles françaises ce mercredi 6 octobre.

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"Mourir peut attendre" est un blockbuster entre tradition et modernité, puisque les deux scénaristes historiques de la saga, Neal Purvis et Robert Wade, signent à nouveau le script, tandis que la caméra est confiée à Cary Joji Fukunaga, réalisateur de "Beasts of No Nations" et la série "True Detective", premier américain à mettre en scène un James Bond.

Le film prend la suite directe de "Spectre". Il s’ouvre ainsi sur une séquence digne d’un rêve, où Bond file le parfait amour avec Madeleine Swann (Léa Seydoux) en Italie. Le voyage idyllique est rapidement interrompu par le retour des agents de Spectre, bien décidés à mettre fin à la vie de l’agent secret. Cet épisode convainc l’agent secret de l’impossibilité de vivre son amour.

Après ce prologue, on retrouve Bond cinq ans plus tard, vivant une retraite paisible, tout seul en Jamaïque. Une retraite de courte durée, puisque son vieil ami Felix Leiter, l’agent de la CIA joué par Jeffrey Wright, déjà présent dans "Casino Royale" et "Quantum of Solace", vient le trouver pour lui proposer une mission en freelance : l’aider à retrouver un scientifique disparu avec une nouvelle arme potentiellement très dangereuse. Sans surprise, James Bond croisera rapidement le chemin de ses anciens collègues du MI-6.

Un blockbuster solide

Sans révéler les multiples twists de l’intrigue — et ils sont nombreux pendant les 2h43 que dure le film — on peut affirmer que "Mourir peut attendre" est un blockbuster très solide, où tous les ingrédients d’un bon James Bond sont réunis : les scènes d’action spectaculaires, les décors luxueux et les paysages exotiques sont tous au rendez-vous. La mise en scène de Cary Joji Fukunaga fait preuve d’une certaine inventivité visuelle. On retiendra, en plus de l’ouverture en Italie, une séquence d’infiltration et de course poursuite à Cuba, un plan sur un commando qui descend en rappel le long d’un gratte-ciel de Londres au coucher du soleil, ou encore le final étouffant dans un bunker de la guerre froide.

Si le scénario du film est assez classique, il traite le sujet de l’espionnage avec modernité, grâce notamment à l’implication de Phoebe Waller-Bridge au scénario. La patte de la créatrice de "Fleabag" et "Killing Eve" est immédiatement visible dans les dialogues tranchants de certaines scènes, et les nouveaux personnages féminins qui brillent à l’écran.

Ainsi, Lashana Lynch, actrice noire connue notamment pour son rôle dans "Captain Marvel", rejoint la franchise en tant que nouvel agent 007. Son casting avait fait beaucoup parler au moment de son annonce, devenant un symbole de la course à l’inclusivité des studios américains à l’ère de #MeToo et Black Lives Matter, où les icônes du XXe siècle sont toutes mises à la retraite une par une. Si, sans surprise, son personnage symbolise un monde qui change à toute vitesse et laisse James Bond de côté, elle forme également un duo détonnant avec Daniel Craig, sans jamais non plus lui voler la vedette.

L’autre révélation du film est Ana de Armas. Déjà vue à l’écran aux côtés de Daniel Craig dans "A couteaux tirés", elle irradie de sa présence la séquence du film à Cuba, grâce à un rôle de James Bond Girl qui retourne tous les clichés du genre. On aurait aimé la voir plus longtemps.

Même le personnage de Léa Seydoux, plutôt effacée dans le précédent film, est ici réhabilitée, puisque le scénario étoffe son passé et la place comme une actrice du récit à part entière.

Un méchant trop discret

En reprenant le fil de l’histoire débutée dans "Spectre", et en en faisant revenir les principaux protagonistes, dont le méchant Ernst Stavro Blofeld (Christoph Waltz), désormais derrière les barreaux, "Mourir peut attendre" prend le risque d’aliéner ceux qui ne sont pas de spectateurs assidus de la saga. Ils peuvent en effet manquer certaines références, et un (re)visionnage de "Spectre" peut être conseillé avant d’aller voir ce nouvel opus, si vous voulez en profiter à 100%.

Car "Mourir peut attendre" a clairement été construit comme le point culminant de la saga entamée en 2005 avec "Casino Royale". Daniel Craig joue un héros fatigué après une vie passée à être poursuivi par des ennemis toujours plus puissants et invisibles. James Bond est comme acculé et en a assez de se cacher. De ce côté, le film offre une fin à la hauteur de la marque qu’a su imposer l’acteur sur une franchise qui s’apprête à fêter ses 60 ans.

Cela se fait cependant aux dépens du principal méchant de "Mourir peut attendre", Lyutsifer Safin, un ancien assassin de Spectre devenu terroriste et joué par Rami Malek. Celui-ci, tout en froideur et en distance, peine à rester en mémoire.

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