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Nous sommes incapables d'empêcher un astéroïde de percuter la Terre, selon une simulation de la NASA

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La modélisation d'un astéroïde prenant le chemin de notre planète. © Peter Carril/ESA
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Les scientifiques du monde entier ont été dupés cette semaine par un astéroïde fictif se dirigeant vers la Terre. Un groupe d'experts des agences spatiales américaine et européenne a participé à un exercice d'une semaine dirigé par la NASA, au cours duquel ils ont été confrontés à un scénario hypothétique. Un astéroïde situé à 35 millions de kilomètres s'approche de la Terre et a la capacité de la frapper d'ici six mois.

Au fil des jours, les participants à l'exercice en ont appris davantage sur la taille, la trajectoire et les chances d'impact de l'astéroïde. Ils ont ensuite dû coopérer et utiliser leurs connaissances technologiques pour voir si quelque chose pouvait être fait pour arrêter le rocher spatial. Ils n'ont pas réussi. Le groupe a déterminé qu'aucune des technologies existantes sur Terre ne pouvait empêcher l'astéroïde hypothétique de frapper dans le délai de six mois prévu par la simulation. Dans cette réalité alternative, l'astéroïde s'est écrasé sur l'Europe de l'Est.

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Pour autant que nous le sachions, aucun astéroïde ne constitue actuellement de menace pour la Terre. Mais on estime que deux tiers des astéroïdes de 140 mètres ou plus, suffisamment grands pour causer des dégâts considérables, n'ont pas encore été découverts. C'est pour cela que la NASA et d'autres agences tentent de se préparer à une telle situation.

"Ces exercices aident la communauté de la défense planétaire à communiquer et avec nos gouvernements pour s'assurer que nous sommes tous coordonnés si une menace est identifiée à l'avenir", a assuré Lindley Johnson, responsable de la défense planétaire à la NASA, dans un communiqué de presse.

6 mois, un délai trop court pour se préparer à l'impact d'un astéroïde

L'astéroïde fictif de la simulation s'appelait 2021PDC. Dans le scénario de la NASA, il a été "repéré" pour la première fois le 19 avril et, après une semaine, les scientifiques ont pu calculer qu'il avait 5 % de chances de percuter notre planète le 20 octobre, soit six mois après sa date de découverte.

Mais le deuxième jour de l'exercice s'est déroulé en accéléré jusqu'au 2 mai, lorsque de nouveaux calculs de trajectoire d'impact ont montré que 2021PDC frapperait presque certainement l'Europe ou l'Afrique du Nord. Les participants à la simulation ont envisagé diverses missions dans lesquelles les engins spatiaux pourraient tenter de détruire l'astéroïde ou de le dévier de sa trajectoire.

La zone géographique d'impact de l'astéroïde 2021PDC, d'après une simulation de la NASA. NASA/JPL

Mais ils ont conclu que de telles missions ne pourraient pas décoller dans le court laps de temps qui précède l'impact de l'astéroïde. "Si nous étions confrontés au scénario hypothétique de 2021PDC dans la réalité, nous ne serions pas en mesure de lancer un engin spatial dans un délai aussi court avec les capacités actuelles", ont déclaré les participants.

Ils ont également envisagé d'essayer de faire sauter ou de perturber l'astéroïde à l'aide d'un dispositif explosif nucléaire. "Le déploiement d'une mission de perturbation nucléaire pourrait réduire considérablement le risque de dommages liés à l'impact", ont-ils constaté. Toutefois, la simulation stipulait que 2021PDC pouvait mesurer entre 60 cm et 8 mètres, de sorte que les chances qu'une bombe nucléaire puisse faire une brèche étaient incertaines.

Le troisième jour de l'exercice s'est déroulé le 30 juin, et l'avenir de la Terre semblait bien sombre : la trajectoire d'impact de 2021PDC indiquait qu'elle se dirigeait vers l'Europe de l'Est. Le quatrième jour, qui s'est déroulé une semaine avant l'impact de l'astéroïde, il y avait 99 % de chances que l'astéroïde frappe près de la frontière entre l'Allemagne, la République tchèque et l'Autriche. L'explosion apporterait autant d'énergie qu'une grosse bombe nucléaire. Tout ce que l'on pouvait faire était d'évacuer les régions touchées à l'avance.

La plupart des astéroïdes passent sous les radars et beaucoup sont repérés trop tard

La toile de cet artiste met en scène l'astéroïde Chicxulub s'écrasant au Mexique il y a 66 millions d'années.  Chase Stone

Il est tentant de penser que, dans le monde réel, les astronomes repéreraient un astéroïde semblable à 2021PDC avec un préavis beaucoup plus long que six mois. Mais la capacité du monde à surveiller les objets proches de la Terre (géocroiseurs) est terriblement incomplète.

Tout rocher spatial dont l'orbite se situe à moins de 201 millions de kilomètres du soleil est considéré comme un géocroiseur. Mais la NASA l'a déclaré en juillet, "elle n'a trouvé qu'environ un tiers de la population d'astéroïdes qui pourraient représenter un risque d'impact sur la Terre".

Bien sûr, l'humanité espère éviter une surprise comme celle qu'ont eue les dinosaures il y a 65 millions d'années, lorsqu'un astéroïde de 9 kilomètres de large s'est écrasé sur la Terre. Mais ces dernières années, les scientifiques n'ont pas repéré de nombreux objets dangereux de grande taille qui se sont approchés de notre planète.

La comète Neowise apparaît dans le ciel de Nayoro, Hokkaido au Japon, le 11 juillet 2020. L'observatoire de Nayoro via Reuters

La comète Neowise, un morceau de glace spatiale de 4,8 km de large, est passée à moins d'environ 103 millions de km de la Terre en juillet. Personne ne connaissait l'existence de cette comète jusqu'à ce qu'un télescope spatial de la NASA ne la découvre en s'approchant quatre mois auparavant.

En 2013, un météore d'environ 19,8 m de diamètre est entré dans l'atmosphère à une vitesse de 64 000 km/h. Il a explosé au-dessus de Tcheliabinsk, en Russie, sans avertissement, envoyant une onde de choc qui a brisé des fenêtres et endommagé des bâtiments dans toute la région. Plus de 1 400 personnes ont été blessées.

La météorite Chelyabinsk sillonnant le ciel russe.  AP

En 2019, un astéroïde de 130 mètres de large, "tueur de ville", a volé à moins de 72 000 km de la Terre. La NASA n'avait pratiquement pas été avertie. En effet, à l'heure actuelle, la seule façon pour les scientifiques de suivre un géocroiseur est de pointer l'un des puissants télescopes de la Terre, dont le nombre est limité, dans la bonne direction et au bon moment.

Pour résoudre ce problème, la NASA a annoncé il y a deux ans qu'elle lancerait un nouveau télescope spatial dédié à la surveillance des astéroïdes dangereux. Ce télescope, baptisé Near-Earth Object Surveillance Mission (mission de surveillance des objets géocroiseurs), ainsi que le télescope Test-Bed, récemment lancé par l'Agence spatiale européenne et le télescope Flyeye, en cours de construction en Italie, devraient à terme augmenter le nombre de géocroiseurs que nous pouvons suivre.

La NASA teste des moyens d'immobiliser un astéroïde

Une illustration du dispositif "DART" de la NASA, à proximité d'un astéroïde.  NASA/Johns Hopkins APL

La NASA a étudié les options dont disposeraient les scientifiques s'ils découvraient un dangereux astéroïde sur une trajectoire de collision avec la Terre. Ils pourraient notamment faire exploser un engin explosif près de la roche spatiale, comme l'ont suggéré les participants à l'exercice, ou tirer des lasers qui pourraient chauffer et vaporiser l'astéroïde suffisamment pour modifier sa trajectoire.

Une autre possibilité est d'envoyer un vaisseau spatial pour percuter un astéroïde en approche et le faire dévier de sa trajectoire. C'est la stratégie que la NASA envisage le plus sérieusement. Plus tard cette année, l'agence devrait lancer un test de cette technologie. Le Double Asteroid Redirection Test (DART) enverra un vaisseau spatial vers l'astéroïde Dimorphos et le heurtera délibérément à l'automne 2022. La NASA espère que cette collision modifiera l'orbite de Dimorphos. Bien que cet astéroïde ne constitue pas une menace pour la Terre, la mission pourrait prouver que la réorientation d'un astéroïde est possible avec un délai suffisant.

Version originale : Aylin Woodward et Morgan McFall-Johnsen/Insider

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