Donald Trump et le secteur tech ont peut-être plus en commun qu'ils ne le pensent

Donald Trump (entouré par le vice-président américain Mike Pence (à sa gauche), l'investisseur Peter Thiel (à sa droite) et la directrice des opérations de Facebook Sheryl Sandberg. REUTERS/Shannon Stapleton

Donald Trump et le secteur tech pourraient avoir plus de choses en commun qu'ils ne le pensent. 

Pendant la campagne, le président-élu américain était impopulaire dans la Silicon Valley. Mais une nouvelle proposition émanant d'un groupe de dirigeants tech de premier plan ne semble pas si différente d'une partie de la rhétorique protectionniste de Donald Trump en matière de politique commerciale. 

Désignant la Chine comme une menace pour l'industrie américaine des semi-conducteurs, un nouveau rapport rédigé par des dirigeants de la tech appelle le gouvernement américain à limiter les acquisitions transfrontalières par des entreprises chinoises, à protéger la propriété intellectuelle américaine et à accélérer l'ouverture de nouveaux sites de production de puces en réduisant les formalités administratives. 

Le rapport a été publié par le comité de conseillers pour la science et la technologie du Président américain, auquel appartient entre autres Eric Schmidt, président exécutif d'Alphabet, la maison-mère de Google.

Selon le rapport, les fabricants américains de puces sont mis à mal par la Chine, à cause d'une politique industrielle chinoise qui favorise ses propres entreprises de semi-conducteurs. Le rapport appelle donc à un soutien accru du gouvernement américain pour protéger le leadership des entreprises américaines dans le secteur. 

Restructurer le marché

"Aujourd'hui, une impulsion concertée de la Chine pour restructurer le marché en sa faveur, à travers des mesures industrielles financées par plus de 100 milliards de dollars de fonds publics, menace la compétitivité de l'industrie américaine et les bénéfices nationaux et mondiaux qu'elle génère", indique le rapport. 

"Nous recommandons vivement un effort fédéral coordonné pour influencer et répondre à la politique industrielle chinoise, renforcer l'environnement économique américain pour investir dans les semi-conducteurs, et mener des partenariats avec l'industrie et le monde universitaire pour faire progresser l'innovation en matière de semi-conducteurs."

Le rapport, adressé au président Barack Obama mais qui va probablement influencer la future politique de Donald Trump, propose les trois recommendations suivantes: 

1. "Repousser la politique industrielle de la Chine qui constitue un frein à l'innovation": Le groupe demande une plus grande transparence concernant la politique chinoise dans le secteur de la tech, des mesures renforcées qui protègent la sécurité nationale américaine (c'est-à-dire s'opposer à des fusions-acquisitions chinoises si cela affaiblit les entreprises américaine qu'il faut impérativement défendre), tout en travaillant étroitement avec les alliés.

2. "Améliorer l'environnement économique pour les fabricants de semi-conducteurs basés aux Etats-Unis": Investir dans les talents qui montent, ici et à l'étranger (un point sur lequel le groupe semble diverger de l'appel de Donald Trump pour réguler davantage l'immigration), tout en augmentant les dépenses en R&D sur les marchés pré-compétitifs. Le groupe demande une réforme fiscale qui permettrait aux entreprises avec de gros actifs, comme les fabricants de puces, d'opérer plus facilement aux Etats-Unis.

3. "Aider à catalyser l'innovation transformative en matière de semi-conducteurs au cours de la prochaine décennie": "Aider l'industrie à travailler ensemble sur de grands projets. Le gouvernement devrait librement coordonner l'industrie, le gouvernance, les efforts universitaires pour résoudre ces grands projets, avec comme but de conduire l'innovation avec des bénéfices plus grands", indique le texte.

Le groupe qui a aidé à rédiger ce rapport inclut l'ancien PDG d'Intel, Paul Otellini, le président exécutif de Qualcomm, Paul Jacobs, et l'ancien responsable en charge de la recherche et de la stratégie de Microsoft, Craig Mundie. 

Morgan Stanley a écrit dans une note lundi 9 janvier 2017 que les recommendations inclues dans ce rapport pourraient rendre plus difficile pour les entreprises chinoises d'acheter des sociétés étrangères dans le secteur des puces. Par ailleurs, les entreprises américaines qui font des affaires en Chine pourraient être davantage surveillées. Mais Morgan Stanley a également remarqué que ces recommendations auraient des effets bénéfiques sur le long-terme à travers un grand lot d'industries aux Etats-Unis. 

"Cela protégerait finalement la part de marché des entreprises américaines, même si la Chine gagne des parts de marché sur le moyen et bas de gamme, et accélérerait la numérisation de l'économie, en alimentant davantage la croissance de la productivité et la croissance du PIB pour les entreprises qui ne sont pas dans les secteurs des semi-conducteurs et de la tech. Celles-ci s'appuient beaucoup sur l'industrie des semi-conducteurs sans même le savoir", dit la note de Morgan Stanley. 

Version originale: Eugene Kim/Business Insider

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