On a visité l'entrepôt de Recyclivre, l'Amazon français et écolo du livre d'occasion

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Ci-dessous, une transcription de la vidéo.

Des livres à perte de vue, sur des dizaines de rangées d’étagères. Ce n’est ni la caverne d’Alibaba, ni une bibliothèque, mais l'entrepôt de Recyclivre, le premier site français de vente de livres d’occasion. Les livres, on aime les acheter, les dévorer, les collectionner, mais voilà, au bout d’un moment, ça prend de la place et ils s’entassent. Face à ce constat, David Lorrain a eu une idée : créer un site pour permettre aux particuliers comme aux professionnels de donner facilement leurs livres, et aux lecteurs de les acheter à prix cassés.

David Lorrain : L’aventure, elle a commencé il y a 13 ans, en 2008. J’habitais un appartement qui n’était pas très grand à Paris et j’avais des livres à donner et je ne savais pas comment les donner facilement. Je n’ai pas trouvé de solution et je me suis dit “si moi j’ai ce problème, d’autres l’ont”. C’est comme ça qu’est né Recyclivre, premier service gratuit de collecte de livres à domicile, parce qu’un livre on ne veut pas le jeter à la poubelle, donc il faut lui trouver une deuxième vie.

Si vous déménagez ou simplement que votre bibliothèque déborde, Recyclivre propose de récupérer vos livres gratuitement, partout en France, en seulement quelques clics.

David Lorrain : Pour donner vos livres, il n’y a rien de plus simple. Il faut aller sur le site Internet, taper votre code postal et le nombre de livres que vous allez donner et puis on va vous proposer des solutions en fonction de là où vous êtes et des quantités. Le minimum est entre 50 et 200 en fonction de votre code postal. Nous venons gratuitement dans les sept agglomérations où nous sommes présents : Paris, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille, ou alors sinon on vous propose de les déposer dans un point relais à côté de chez vous, ou encore chez un partenaire, en général associatif.

Les livres donnés sont ensuite stockés dans cet immense entrepôt à Villabé, au Sud de Paris. C’est l’entreprise Log’ins qui s’occupe de la partie logistique, grâce à une équipe de salariés en réinsertion professionnelle et en situation de handicap. Les livres envoyés à Recyclivre sont triés grâce à un logiciel, avant de rejoindre les étagères de l’entrepôt, en attendant de trouver un lecteur qui voudra les acheter. Ceux qui ne peuvent pas être vendus sur le site sont redonnés à des associations et aux employés, ou sont recyclés.

David Lorrain : Sur les livres qu’on récupère, il y a un premier tri qui est un tri visuel, sur l’état. Il faut que le livre puisse être encore en conditions pour être lu, qu’il ne manque pas de page, etc. Et ensuite, il y a un premier algorithme qui, quand on scanne le code-barre du livre, va nous dire “on le prend” ou “on ne le prend pas” en fonction de notre historique de vente, en fonction de l’état du marché, en fonction de plein de critères.

Employée Recyclivre : Je vais les recycler ceux-là. Là aussi, c’est refusé. Celui-là, pour moi il est... moi je dirais en très bon état. Donc je vais scanner “très bon”, et ça me marque le numéro et le titre du livre.

En 2020, l’entreprise a vendu 1,3 million de livres. Dans les nombreux rayons de cette librairie en ligne, on trouve de tout : des classiques — Hugo, Shakespeare, Verlaine, des polars à la mode, des romans d’amour, des BD, mangas, et même des guides touristiques.

David Lorrain : Ce qui se vend bien ou moins bien en occasion, c’est exactement la même chose qu’en neuf. Par exemple, les livres sur le développement personnel, ça se vend bien en occasion comme ça se vend bien aussi en neuf. Les Harry Potter, si on pouvait en avoir tous les jours cinquante à vendre, on en vendrait les cinquante. Aujourd’hui on en a deux ou trois par jour, on arrive à en vendre deux ou trois, mais si on en avait cinquante, on vendrait les cinquante quoi.

La différence entre l’occasion et le neuf se trouve bien sûr sur l’étiquette. Les prix démarrent autour de 4 euros sur Recylivre, et un livre coûte en moyenne 7 euros. Et forcément, ça plaît aux clients.

Nabil : Je suis plutôt un grand lecteur, notamment pour mes études. J’achète beaucoup de livres, j’ai un gros budget livres, donc ça fait du bien parfois d’en trouver d’occasion. L’avantage, c’est que sur Recyclivre, avec 15 ou 20 euros, je peux en commander trois ou quatre, là où j’en commanderais un ou deux en librairie.

Mais il n’y a pas que le prix qui compte. À l’heure où de plus en plus de Français veulent consommer de façon responsable, l’aspect économie circulaire de Recyclivre a de quoi plaire.

David Lorrain : Pour la première fois, je pense depuis 13 ans, je vais pouvoir dire que j’ai vu un changement dans les mentalités, dans la manière de consommer vraiment suite au confinement. Je pense que les personnes se sont posées la question de se dire “voilà, comment est-ce que je consomme, est-ce que je peux consommer plus écologique, plus local ?”.

Et pendant que le géant de la vente de livres en ligne, Amazon, essuyait les critiques, Recyclivre, lui, gagnait de nouveaux clients.

Nabil : Je ne commande plus du tout sur Amazon, c’est une compagnie à laquelle je n’adhère pas tellement, donc je préfère éviter de commander sur Amazon. Je préfère commander en librairie indépendante lorsque c’est des livres neufs, sinon lorsque c’est des livres d’occasion, j’utilise Internet.

David Lorrain : Les grandes plateformes étrangères ont été aussi beaucoup décriées. Les personnes se sont rendues compte qu’il y avait des alternatives qui existaient et qu’on pouvait consommer autrement.

De là à détrôner le géant américain, peut-être pas, mais Recyclivre a bien l’intention de continuer à se développer. L’entreprise a déjà pour projet d’ouvrir plusieurs bureaux à l’étranger car après tout, le plaisir de lire ne connaît pas de frontières.

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