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On a visité l'entrepôt Monoprix qui permet de préparer une livraison en 6 minutes grâce à des robots

On a visité l'entrepôt Monoprix qui permet de préparer une livraison en 6 minutes grâce à des robots
Le nouvel entrepôt de Monoprix utilise la technologie du britannique Ocado, et notamment ses robots qui travaillent au autonomie, comme dans une ruche. © Business Insider France/Claire Sicard

La crise liée à la pandémie de Covid-19 a accéléré le mouvement chez Monoprix, mais le projet était déjà dans les tuyaux depuis 2017. Grâce à un nouvel entrepôt flambant neuf de 36 000 m² situé à Fleury-Mérogis, dans l'Essonne (91), le distributeur a décidé de passer la vitesse supérieure sur le e-commerce et la livraison à domicile. "Nous voulons doubler notre volume d'affaires en e-commerce d'ici 10 ans", confirme Diane Coliche, directrice générale exécutive de Monoprix. "À horizon 2030, le e-commerce devra représenter 15% de nos ventes pour un volume d'affaires de 10 milliards d'euros", assure-t-elle. Les ventes de l'enseigne via le e-commerce ont été multipliées par quatre au printemps dernier au moment du confinement, et la tendance, si elle s'est ralentie depuis, est néanmoins toujours à la hausse.

Pour atteindre ces objectifs, Monoprix a donc décidé de se doter d'un entrepôt utilisant une technologie dernier cri, développée par Ocado, son partenaire anglais. Le e-commerçant britannique a développé une innovation permettant la gestion dynamique des commandes. Commercialisée dans le monde entier, le groupe Casino, propriétaire de Monoprix, est le seul distributeur a avoir signé avec eux. La force de la technologie d'Ocado ? "La rapidité", affirme de son côté Ferdinand Tomarchio, directeur e-commerce de Monoprix. Une commande comprenant 50 articles est en effet traitée en 6 minutes par l'opérateur, "c'est trois à quatre fois plus rapide qu'un picking classique", précise-t-il. Objectif : 10 commandes traitées par heure pour chaque opérateur.

Du côté du client, la solution déployée par Monoprix s'appelle "Monoprix Plus" : elle leur permet de se faire livrer tous les jours de la semaine sans exception, entre 6h et 23h, et minimum à J+1 après la commande en ligne. Concernant les tarifs de livraison, s'ils sont gratuits pour une commande de plus de 150 euros, ils varient ensuite en fonction des horaires. Pour un panier entre 100 et 150 euros, par exemple, ils oscillent entre 2 et 6 euros. Et pour un panier de moins de 100 euros, entre 4 et 12 euros. Plus la commande arrive en heure creuse, moins les frais sont importants pour le client.

Un entrepôt qui permettra bientôt d'assurer les livraisons sur la moitié du territoire français ?

La capacité maximale de nouvel entrepôt de Monoprix sera à terme de 5 millions de commandes par an. On n'en est pas encore là, et si Monoprix ne communique pas sur des chiffres exacts, l'enseigne affirme être "en avance" par rapport à ses objectifs de déploiement. L'entrepôt compte aujourd'hui 22 000 références de produits en stocks et permet pour le moment uniquement de se faire livrer à Paris intra-muros et dans quelques communes limitrophes. Un test dans toute l'Île-de-France est actuellement en cours sur le mois d'octobre.

Avant de voir plus grand ? Avec des "plateformes d'éclatement", Monoprix espère rapidement pouvoir utiliser son entrepôt de Fleury-Mérogis pour livrer aussi ses clients dans les Hauts-de-France et le grand Ouest. Des poids-lourds viendraient chercher les commandes déjà préparées pour les envoyer dans d'autres entrepôts plus proches, afin de procéder aux livraisons. L'entrepôt flambant neuf du distributeur pourrait donc à terme couvrir la moitié de la France.

Visitez en photo le nouvel entrepôt de Monoprix :

Après avoir revêtu des vestes de couleur pour être bien identifiés et des sur-chaussures renforcées, c'est parti pour la visite de l'entrepôt.

Business Insider France/Claire Sicard

L'entrepôt de Fleury-Mérogis fait 36 000 m² : si les espaces ne sont pas encore tous exploités, ces m² devraient permettre à terme de traiter 5 millions de commandes par an.

Business Insider France/Claire Sicard

Au sein de la zone 'Surgelés', il fait -25° et le sol est chauffé pour qu'il éviter de geler.

Business Insider France/Claire Sicard

La zone "Surgelés" est la seule qui n'est pas automatisée au sein de l'entrepôt : le personnel procède donc manuellement au picking (prélèvement) des produits. Pour permettre d'arriver à -25°, Monoprix recycle du CO2 industriel pour le transformer en gaz carbonique.

Hors surgelés, les camions des fournisseurs qui transportent les produits vont d'abord dans la zone dédiée au déchargement.

Business Insider France/Claire Sicard

Les produits sont ensuite enregistrés par l'opérateur avant le stockage automatisé dans la 'ruche'.

Business Insider France/Claire Sicard

Les produits sont amenés par palettes à un poste de travail : l'opérateur scanne le produit qui est reconnu automatiquement et pour lequel toutes les informations apparaissent sur son écran. Il vérifie rapidement avec le visuel que c'est le bon produit et rajoute, à la main par contre, la date limite de consommation (DLC) du lot. À terme, même l'information de la DLC devrait être elle aussi automatisée pour encore plus de rapidité.

Une fois enregistrés, les produits sont acheminés de manière automatisée dans la zone de stockage.

Business Insider France/Claire Sicard

Une fois toutes les informations validées et le déconditionnement fini, les produits sont déposés dans des caisse de stockage en plastique. Les caisses sont ensuite "aspirées", via un système de crémaillère, dans une colonne verticale, ce qui leur permet de rejoindre l'immense zone de stockage, appelée par les équipes de l'entrepôt "la ruche".

Au-dessus de l'espace de stockage, un ballet d'une centaine de robots travaille comme dans une ruche pour préparer les produits des commandes.

Business Insider France/Claire Sicard

L'espace de stockage est organisé en vertical et en trois dimensions : les caisses en plastique de stockage contenant les produits sont empilées les unes sur les autres, sur une vingtaine de niveaux environ. De quoi stocker les 22 000 références différentes de produis proposés par Monoprix Plus. Pour préparer et chercher le produit commandé par le client, les robots déplacent les caisses jusqu'à trouver la bonne.

L'optimisation est permanente : les produits les plus demandés par les clients sont placés plus haut que les autres dans l'espace de stockage pour être mis à disposition plus rapidement pour la préparation. Même chose pour les produits qui sont en promotion sur le site Monoprix Plus et qui seront donc rangés plus haut pour être accessibles plus facilement.

Voici une caisse de stockage en plastique, base de toute l'organisation de la technologie Ocado.

Business Insider France/Claire Sicard

Les petits trous sur le haut des caisses de stockage permettent aux robots de venir emboîter des sortes de pinces pour pouvoir déplacer très rapidement les caisses d'un endroit à l'autre. Les robots sont creux à l'intérieur et ils accueillent donc la caisse plastique en leur sein au moment du déplacement. À terme, l'entrepôt pourra contenir 500 000 emplacements de stockage différents.

Dans la zone de préparation, les opérateurs travaillent sur les commandes de 3 clients en même temps.

Business Insider France/Claire Sicard

À l'étage d'en-dessous, on retrouve la "zone de picking" où les opérateurs préparent les commandes. Ils ont devant eux trois caisses en plastique qui correspondent aux commandes de trois clients. Les produits arrivent dans les caisses de stockage ; sur leur écran, il est indiqué s'ils doivent le mettre dans le bac 1 , 2 ou 3. Une fois l'opération terminée pour un produit, l'opérateur appuie sur un gros bouton vert pour valider et le produit suivant arrive.

Dans les entrepôts traditionnels, c'est au personnel de se déplacer vers les marchandises, comme un client avec une liste de courses. Là, les produits arrivent directement à l'opérateur. Outre le gain de temps que cela procure, la technologie d'Ocado permet aussi de créer la commande la plus intelligente possible : par exemple, une boîte d'œufs arrivera après un pack de lait, afin d'être placée au-dessus et donc ne pas être écrasée.

Les commandes sont prêtes et les caisses arrivent pour être chargées dans les camions de livraison.

Business Insider France/Claire Sicard

Une fois les commandes finalisées au poste de préparation, elles sont amenés automatiquement dans un autre espace dédié à la préparation des livraisons. Elles arrivent donc sur des rails et sont ensuite chargées par des opérateurs sur des étagères mobiles (des "rolls"). On retrouve un code couleur pour les caisses de livraison : bac violet pour les produits frais ou sec, bac jaune pour les surgelés.

Une caisse correspond à la commande d'un client.

Business Insider France/Claire Sicard

Les caisses arrivent dans un ordre précis, décidé par l'algorithme, ce qui permet aux livreurs d'accéder à la bonne caisse au bon moment et d'optimiser son temps de tournée.

Les camions sont ensuite chargés directement depuis l'intérieur de l'entrepôt.

Business Insider France/Claire Sicard

L'algorithme anticipe et permet aussi de ne pas trop charger les camions : par exemple, à l'intérieur d'une même caisse, les produits lourds seront mis sur les deux côtés pour éviter de trop peser et de déséquilibrer l'ensemble.

Les camions sont aménagés de manière à être chargés rapidement.

Business Insider France/Claire Sicard

Les caisses sont chargées directement dans les camions grâce aux étagères roulantes (rolls) : des rails permettent de faire glisser facilement les caisses de stockage à l'intérieur. Les camions contiennent deux zones : une chambre froide pour les surgelés et les produits frais, une seconde zone à température ambiante pour les produits secs.

Monoprix dispose d'une centaine de camions qui fonctionnent au biogaz pour assurer ses livraisons.

Business Insider France/Claire Sicard

Sur son site de Fleury-Mérogis, l'enseigne dispose d'une flotte d'une centaine de véhicules. Les camions fonctionnent au biogaz et peuvent couvrir une distance d'environ 80 km. Un chauffeur fait entre 10 et 20 commandes par tournée, sur deux plages horaire : 6h-14h et 15h-23h. L'algorithme d'Ocado intègre aussi les conditions habituelles de circulation, hors accident potentiel, pour optimiser au mieux les temps de livraison. Les chauffeurs-livreurs ne sont pas des prestataires externes, mais du personnel employé par le distributeur et formé par Monoprix.

Le site de Fleury-Mérogis pourrait bientôt employer plus de 1 000 salariés

Business Insider France/Claire Sicard

Le groupe Casino, propriétaire de Monoprix, a créé une filiale appelée O-Logistique en 2018 pour gérer son entrepôt et la mise en place des livraisons, en partenariat avec le britannique Ocado qu'il rémunère pour avoir accès à sa technologie. 300 personnes travaillent actuellement sur le site, mais des embauches sont prévues à court et moyen terme pour atteindre bientôt plus de 1 000 salariés.

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