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On en sait un peu plus sur la présence de méthane sur Mars

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On en sait un peu plus sur la présence de méthane sur Mars
Le rover Curiosity se prend en photo, en 2018. © NASA/JPL-Caltech/MSSS
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Sur Terre, le méthane est produit en grande partie par des microbes intervenant dans le processus de fermentation et de digestion de la plupart du bétail, mais aussi des chèvres ou encore des moutons, qui rejettent ensuite ce gaz dans l'atmosphère. Sur Mars, étant donné l'absence de ces animaux, la détection de méthane pourrait signifier la présence de microbes, ou encore une activité géologique impliquant "l'interaction de roches, d'eau et de chaleur", explique la NASA dans un communiqué.

Du méthane avait déjà été détecté par le passé sur la planète rouge, mais une nouvelle étude, publiée le 29 juin dans la revue Astronomy & Astrophysics, permet d'approfondir les découvertes et les mesures acquises jusqu'ici. Les chercheurs ont notamment mis en avant des écarts importants entre les relevés effectués le jour et ceux effectués la nuit. "Cette grande différence […] suggère que le méthane s'accumule pendant la nuit alors qu'il est contenu près de la surface, mais qu'il tombe en dessous des limites de détection […] pendant la journée", peut-on lire dans le résumé de l'étude.

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Deux instruments de mesure sont actuellement déployés pour mesurer la présence de méthane : le spectromètre laser embarqué à bord du rover Curiosity (TLS — Tunable Laser Spectrometer) et la sonde Trace Gas Orbiter de l'Agence spatiale européenne. Lors des premières campagnes de mesures, il s'est avéré que le TLS a détecté des particules de méthane, alors que ce n'était pas le cas pour la sonde européenne.

L'origine de la présence de méthane sur Mars reste mystérieuse

L'équipe scientifique a alors émis l'hypothèse que l'écart entre les mesures serait dû au moment de la journée où elles sont relevées : TLS fonctionne surtout la nuit, qui est calme sur Mars, ce qui permettrait à l'instrument de mieux détecter le méthane qui s'accumule, alors que la sonde "a besoin de la lumière du soleil pour détecte le méthane", explique la NASA. "Le méthane qui est confiné près de la surface la nuit est mélangé à l'atmosphère plus large pendant la journée, ce qui le dilue à des niveaux indétectables", détaille le planétologue John E. Moores de l'université de Toronto, dans le communiqué de la NASA.

Si cette divergence a enfin pu être élucidée, en revanche, la présence de méthane sur Mars reste encore un mystère. Si le méthane s'écoule de manière constante des cratères similaires à celui de Gale (qui sert de référence pour ces observations), ce qui est considéré comme probable par les scientifiques, "il devrait s'être accumulé en quantité suffisante dans l'atmosphère par le Trace Gas Orbiter", expose la NASA. Or cela n'est pas le cas, ce qui suggèrerait qu'un processus encore inconnu détruise le méthane, qui est pourtant considéré comme une molécule stable et dont la durée de vie est estimée à 300 ans sur Mars.

Des expériences sont actuellement menées, elles visent à "vérifier si des décharges électriques de très faible quantité induites par la poussière dans l'atmosphère martienne pourraient détruire le méthane, ou si l'oxygène abondant à la surface martienne détruit rapidement le méthane avant qu'il ne puisse atteindre la haute atmosphère", explique la NASA.

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