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On trouvera probablement une planète semblable à la Terre autour d'une étoile de type solaire dans une dizaine d'années

On trouvera probablement une planète semblable à la Terre autour d'une étoile de type solaire dans une dizaine d'années
Kepler-452b (parfois surnommée Terre 2.0 ou cousine de la Terre) est une exoplanète en orbite autour de l'étoile Kepler-452. © Universal History Archive/Contributeur/Getty Images

Avec les trous noirs, les exoplanètes représentent l'un des sujets qui va prendre beaucoup d'ampleur dans les années à venir dans le domaine de l'astronomie. Le lancement du télescope spatial de la NASA TESS pour "Transiting Exoplanet Survey Satellite", qui scrute le ciel pour trouver des mondes extraterrestres, devrait permettre de découvrir des dizaines de planètes de la taille de la Terre et jusqu'à 500 planètes de moins de deux fois la taille de notre planète. Et dans cette chasse aux exoplanètes, le Saint Graal serait de trouver une planète semblable à la Terre autour d'une étoile de type solaire.

Selon Guenther Hasinger, directeur du programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA), "cela devrait se produire dans les dix prochaines années". L'expert a avancé à Business Insider France que "nous aurons une poignée de vraies planètes comme la Terre et ça représentera quelque chose comme le Saint Graal pour la recherche dans le domaine des exoplanètes". Ensuite, l'étape suivante consistera à caractériser ces exoplanètes, autrement dit à "les prendre en photo, à voir de quoi leur atmosphère est faite, et espérons-le, trouver des traces d'oxygène, d'eau ou d'ozone ou de quelques molécules qui nous renseignent sur le potentiel de vie."

L'étape de caractérisation des exoplanètes situées dans la zone dite "habitable" sera cruciale. En effet, quand le télescope TESS a identifié une exoplanète potentiellement habitable, comme c'est le cas pour la planète GJ 357 d située dans la constellation de l'Hydre à 31 années-lumière, cela signifie simplement "que cette planète pourrait avoir la température adéquate qui permet l'existence d'eau liquide", avait expliqué Jean Schneider, astronome de l'Observatoire de Paris et spécialiste des exoplanètes à Business Insider France. L'eau liquide étant considérée comme un élément indispensable aux formes de vie que nous connaissons aujourd'hui, car elle facilite le développement d'activités biochimiques.

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Zone dite "habitable" ne veut pas dire que l'on pourrait y trouver des traces de vie (oxygène, eau ou autre) comme sur notre chère planète bleue. "La question de l'habitabilité est très difficile. Nous avons déjà découvert des planètes qui sont situées à la distance adéquate de leur étoile pour que l'eau liquide puisse s'y trouver en principe, mais ces planètes sont autour d'étoiles naines. Ces étoiles naines rouges sont très énergiques et émettent beaucoup de rayons X et UV, ce qui crée des conditions difficiles pour que la vie telle qu'on la connaît ici puisse exister. Ce sont des planètes qui regardent toujours leur étoile depuis la même face."

Quoi qu'il en soit, Guenther Hasinger a estimé que "notre vision de la vie a changé tandis que nous recherchons des traces de vie sur d'autres planètes. Sur Terre, nous avons trouvé des scénarios de vie complètement différents de ceux que nous avions anticipés au départ. Par exemple, en forant sous la surface de la Terre, nous avons trouvé plus de biomasse qu'au-dessus de la surface. Cela nous dit que si nous voulons trouver de la vie sur d'autres planètes, nous devons forer et creuser profondément."

Mieux comprendre notre propre Système solaire

Au-delà de l'espoir de trouver des signes de vie en dehors de la Terre, la recherche des exoplanètes pourrait nous permettre de mieux comprendre le fonctionnement de notre propre Système solaire, a indiqué le directeur du programme scientifique de l'ESA. "Dans notre Système solaire, nous n'avons que huit planètes et il s'avère que dans d'autres systèmes, il y a des planètes que nous n'avons pas dans le nôtre. En fait, le type de planètes les plus abondantes n'existe pas dans notre Système solaire. Leur taille est comprise entre celle de la Terre et celle de Neptune. En regardant de nombreuses planètes différentes dans d'autres systèmes solaires, nous pouvons mieux voir comment notre propre Système solaire fonctionne et ensuite, nous comprendrons mieux pourquoi, par exemple, Vénus est devenue la planète qu'elle est actuellement et pourquoi Mars a perdu son eau."

Comme nous l'avait rappelé la chercheuse Laura Kerber du JPL de la NASA, "Vénus est une planète qui a un peu près la même taille que la Terre et qui avait autrefois toutes les choses que la Terre possède actuellement. Mais quelque chose est arrivée à Vénus, peut-être qu'elle est un peu trop près du Soleil... On sait qu'il y avait un océan qui s'est totalement évaporé. Depuis, Vénus s'est transformé en une planète ultra chaude, où la surface est tellement brûlante que tout y fond, avec une pression écrasante de 93 bars." De son côté, Mars est aujourd'hui aride et froide, alors qu'il y a des milliards d'années, il s'agissait d'une planète chaude et humide, avec des fleuves.

L'ESA prépare ainsi d'autres missions pour étudier les exoplanètes à l'avenir et notamment pour les caractériser. Après CHEOPS lancée en décembre 2019 pour observer les étoiles brillantes et proches qui abritent des exoplanètes d'une taille comprise entre celles de la Terre (avec 12 756 km de diamètre) et de Neptune (49 244 km de diamètre) et qui n'ont pas d'équivalence dans notre Système solaire, l'ESA devrait lancer PLATO (PLAnetary Transits and Oscillations of stars) fin 2026 et ARIEL (Atmospheric Remote-sensing Infrared Exoplanet Large-survey) au milieu de 2028. L'observatoire spatial PLATO devrait permettre de trouver et d'étudier des exoplanètes de type terrestre, tandis qu'ARIEL aura pour objectif de mesurer la composition chimique et les structures thermiques des atmosphères de centaines d'exoplanètes chaudes ou tempérées, de détecter la présence de nuages ou d'étudier les interactions avec l'étoile hôte.

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