On va pouvoir payer son Uber dans la nouvelle appli SNCF

On va pouvoir payer son Uber dans la nouvelle appli SNCF

Uber

D'ici la fin de l'année, vous pourrez payer votre trajet Uber en Ile-de-France dans la nouvelle application SNCF. La plateforme américaine a remporté ces derniers jours un appel d'offres pour devenir l'opérateur exclusif de VTC intégré à "L'Assistant SNCF", la nouvelle appli qui remplacera à partir de ce 19 juin 2019 "L'Appli SNCF". Ce partenariat a été annoncé ce matin. Mais on en connaît désormais les détails. Interrogé sur le sujet, Julien Nicolas, directeur général adjoint de e-voyageurs SNCF — qui comprends OUI.sncf et l'Assistant—, nous assure que "c'est une intégration de bout en bout : les clients pourront planifier, réserver et payer leur trajet Uber dans l'appli 'L'Assistant SNCF'".

Il est étonnant d'apprendre qu'Uber accepte de laisser une appli tierce avoir accès à des données d'utilisateurs et effectuer le paiement — le coeur du système et l'or de toute plateforme technologique B to C. Son DG Dara Khosrowshahi annonce depuis un an que l'objectif de son entreprise est de devenir LA plateforme pour se déplacer en ville aujourd'hui, partout demain, même dans les airs. Mais Uber avait-elle réellement le choix? Elle ne pouvait décemment pas refuser de participer à une compétition qui lui permettait en cas de victoire de toucher des millions de gens —  la future ex-appli SNCF a été téléchargée 13 millions de fois —  et laisser une telle opportunité à un rival tels que Bolt, G7 ou Kapten.

"Les prochains mois vont servir à affiner le produit et les développements techniques. Il y a un vrai engagement mutuel", nous fait-on savoir chez Uber, sans en dire plus.

"Malgré les annonces, Uber n'est sans doute pas en capacité d'orchestrer un déplacement global. Ils font le choix d'être avec l'acteur qui prend de l'avance. C'est un choix pragmatique : partager la valeur plutôt que de rester dans son coin et laisser la place aux autres", estime Emmanuel Autier, associé au sein du cabinet de conseil BearingPoint, en charge du pôle Transport.

Ce partage de la valeur, avec l'accès aux données, est le point sensible des négociations avec les actuels et potentiels futurs partenaires de L'Assistant SNCF. "On ne croit pas au renvoi vers un site ou appli mais au service de bout en bout pour la planification d'un trajet. Les utilisateurs ont déjà des multitudes d'applications pour se déplacer.  C'est ce qui rend parfois difficile les négociations avec les partenaires : quelle est la valeur du partage de la donnée et de la transaction?", reconnaît Julien Nicolas de la SNCF.

Mais vous ne pourrez toujours pas acheter de billet de TGV

La possibilité de commander un Uber n'est pas encore disponible. Dans le reste de la France, la SNCF commence avec la plateforme de réservation Karhoo pour se déplacer avec les applis de VTC Le Cab, SnapCar, Marcel et les scooters électriques Félix. Les bus directs pour les aéroports parisiens de Roissy et Orly sont aussi disponibles sur l'application. 

En revanche, la SNCF n'a pas cru bon d'intégrer la possibilité de réserver et acheter un billet de train de TGV ou Ouigo. Vous pourrez seulement payer un billet de TER, comme sur l'ancienne application. Après consultation sur "L'Assistant SNCF", vous serez obligés de cliquer sur un lien qui vous renverra vers Oui.sncf pour le trajet choisi. "Aujourd'hui, il faut en effet garder OUI.sncf pour les trajets longue distance. Mais concrètement, vous basculerez de l'Assistant vers OuiSNCF, au bon endroit, sur la bonne offre. Des millions de gens ont les deux applis, ça ne posera pas de soucis de basculer de l'une à l'autre", justifie Julien Nicolas.

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Pourquoi avoir maintenu l'existence de deux applications alors que la SNCF veut devenir le magasin et l'outil unique pour se déplacer en France? "On n'a pas voulu complexifier les usages. Quand les habitudes sont ancrées, il est difficile de les changer. L'Assistant a été axé sur la courte distance puisque c'est ce que recherchent les utilisateurs. Mais en fonction des usages, on pourra ouvrir le sujet d'intégrer les longues distances dans cette application", conçoit Julien Nicolas, sans donner de date.

Politiquement, il est sûrement aussi compliqué de supprimer une application lancée il y a moins deux ans et pour laquelle un fort développement technologique a été engagé.

En tout cas, il faut s'attendre à une montée en puissance du nombre de partenaires sur cette application qui est déjà utilisable dans l'intégralité des villes de plus de 100 000 habitants, ainsi que dans 89 % des villes de plus 50 000 habitants. Soit au global auprès de 70 % de la population française. La SNCF appelle de ses voeux à intégrer plus de services, que ce soient les vélos en libre-service, les trottinettes ou le covoiturage. L'application de parkings OnePark arrivera bientôt sur 'L'Assistant SNCF' et la compagnie mise sur la technologie NFC — qui permet de transformer votre smartphone en titre de transport — pour faire décoller les usages. Elle commence dans l'agglomération de Strasbourg et espère bientôt accueillir le pass Navigo sur mobile dans son application.

"Pour une adaptation du plus grand nombre, il faut que tous les usages soient possibles sans sortir de l'application. C'est malin de la part de la SNCF. Il est important d'aller vite même si l'offre n'est pas complète au lancement. Il vaut mieux avancer que d'attendre que tout soit parfait pour prouver que ça marche", juge Emmanuel Autier de Bearing Point.

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  1. REFLEXION

    Etre client d'Uber c'est détruire l'emploi à terme des conducteurs, eux-mêmes, clients de la plateforme, pour justement avoir des clients dans leur voiture ! Qui à terme n'auront plus d'emploi puisque qu'Uber pour réduire ses coûts (la rémunération des conducteurs) va mettre des voitures autonomes. Bingo ! Voilà une "entreprise" qui s'est imposé sur un marché (?) avec l'argent d'investisseurs (notamment la banque Goldman Sachs -> qui a investi 9 milliards de $ !) dans un concept business perdant 7 milliards de $ (2017-2018). Alors que n'importe laquelle des entreprises normales seraient en faillites ou procédures judiciaires (pour quelques Euros), Uber continu... Les voilà même master sponsor de la Ligue 1 de foot en France pour 14 millions d'€ (2x plus que Conforama !) Mais d'où provient tout cet argent ???
    En sachant que les conducteurs qui s'auto-précarisent en adhérant malgré eux à la plateforme pour s'assurer de l'activité ; puis les clients qui payant leur course à des montants bien en-dessous du tarif "normal" (avec toutes les charges) (Uber perd +1$ sur chaque course dans le monde !) ; d'où provient les milliards de $ d'Uber ???

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