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On vous dit tout sur OnlyFans, le réseau social qui révolutionne le porno chez les jeunes


Surnommé "l'Instagram du porno", le site OnlyFans fait beaucoup parler de lui sur les réseaux sociaux. © Getty Images/Andrew Brookes

Depuis plusieurs semaines, un nom revient régulièrement en tendance Twitter en France : OnlyFans. Ce jeudi 13 août, c'est la rappeuse Cardi B qui a fait le buzz en annonçant la création de son compte. Trois jours avant, la toile s'enflammait suite au tweet d'une dénommée Polska, qui affirmait avoir gagné plus de 10 000 dollars en vendant ses photos sur le site. Parmi les autres réseaux sociaux, OnlyFans est un cas d'école, qui permet aussi bien à une artiste multi-millionaire de créer du lien avec ses fans qu'à une jeune française inconnue du grand public de remplir son compte en banque.

Lancé en 2016 au Royaume-Uni par l'entreprise Fenix International Limited (FIL), OnlyFans se décrit comme "un site d'abonnement qui permet aux créateurs de contenu de monétiser leur influence". Le business model est relativement simple : des "fans" s'abonnent à des comptes de "créateurs" pour accéder à leurs photos et vidéos exclusives et avoir la possibilité de leur envoyer un message privé. Mais contrairement aux autres réseaux sociaux, OnlyFans est payant. Il faut compter entre 4,99 dollars et 49,99 dollars par mois pour s'abonner à un compte.

Dès l'inscription, les utilisateurs sont invités à renseigner leur numéro de carte bancaire. Même pour accéder aux rares contenus publiés gratuitement par les créateurs, il faut au préalable avoir enregistré un moyen de paiement.

Si certains le surnomment "l'Instagram du porno", OnlyFans n'est officiellement pas un site X. Il s'agit au départ d'une simple plateforme mettant en relation des créateurs avec leur communauté pour les rémunérer, qu'importe le contenu proposé. On y trouve donc des coach sportifs qui publient des vidéos de musculation, des artistes filmant des concerts en direct de leur salon ou encore des influenceurs réalisant des tuto maquillage, comme le compte Twitter d'OnlyFans aime le mettre en avant.

Mais dans les faits, la majorité des créateurs présents sur OnlyFans y vendent surtout des photos et vidéos sexy, voire du contenu pornographique. C'est même ça qui a fait le succès de la plateforme ces derniers mois, à tel point que si vous dites à quelqu'un "j'ai un OnlyFans", votre interlocuteur pensera sûrement que vous vous y affichez nu.

La rappeuse Cardi B a d'ailleurs dû préciser qu'elle ne publierait pas de photos érotiques, mais bien des contenus exclusifs en rapport avec sa musique, comme les coulisses de son dernier clip.

OnlyFans ou le renouveau du porno ?

Si l'image d'OnlyFans est tellement associée à la pornographie, c'est parce que de nombreux travailleurs du sexe ont rejoint la plateforme pour pouvoir continuer à gagner leur vie pendant le confinement, la pandémie de coronavirus ayant suspendu les tournages de films pour adultes et fait fermer les bars de strip-tease.

En plus de les aider à traverser la crise, OnlyFans a également permis aux performeurs de l'industrie du sexe d'envisager un autre modèle : ils choisissent ce qu'ils veulent faire ou ne pas faire, contrôlent les vidéos diffusées, et sont rémunérés directement par les spectateurs.

Mais OnlyFans n'est pas pour autant réservé aux professionnels. Beaucoup de créateurs lambdas y postent leurs "nudes" — des photos nues, ou dénudées — pour se faire un peu d'argent sans trop d'efforts. C'est notamment le cas pour la jeune génération, déjà familière avec le fait d'envoyer des "nudes" sur Snapchat ou de s'afficher en maillot de bain sur Instagram.

La différence ? Sur OnlyFans, pour le même type de photos, on leur propose de gagner plusieurs centaines d'euros par mois, voire par semaine. L'offre a de quoi être alléchante, même si la réputation d'OnlyFans peut parfois nuire à leur image.

Pour certaines créatrices, il s'agit également d'une démarche féministe : après avoir été victimes de "revenge porn" — le fait de diffuser des photos sexy privées, sans le consentement de la personne concernée —, vendre elles-mêmes leurs nudes leur permet de reprendre le contrôle.

La rappeuse américaine Cardi B s'est créé un compte payant sur OnlyFans, pour partager les coulisses de son dernier clip vidéo et montrer des contenus exclusifs à ses fans.  Capture d'écran/Only Fans/@IamCadiB

Des 'nudes' qui rapportent

À la différence d'Instagram, où les marques rémunèrent les influenceurs en fonction de leur nombre d'abonnés et les paient souvent en produits gratuits plutôt qu'en virement bancaire, les créateurs Onlyfans sont payés directement par leurs abonnés. La plateforme prend au passage une commission de 20 %, et le créateur touche les 80 % restants directement sur son compte, grâce aux abonnements payés en carte bancaire.

En plus de cette transaction directe et facile, OnlyFans s'avère rentable. Polska, la jeune femme qui a fait le buzz en évoquant son salaire sur Twitter, a ainsi déclaré avoir gagné plus de 10 000 dollars grâce à OnlyFans.

De plus en plus d'étudiants et étudiantes y postent des photos pour arrondir leur fin de mois. Pour beaucoup, il s'agit d'argent "facile", car personne n'est obligé de montrer son visage, ni même de se mettre complètement à nu. Certains utilisateurs sont près à payer pour de simples selfies habillés ou des photos de pieds.

En plus de payer l'abonnement à un compte, les fans ont également la possibilité de donner des pourboires à un créateur, pour le féliciter pour le contenu posté mais aussi en échange d'un service (prendre une photo dans tel ou tel pose ou vêtement par exemple). Le créateur est libre d'accepter ou non la demande du fan. La limite de pourboire est fixée à 500 dollars par jour, pour les deux partis.

Un business légal, mais mal réglementé pour les mineurs

Pour certains internautes, qui ne se privent pas de faire la morale à des inconnus sur Twitter, ce business s'apparente à de la prostitution. Mais il n'en est rien. Au nom de la loi, vendre une photo dénudée ou une vidéo érotique de soi est légal, tout comme acheter ce type de contenu (en France, c'est le fait de payer pour un acte sexuel qui est interdit).

Les revenus gagnés sur OnlyFans sont même imposables en France, comme le rappelle le cabinet juridique Beaubourg Avocat. Il faut donc les déclarer, et l'État pourra en prélever une partie selon votre régime fiscal et le montant gagné. Aux États-Unis, la plateforme envoie d'ailleurs automatiquement un formulaire destiné aux impôts à tous les créateurs ayant touché plus de 600 dollars par an sur OnlyFans.

La zone d'ombre d'OnlyFans se trouve plutôt au niveau de l'âge des internautes. Les conditions générales d'utilisation du site indiquent clairement que les utilisateurs doivent avoir 18 ans ou plus pour s'inscrire — davantage en raison du côté payant de la plateforme plutôt que du type de contenus.

OnlyFans a récemment renforcé sa politique de vérification de l'âge et exige désormais des créateurs qu'ils fournissent leur nom, prénom, date de naissance, adresse, ainsi qu'une copie de leur passeport ou document d'identité et un selfie à l'inscription.

Mais malgré ces précautions, des milliers de mineurs, notamment des jeunes filles, vendraient chaque jour des photos dénudées sur OnlyFans, comme le montre le documentaire de la BBC "Nude4sale". Un problème bien plus important que l'éternel débat "faut-il montrer ses fesses sur Internet ?" qui fait rage sur Twitter...

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