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On vous présente Arvind Krishna, le nouveau patron d'IBM, et sa stratégie pour s'imposer dans le cloud

On vous présente Arvind Krishna, le nouveau patron d'IBM, et sa stratégie pour s'imposer dans le cloud
© IBM

Lorsque Arvind Krishna a rejoint IBM en 1990, la firme était un acteur emblématique et dominant de la technologie d'entreprise. Lorsqu'il succédera à la PDG sortante Ginni Rometty en avril, Arvind Krishna, 57 ans, sera à la tête de ce qui a été décrit comme un dinosaure de la technologie. Aujourd'hui, le mastodonte de la tech, âgé de près de 109 ans, en est à s'adapter aux grands changements. Notamment en ce qui concerne le cloud, où il a été devancé par des rivaux plus puissants comme Amazon, Microsoft et Google.

Mais IBM a lancé une nouvelle stratégie pour retrouver sa superbe d'antan, au cours d'une contre-offensive dans laquelle Arvind Krishna a joué un rôle très central. "Je suis ravi et humble d'être élu au poste de PDG d'IBM, et j'apprécie la confiance que Ginni et le conseil d'administration ont placée en moi", a déclaré Arvind Krishna, qui a gravi les échelons d'IBM. Cette confiance est ancrée dans la stratégie qu'il a menée pour reconquérir le leadership d'IBM en matière de technologie d'entreprise à l'ère du cloud.

Un plan d'attaque qui mise sur le cloud hybride

Ce plan d'attaque est axé sur les évolutions du cloud. Le cloud a chamboulé le marché des entreprises en leur permettant d'installer leurs réseaux sur des plateformes web gérées par des sociétés comme Amazon, Microsoft et Google. IBM a essayé, mais en vain, de devenir un acteur plus important dans ce domaine. Mais l'entreprise est à l'affût d'une nouvelle tendance, le cloud hybride. Une infrastructure dans lequel les entreprises établissent leurs réseaux dans des cloud publics, tout en conservant d'énormes quantités de leurs données et applications dans des data centers privés.

Selon Ginni Rometty, IBM prévoit que le marché hybride représentera à terme 1 000 milliards de dollars (environ 907 milliards d'euros). Mais Arvind Krishna, qui est actuellement vice-président senior du secteur cloud et logiciels cognitifs, y voit un marché encore plus important. Il estime que, dans son ensemble, le marché du cloud hybride représentera à l'avenir environ 1,2 trillion de dollars, répartis comme suit : 100 milliards de dollars pour le matériel et les composants, 150 milliards de dollars pour l'infrastructure du cloud, 350 milliards de dollars pour les logiciels et 550 milliards de dollars pour les services de conseil et de gestion. "Près de la moitié du dispositif est encore constituée de services, et l'autre moitié est composée de ce que j'appellerais des produits, des logiciels aussi bien que du matériel", a-t-il déclaré à Business Insider US, lors d'une interview l'année dernière, peu après qu'IBM ait racheté Red Hat.

Arvind Krishna a joué un rôle déterminant dans ce rachat de 34 milliards de dollars (30,8 milliards d'euros), considéré comme la clé de la stratégie de cloud hybride d'IBM. Les produits de Red Hat, qui développe des solutions cloud open source, sont populaires parmi les développeurs, ce qui pourrait potentiellement étendre la portée de IBM dans le cloud d'entreprise. Mais certains analystes craignaient que la fusion ne fonctionne pas. Lors d'une interview datant de juillet, Arvind Krishna a répondu à une question sur les attentes que devrait avoir Wall Street : "C'est une question qui va me gêner un peu". Il a fini par déclarer que la société s'en tiendrait à un calendrier pour dévoiler ses prévisions.

Une stratégie qui porte ses fruits

Une réponse formelle, qui est devenue plus claire au début de ce mois lorsque IBM a publié des résultats qui ont surpris Wall Street. L'entreprise a été dopée par les revenus de Red Hat. Ceux-ci ont bondi de 24% d'une année sur l'autre et ont dépassé le milliard de dollars. Le nouveau PDG a déclaré que Red Hat donnera à IBM une puissance de feu supplémentaire pour s'engager dans une autre bataille, celle de l'intelligence artificielle (IA). IBM est considéré comme un pionnier de l'IA avec sa technologie Watson (capable de répondre aux questions des utilisateurs en "langage naturel" et non pas informatique et de faire des déductions, ndlr). Mais la société a jusqu'à présent du mal à utiliser cette technologie comme un avantage significatif face à des rivaux comme Microsoft, sur le marché des entreprises.

Red Hat va changer la donne, en facilitant l'utilisation de l'IA par les entreprises, en leur permettant de collecter et de traiter des quantités massives de données afin de gérer leurs affaires, a déclaré précédemment Arvind Krishna. "Cela nous permet de prendre des outils d'IA et de les donner aux gens où ils veulent", a-t-il déclaré à l'époque à Business Insider US. "Toutes les données qui se trouvent dans les entreprises ont une valeur énorme. Pour en tirer parti, vous devez les collecter, les organiser, les analyser et les soumettre à l'IA".

Version originale : Benjamin Pimentel / Business Insider US. Traduit de l'anglais par Mégan Bourdon.

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