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On vous présente les deux Français derrière Snowflake, la startup qui a réalisé une introduction en Bourse record à Wall Street


Thierry Cruanes (à gauche) et Benoît Dageville (à droite), les deux cofondateurs de Snowflake. © YouTube/Snowflake

70,4 milliards de dollars. C'est la capitalisation de Snowflake à l'issue de sa première journée en Bourse mercredi 16 septembre. La startup spécialisée dans le traitement de données dans le cloud était valorisée 12,3 milliards de dollars il y a sept mois seulement, lors de sa dernière levée de fonds de 479 millions de dollars en février. Cette fois-ci, l'entreprise fondée par deux Français en 2012, à San Mateo, au coeur de la Silicon Valley en Californie, visait une levée de 3,3 milliards de dollars via la vente de 28 millions de titres à 120 dollars l'unité.

Dès les premiers échanges à Wall Street, où Snowflake s'introduisait sur le marché du Nasdaq, spécialisé dans le secteur de la tech, l'action de l'entreprise a flambé pour grimper à 245 dollars. Elle a finalement atteint 253,93 dollars à la clôture, valorisant la startup à 70,41 milliards de dollars. Snowflake représente ainsi la plus importante introduction en Bourse (IPO) de l'année à New York, devant Royalty Pharma et Warner Music. C'est même la plus grosse IPO jamais enregistrée pour une entreprise de logiciels.

La startup a notamment profité du soutien de la holding du milliardaire Warren Buffet, pourtant peu friand du secteur de la tech, ainsi que de l'éditeur de logiciels Salesforce. Chacun ont investi 250 millions de dollars dans l'entreprise. De prestigieuses sociétés d'investissement ont aussi placé des deniers dans Snowflake. Derrière le succès de la startup, qui emploie aujourd'hui 2 000 salariés, se trouvent notamment les deux Français qui ont cofondé l'entreprise, Benoît Dageville et Thierry Cruanes.

Voici les grandes étapes du parcours professionnel des deux cofondateurs de Snowflake :

Ce sont deux anciens de l'entreprise américaine Oracle, spécialisée dans les logiciels de gestion de base de données, où ils ont passé ensemble de nombreuses années.

Le siège d'Oracle à Redwood Shores, près de San Francisco, en Californie. Tim Dobbelaere/ Wikimedia Commons

Thierry Cruanes a évolué d'octobre 1999 à août 2012 au sein de l'entreprise, tandis que Benoît Dageville y a passé 16 années de sa carrière, entre 1996 et 2012.

Les ingénieurs français ont tous deux obtenu leur doctorat en informatique à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris-VI).

Le campus de Jussie de l'Université Paris VI. Fred Romero/ Wikimedia Commons

Thierry Cruanes a commencé ses études supérieures à l'Université de Caen Basse Normandie, déjà dans l'informatique, de 1986 à 1990, avant de poursuivre à Paris VI en 1991-1992. Benoît Dageville a de son côté effectué l'ensemble de ses études à Paris VI, de 1988 à 1995.

Thierry Cruanes a commencé sa carrière chez l'ancienne société franco-britannique Sema Group, spécialisée dans les services informatiques, avant de rejoindre IBM.

IBM possède des locaux dans de nombreux pays du monde, dont à Haïfa en Israël. Orrling/ Wikimedia Commons

Il a passé quatre ans au sein de Sema Group, racheté en 2001 par Schlumberger, aujourd'hui spécialisé dans les services pétroliers. Il a poursuivi sa carrière chez la société américaine IBM, géant américain de l'informatique, de 1995 à 1999, avant d'atterrir chez Oracle.

Benoît Dageville a de son côté travaillé à l'European Computer Research Center, avant d'enchaîner chez Bull, spécialisé dans l'informatique professionnel.

Locaux de Bull à Massy, dans l'Essonne.  Lionel Allorge/ Wikimedia Commons

Il a entamé sa carrière au sein de l'European Computer Research Center, une société de télécommunications allemande fondée en 1984 à Munich en tant qu'institut de recherche par Siemens, ICL (International Computers Limited) et Bull. Après deux années dans l'entreprise, il poursuit chez Bull, de 1994 à 1996, où il officie en tant qu'expert en base de données. La société verra de son côté le groupe français Atos devenir son actionnaire majoritaire en 2014.

Aujourd'hui, Benoît Dageville est président de Snowflake, en charge des produits, tandis que Thierry Cruanes est responsable des technologies de la startup.

Gabby Jones/Bloomberg via Getty Images

L'entreprise revendique à fin juillet plus de 3 100 clients, dont Adobe, Sony ou encore Axa. Son nom, qui signifie flocon de neige en anglais, s'inspire de la passion pour le ski de ses fondateurs, rapporte l'AFP.

Avant de s'introduire en Bourse, Snowflake a plus que doublé ses revenus au premier semestre 2020, de 104 M$ à 242 M$.

Le marché du Nasdaq, à New York. Michael Nagle/Bloomberg via Getty Images

En un an, Snowflake est parvenu à plus que doubler ses revenus, selon un document déposé lundi 14 septembre auprès du gendarme de la Bourse américaine, la SEC. L'entreprise affiche toutefois une perte nette de 171 millions d'euros entre janvier et juin 2020, après une perte de 177 millions d'euros déjà enregistrée au premier semestre 2019.

"Cette plateforme elle est multi-cloud, multi-régions, et ça demande un investissement énorme pour construire ça. C'est un nouveau type de cloud", justifie Benoît Dageville lors d'une interview réalisée par BFM Business le 16 septembre. Présent notamment aux Etats-Unis, en Europe, mais aussi au Canada et en Australie, Snowflake propose aux entreprises une plateforme unique pour stocker leurs données et effectuer un nombre illimité de requêtes, afin de rendre plus aisée leur exploitation.

"Ça permet à des compagnies de prendre des décisions, d'améliorer leurs produits, de mieux comprendre leurs clients et de créer des recommandations et des produits très ciblés en analysant les données", a expliqué Benoît Dageville à l'AFP. La startup utilise des serveurs de fournisseurs de cloud comme Amazon, Microsoft et Google pour le stockage, mais concurrence aussi les trois géants du numérique pour l'analyse de données. Le tout en proposant un système de paiement en fonction de la durée et de la fréquence d'utilisation de ses services, plutôt qu'un abonnement fixe.

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