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On vous présente Michael Burry, l'investisseur star de 'The Big Short' qui prédit un krach des cryptomonnaies

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On vous présente Michael Burry, l'investisseur star de 'The Big Short' qui prédit un krach des cryptomonnaies
Michael Burry en septembre 2010, à Cupertino, en Californie. © Tony Avelar/Bloomberg via Getty Images

Michael Burry est un homme à part dans le monde de la finance aux États-Unis. L'homme qui a prédit la crise des subprimes, avant qu'elle n'éclate en 2007, tranche par sa personnalité et ses prises de position, sur Twitter et les marchés financiers. Il a récemment prédit un nouveau krach boursier historique. Et il s'est illustré à plusieurs reprises au cours des derniers mois, faisant part de ses doutes sur le bitcoin et pariant à la baisse sur le constructeur Tesla, très apprécié des investisseurs.

Brillant mais peu à l'aise socialement, Michael Burry a peu d'amis pendant ses études de neurologie et consacre une partie de ses nuits à explorer l'univers de la finance sur le web. Né en 1971 à San José, en Californie, il perd un oeil dès l'âge de deux ans, lors d'une opération pour lui retirer une tumeur, alors qu'il souffre d'une forme rare de cancer. Aujourd'hui âgé de 50 ans, il vit avec sa famille, toujours en Californie, où il gère son fonds d'investissement spéculatif, Scion Asset Management.

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Michael Burry s'est auto-diagnostiqué porteur du syndrome d'Asperger, après qu'un médecin a établi que l'un de ses deux fils, Nicholas, aux attitudes proches des siennes, souffrait de ce syndrome. Cet anticonformiste est définitivement devenu célèbre en 2015, quand le livre "The Big Short" a été adapté au cinéma. Revenant sur la poignée d'investisseurs qui avaient vu venir la crise financière, ce long-métrage montre comment Michael Burry a réussi à s'enrichir en pariant avant tout le monde sur l'effondrement des marchés financiers. Voici son histoire.

Michael Burry commence à s'intéresser à la Bourse en primaire, avant d'investir de premières sommes au lycée.

La Bourse de New York, aux États-Unis. Andy C/Wikimedia Commons

Il se passionne dès l'école primaire pour les marchés financiers après que son père lui a montré les tableaux boursiers à la fin du journal, et bien qu'il l'ait prévenu que la Bourse est quelque chose de tortueux, non digne de confiance et dans laquelle il ne faut pas investir, raconte Michael Lewis, auteur du livre "The Big Short".

Il va au lycée Santa Teresa de San José, en Californie, avant d'étudier l'économie et de suivre une formation pré-médicale à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Le campus de l'université de Californie, à Los Angeles.  Beyond My Ken/Wikimedia Commons

Il décide ensuite de quitter son État natal pour étudier la médecine à l'université Vanderbilt, dans le Tennessee, où il commence à s'imposer comme un as de l'investissement, en parallèle de ses études.

Le campus de l'université Vanderbilt, à Nashville, dans le Tennessee (à l'est des États-Unis). Stablenode/ Wikimedia Commons

Pour financer ses études, Michael Burry a contracté 145 000 dollars de prêts étudiants.

De simple passe-temps, la finance apparaît comme une véritable option de carrière pour Michael Burry, lorsqu'il devient résident en neurologie à l'hôpital universitaire de Stanford, en Californie, à partir de 1998.

L'inscription "Stanford University Medical Center", à l'entrée de l'hôpital Stanford, en Californie.  Stacalusa/Wikimedia Commons

Il s'occupe de patients le jour et va sur son blog portant sur les investissements la nuit, jusqu'à 3h du matin.

"Au milieu des années 90, Internet était un espace très ouvert, et de nombreux besoins n'étaient pas encore satisfaits. Il y avait des trous dans la base de connaissances sur l'investissement sur le Web et ils étaient assez évidents. J'ai donc tenté de les combler, mais de façon très modeste", raconte-t-il, selon l'université Vanderbilt.

Son site financier est élu par le magazine Forbes "Best of the Web" pour la sélection des actions d'entreprises qu'il suggère. Michael Burry a aussi travaillé comme journaliste indépendant, analysant les actions pour MSN Money, quand Internet a commencé à s'ouvrir au grand public, rapporte encore son ancienne université.

Au cours de sa troisième année d'internat, alors qu'il doit commencer à chercher un emploi, il choisit de s'orienter vers la finance et crée le fonds d'investissement Scion Capital en 2000.

Michael Burry dans son bureau à Cupertino, en Californie, en 2010. Tony Avelar/Bloomberg via Getty Images

En 2000, Miachel Burry annonce sur son site web dédié à l'investissement qu'il quitte la médecine pour se lancer dans la gestion de fonds spéculatifs. Il fonde alors Scion Capital, avec 20 000 dollars donnés par sa mère, suite au décès d'un cancer de son père, et 10 000 dollars apportés par chacun de ses trois frères, raconte Michael Lewis.

En seulement quelques semaines, alors qu'il se démène pour trouver un bureau et acheter des meubles, Michael Burry obtient en plus environ un million de dollars de la part d'un grand fonds d'investissement new-yorkais, Gotham Capital, et de la société White Mountain Insurance, dirigée par Jack Byrne, proche du célèbre homme d'affaires Warren Buffet. Gotham Capital l'a directement appelé après l'avoir repéré sur le web, et l'a fait venir en première classe avec sa femme à New York pour le rencontrer, tout en assurant son hébergement dans une suite à l'hôtel Intercontinental.

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Scion Capital connaît le succès dès le début, enregistrant plusieurs bonnes années.

Michael Burry fait beaucoup mieux que les performances de l'indice S&P 500. Pxhere

"Au cours de sa première année complète, 2001, le S&P 500 (indice regroupant les 500 plus grosses entreprises américaines en Bourse, ndlr) a chuté de 11,88 %. Scion a progressé de 55%. L'année suivante, le S&P 500 a de nouveau chuté, de 22,1 %, et pourtant Scion a de nouveau progressé : 16 %. L'année suivante, en 2003, le marché boursier s'est finalement retourné et a augmenté de 28,69 %, mais Mike Burry l'a encore battu : ses investissements ont obtenu un gain de 50 %", selon Michael Lewis, auteur de "The Big Short".

Fin 2004, Michael Burry gérait 600 millions de dollars, mais cela aurait pu être "de très nombreux milliards", s'il avait géré son fonds pour maximiser les montants sous gestion, estime un gérant de fonds spéculatif new-yorkais interviewé par Michael Lewis. Il était débordé et refusait des investisseurs, selon Insider.

Il prédit la crise des subprimes deux ans auparavant.

La crise des subprimes a ruiné des millions d'épargnants américains. Pxhere

La meilleure année du fonds créé par Michael Burry est 2007, alors qu'éclate la crise des subprimes, qui débouchera en 2008 sur une crise financière mondiale. "Ce que j'ai vu sur le marché immobilier, c'est qu'un grand événement macroéconomique allait se produire, et j'ai trouvé un moyen de déterminer le moment où il arriverait. Je cherchais le moment où les prix des logements seraient gonflés au maximum par certains types de prêts hypothécaires qui apparaissaient et n'avaient jamais existé auparavant", explique le gérant de fonds cité par l'université Vanderbilt.

Il s'est rendu compte en 2005 que des prêts à taux variables étaient accordés, n'exigeant pas de versement initial et que de faibles montants versés pendant deux à trois ans. De tels prêts ont été octroyés à des personnes qui ne pouvaient ensuite pas rembourser l'argent emprunté. Michael Burry a anticipé ces défauts de paiement. "Je savais que dans deux ou trois ans, le marché hypothécaire s'effondrerait parce que les prix n'augmenteraient plus." Ces prêts étaient "basés sur l'idée que les prix allaient progresser et que les gens allaient se refinancer", ajoute-t-il.

Michael Burry a donc décider de parier sur la baisse du prix des crédits hypothécaires de type "subprimes", en utilisant des produits dérivés. En 2007, le marché immobilier américain s'est effectivement effondré, et le fonds spéculatif de Michael Burry a obtenu un rendement de 489,34 %.

Malgré son succès, Michael Burry est contraint de fermer sa société en 2008.

La ville de San José, en Californie, où il vit avec sa famille. Will Buckner/Flickr

En 2007, il peut rendre 725 millions de dollars à ses investisseurs et empocher lui-même 100 millions de dollars. Mais l'année suivante, il ferme son entreprise pour se concentrer pendant plusieurs années sur ses investissements personnels et sa famille, sa femme et ses deux fils avec lesquels il vit en Californie.

Ses investisseurs ont refusé de travailler de nouveau avec lui et Michael Burry n'est pas parvenu à lever de nouveaux fonds pour sa société, dont il a liquidé les actifs. Nerveux avant que n'éclate la crise, beaucoup ont exigé le remboursement de leur argent. Mais Michael Burry l'avait déjà placé, en pariant contre les subprimes. Pour éviter de subir une grosse perte en retirant les sommes investies, il a préféré rejeter les demandes de ses investisseurs.

Le livre 'The Big Short', adapté au cinéma, participe à forger la légende Michael Burry.

Post du compte Instagram "thebigshortmovie".

En septembre 2010, le livre "The Big Short : Inside the Doomsday Machine", traduit en français par "Le Casse du siècle, The Big Short", du journaliste et écrivain américain Michael Lewis, sort aux États-Unis et passe 28 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times. Il relate la formation de la bulle immobilière aux États-Unis et l'accumulation de crédits, et se focalise sur quelques acteurs clés, comme Michael Burry, qui croyaient que la bulle allait éclater et ont finalement su profiter de la crise.

En 2015, le film est adapté au cinéma par le réalisateur Adam McKay. On y découvre un Michael Burry, joué par Christian Bale, à la personnalité marginale proche de l'autisme, écoutant du heavy metal à plein volume dans son bureau. À ses côtés, on retrouve tout une panoplie d'acteurs célèbres : Brad Pitt, Steve Carrell, Margot Robbie... Le film a été récompensé par l'Oscar du meilleur scénario adapté.

En septembre 2013, il lance un nouveau fonds spéculatif, Scion Asset Management.

Michael Burry en 2010. Tony Avelar/Bloomberg via Getty Images

Basée Saratoga, en Californie, où Michael Burry vit actuellement avec sa famille, Scion Asset Management est une société avec plusieurs centaines de millions de dollars sous gestion, comprenant seulement cinq-six clients institutionnels.

Auto-diagnostiqué Asperger, il finance la chaire Burry sur le développement cognitif à l'université Vanderbilt.

L'université Vanderbilt par laquelle est passé Michael Burry.  Kevin Oliver/Flickr

Michael Burry est revenu dans l'établissement où il a fait ses études de médecine, "finançant généreusement" la chaire Burry sur le développement cognitif de l'enfant, précise l'université Vanderbilt sur son site Internet. "Il dit avoir le sentiment que ses années d'études en médecine ont contribué à façonner ce qu'il est maintenant", rapporte son ancien établissement.

Michael Burry participe malgré lui à la frénésie autour de GameStop.

Un magasin GameStop aux États-Unis.  Dwight Burdette/ Wikimedia Commons

Depuis qu'il a prédit la crise financière américaine, Michael Burry jouit d'une certaine aura et ses déclarations sont très suivies par les investisseurs. Il a notamment participé à la frénésie autour de l'action GameStop, en pariant dès 2019 dans le distributeur de jeux vidéo américain. En août de cette année-là, il a adressé des lettres aux administrateurs du groupe pour souligner le potentiel inexploité de l'entreprise et demander des changement dans sa gestion.

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Le cours de la société s'est envolé en Bourse début 2021. De nombreux traders amateurs, échangeant sur le forum Reddit, ont décidé d'acheter massivement des actions GameStop, dans le sillage de Michael Burry. De quoi procurer de forts gains à Scion Asset Management. L'homme d'affaires a toutefois invité les investisseurs à ne pas faire preuve d'un emballement démesuré pour l'entreprise.

Il s'est récemment illustré par ses prises de position sur Twitter, prédisant notamment un krach boursier historique.

Michael Burry a ensuite quitté le réseau social Twitter. Solen Feyissa/Wikimedia Commons

Michael Burry entretient une relation compliquée avec Twitter. Il a quitté le réseau social une première fois, avant d'y revenir, puis d'en repartir. Ses tweets incendiaires ont fini par alerter les régulateurs fédéraux, ce qui aurait valu à sa société une visite de la SEC, le gendarme américain des marchés financiers, en mars 2021.

Dans ses derniers tweets, il prédisait un krach boursier historique, évoquant "la plus grande bulle spéculative de tous les temps". Michael Burry a aussi mis en garde les investisseurs vis-à-vis des actions mèmes, comme GameStop, et des cryptomonnaies, à commencer par le bitcoin et le dogecoin. Il alerte sur les pertes colossales à venir quand ces actifs s'effondreront.

Et il a parié contre Tesla, comparant la frénésie autour du constructeur californien à la bulle immobilière de 2007.

Une voiture Tesla Model X. Turnstange/Wikimedia Commons

Il a aussi averti sur le manque de contrôle des Spac d'une manière générale, ces entreprises sans activité commerciale qui lèvent des fonds en Bourse, ainsi que sur les dérives de l'application Robinhood, facilitant le trading auprès des jeunes.

Enfin, l'homme d'affaires s'est illustré pour avoir massivement parié à la baisse sur les actions Tesla, anticipant une perte des revenus tirés des crédits carbone. Ces crédits sont achetés au fabricant de voitures électriques par d'autres constructeurs de véhicules plus polluants que la limite autorisée, pour éviter de devoir s'acquitter d'une amende.

Michael Burry a comparé l'engouement autour de Tesla à la bulle Internet... et à la bulle immobilière survenue aux États-Unis en 2007.

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