On vous présente Saudi Aramco, la société pétrolière qui fait deux fois plus de bénéfices qu'Apple

Raffinerie et terminal pétrolier d'Aramco à Ras Tanura en Arabie Saoudite, le 21 mai 2018. REUTERS/Ahmed Jadallah

Apple n'est plus l'entreprise qui réalise le plus de bénéfices au monde. La multinationale américaine a été détrônée par la compagnie pétrolière Saudi Aramco. Pour la première fois ce lundi 1er avril, celle-ci a publié ses comptes annonçant un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars — soit deux fois plus qu'Apple (59,5 milliards de dollars) — et un bénéfice d'exploitation de 224 milliards de dollars. 

La compagnie pétrolière n'avait jusqu'alors jamais dévoilé ses résultats financiers, mais elle a dû se plier à cet exercice afin de pouvoir être notée par les agences de notation en vue du lancement de sa première émission obligataire internationale. La compagnie entend en effet lever jusqu'à 15 milliards de dollars et doit rencontrer cette semaine des investisseurs en Asie, Europe et aux Etats-Unis. Pour Saudi Aramco, il s'agit d'une première étape sur les marchés avant son introduction en Bourse prévue en 2021.

En publiant ses résultats, Saudi Aramco se propulse en tête des entreprises mondiales qui font le plus de bénéfices et relègue loin derrière les entreprises de la tech, Apple mais aussi Samsung ou encore Verizon, qui avaient leurs habitudes dans le top 10 des groupes les plus profitables selon le classement annuel de Fortune.

Une affaire qui, toute proportion gardée et dans un tout autre domaine, rappelle l'intrusion de Chanel sur le podium des marques françaises de luxe en juin 2018. Vexée par les fanfaronnades de Gucci qui annonçait son intention de détrôner LVMH, la maison Chanel s'était décidée à publier ses comptes, révélant ainsi un chiffre d'affaires de 8,3 milliards d'euros, qui la plaçait en deuxième position, derrière LVMH et devant Hermès et Gucci.

Là, Saudi Aramco pulvérise tout. On vous présente ce groupe aux grandes ambitions :

Une compagnie d'Etat

Son histoire remonte à 1933, lorsque le gouvernement saoudien autorise une compagnie californienne à prospecter en Arabie Saoudite. Les premières exportations de pétrole brut ont lieu en 1939 et la société prend le nom d'Arabian American Oil Company (ou Aramco) en 1944. En 1972, le gouvernement saoudien s'octroie par décret 25% d'Aramco avant de nationaliser complètement l'entreprise en 1980. En novembre 1988, elle change encore de nom pour devenir Saudi Arabian Oil Company (ou Saudi Aramco).

Les premières réserves mondiales de pétrole

C'est la première compagnie pétrolière mondiale, tant en termes de production qu'en termes de réserves. Elle détient la quasi-intégralité des ressources en hydrocarbures du royaume. Elle exploite notamment le gisement pétrolier de Ghawar, le plus grand gisement mondial, dont le pétrole a l'avantage d'être l'un des moins difficile à extraire et à acheminer, ce qui le rend particulièrement compétitif. Son coût d'extraction est le moins cher au monde à seulement quatre dollars le baril.

En 2018, Aramco a produit 13,6 millions de barils par jour, soit plus de trois fois les 3,8 millions de barils par jour déclarés par Exxon Mobil. 

En janvier, l'Arabie saoudite a par ailleurs rendu publics les résultats d'un audit (le premier depuis la nationalisation d'Aramco en 1980) sur ses réserves de pétrole évaluées à 268,5 milliards de barils (soit près de 70 ans d'exploitation au rythme actuel) et de gaz évaluées à 9 047 milliard de mètres cubes.

Une trésorerie solide

L'agence de notation Moody's a déclaré que "la situation de Saudi Aramco en termes de liquidités est extrêmement solide". Le groupe dispose en effet d'une trésorerie de 48,8 milliards de dollars, contre 27 milliards de dollars de dette.

"La société est extrêmement rentable, dispose d'un cash-flow disponible positif, d'un faible endettement et de solides réserves pour l'avenir, ce qui en fait un argument convaincant pour les investisseurs internationaux", a déclaré Parth Kikani, responsable pour le marché obligataire chez Emirates NBD Asset Management, cité par Reuters.

Une note de A1

Au vu des résultats de Saudi Aramco, l'agence Moody's a décidé de lui attribuer la note A1, "une note forte mais inférieure à celle des grandes compagnies pétrolières occidentales", note le New York Times. Ce que le directeur général de Moody's Investors Service, David Staples, cité par le journal, explique par le fait que Saudi Aramco est fortement dépendante d'un pays, l'Arabie Saoudite, et de son pétrole. 

La préparation de l'après-pétrole

En 2016, alors que le prix du baril a chuté sous les 40 dollars, le prince Mohammed ben Salmane, fils du roi, a annoncé un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco dans le cadre d'un grand plan national qui doit préparer l'après-pétrole — comme l'a fait la Norvège avec son fonds souverain adossé au pétrole de la mer du Nord.

En vendant une partie d'Aramco, le prince veut renforcer le fonds public saoudien pour que ses rentes d'investissements deviennent la première source de revenus du royaume, il pourrait être doté de 2 000 à 3 000 dollars. Charge à ce fonds, sur le modèle qatari ou norvégien, d'investir dans des secteurs comme les technologies, les transports, l'industrie ou l'immobilier afin d'assurer la transition économique vers l'après-pétrole.

Le fonds souverain saoudien a déjà investi dans des sociétés technologiques comme Uber ou Tesla. 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Voici les 25 pays les plus puissants du monde en 2019

VIDEO: Voici la première question que Richard Branson pose à tous les nouveaux entrepreneurs qu'il rencontre