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OneWeb lance une 2e flopée de satellites pour agrandir sa méga-constellation censée fournir Internet depuis l'espace

OneWeb lance une 2e flopée de satellites pour agrandir sa méga-constellation censée fournir Internet depuis l'espace
© ESA-CNES-Arianespace

Alors que SpaceX a ajouté 60 satellites supplémentaires à sa méga-constellation Starlink fin janvier, c'est au tour de l'entreprise américaine OneWeb d'agrandir la sienne ce jeudi 6 février 2020. Le lancement se fera à l'aide d'un Soyouz depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan, à 22h42, heure française. La mission, réalisée par l'Européen Arianespace et sa filiale Starsem, devrait durer environ trois heures et 45 minutes, du décollage à la séparation des satellites. Les 34 satellites devraient être placés sur une orbite héliosynchrone polaire à une altitude de 450 km, avant de rejoindre eux-mêmes leur orbite opérationnelle à 1 200 km, peut-on lire dans le communiqué de presse d'Arianespace.

Il s'agit de la deuxième flopée de satellites lancés par OneWeb. Les six premiers satellites avaient été lancés le 27 février 2019 depuis le Centre Spatial Guyanais à Kourou. OneWeb avait bien commencé son projet de constellation de satellites avant son concurrent SpaceX, qui avait effectué son premier lancement en mai 2019. "Une fois déployée, la constellation OneWeb permettra aux terminaux utilisateurs compatibles avec une couverture 3G, LTE, 5G et Wi-Fi de rendre le très haut débit accessible partout dans le monde — que ce soit au sol, dans les airs et les mers", selon le communiqué d'Arianespace.

Interrogé par le site spécialisé Ars Technica, le patron de OneWeb Adrián Steckel a précisé qu'"un tas de changements" en termes de logiciel pour gérer les satellites avait été apportés, mais seulement de "légères modifications" au matériel lui-même. Cette année, OneWeb a l'intention d'effectuer une dizaine de lancements de 30 à 36 satellites par vol. L'entreprise envisage une constellation de 1 980 satellites pour fournir un accès Internet rapide depuis l'espace. Vous pouvez suivre le lancement en direct sur la chaîne YouTube d'Arianespace ou sur le site d'Arianespace.

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Adrián Steckel a expliqué à Ars Technica avoir choisi Arianespace pour ses lancements de 2020 car il avait besoin d'un fournisseur capable de garantir une cadence de lancements élevée. Il est possible qu'il fasse appel à d'autres véhicules de lancements en 2021 pour la deuxième phase de déploiement. "En ce moment, nous sommes le plus gros client de lancements au monde", a déclaré Adrián Steckel en ajoutant qu'à l'avenir, l'entreprise était prête à faire appel à d'autres sociétés comme SpaceX, Blue Origin, etc.

Le nombre de satellites au-dessus de nos têtes ne va cesser d'augmenter

Le nombre de satellites au-dessus de nos têtes n'a cessé d'augmenter au fil des années. D'après les données compilées par l'astrophysicien Jonathan McDowell et mises en forme par Statista, 2 181 satellites actifs tournent actuellement autour de la Terre, soit plus du double qu'en 2010 où l'on en comptait 997. Et ce nombre ne va faire qu'augmenter sachant que OneWeb et SpaceX ne sont pas les seules entreprises à vouloir créer une méga-constellation de satellites dans les années à venir. Amazon (projet Kuiper) et TeleSat travaillent également sur des projets similaires.

Interpellé sur les problèmes majeurs posés par les satellites Starlink de SpaceX pour l'observation de l'espace, le patron de OneWeb a répondu que ses satellites seront placés en orbite deux fois plus hauts que ceux de son concurrent et qu'ils ne devraient donc pas être visibles à l'œil nu. L'entreprise affirme avoir discuté de ce sujet avec la Royal Astronomical Society de Londres et l'American Astronomical Society. "J'aimerais pouvoir vous dire que ce n'est pas un problème pour nous, mais nous n'en sommes pas sûrs", a-t-il déclaré à Ars Technica. "Ce que je peux dire, c'est que nous travaillons pour minimiser l'impact sur l'astronomie et le ciel nocturne", a-t-il ajouté.

Dès le lancement des 60 premiers satellites de SpaceX en mai 2019, les astronomes s'étaient inquiétés de la pollution lumineuse importante provoquée par ces derniers. Juste après le coucher du soleil ou tôt le matin, les satellites peuvent en effet être frappés par la lumière du Soleil et devenir visibles pour les télescopes d'astronomie sophistiqués mais aussi par des jumelles amateurs ordinaires, comme l'avait expliqué Cees Bassa, de l'Institut néerlandais de radioastronomie, au magazine Forbes : "Ces choses sont assez grosses pour que lorsqu'elles sont éclairées par le Soleil, elles soient assez brillantes pour qu'on puisse les repérer avec des jumelles ordinaires ou un instrument plus puissant".

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