Oracle a sous-payé des femmes et employés issus de minorités à hauteur de 401 M$, selon le ministère américain du Travail

Larry Ellison, Président Exécutif d’Oracle, poursuivi sur la base d'accusations de discrimination contre les femmes et les employés issus des minorités. Paul Sakuma/AP Images

  • Oracle a sous-payé des femmes et des employés issus des minorités à hauteur de 400 millions de dollars entre 2013 et 2016 dans le cadre de ce que le ministère américain du Travail décrit comme une discrimination systématique, a indiqué l'agence mardi.
  • L'entreprise a démontré une "préférence extrême" dans le recrutement de personnel asiatique ayant un visa lui permettant de sous-payer cette main d'oeuvre.
  • L'entreprise a également basé le salaire des femmes et des minorités sur leur salaire précédent, une décision ayant contribué à l'extension d'une disparité salariale déjà très présente.

Les femmes et le employés issus des minorités chez Oracle ont perdu au moins 401 millions dollars en revenus entre 2013 et 2016 à cause de ce que le ministère américain du Travail appelle une discrimination systématique de la part du géant de la tech.

La société de logiciels a intentionnellement privilégié le recrutement de personnel asiatique ayant des visas, car cela leur permettait de les sous-payer, a indiqué le ministère du Travail dans un nouveau document ajouté à son procès intenté à Oracle.

Oracle n'embauche que très peu de personnel afro-américain ou hispanique mais lorsque l'entreprise le fait, elle sous-paye considérablement ces deux derniers de même que ses employées féminines, annonce l'agence dans sa déclaration.

"Oracle a de manière systématique, discriminé ses employés et candidats selon leur genre et leur ethnicité." a dit Laura Bremer, avocate du Département du Travail, à un juge administratif.

La porte-parole d'Oracle Julia Allyn a refusé de commenter.

Durant la période étudiée de quatre ans, le Département du Travail a découvert que 90% des 500 jeunes diplômés débauchés par Oracle afin de travailler dans des positions techniques au siège à Redwood City étaient asiatiques. Seulement six des diplômés étaient noirs et cinq hispaniques.

La discrimination d'Oracle a pris de l'ampleur

Mais la politique de discrimination s'étend au-delà des nouvelles recrues. La société a régulièrement basé les salaires des employées féminines et des minorités sur leurs précédents salaires, a constaté le Département du Travail, une mesure qui a fréquemment servi à creuser les disparités salariales entre ceux-ci et leur homologues blancs masculins, généralement mieux payés. Il leur est également fréquent de pousser les employés asiatiques, noirs et de sexe féminin vers des positions moins bien payées, selon le document.

"La suppression par Oracle de la paie de ses employés non-blancs, et non-masculins est si extrême qu'elle persiste et empire sur des longues carrières ; les femmes, les employés noirs et asiatiques sont, même avec des années d’expérience, payés près de 25% de moins que leurs confrères." rapporte la déclaration.

La discrimination a pris de l'ampleur. Oracle a sous-payé des femmes à des postes techniques au sein de son siège à hauteur de 165 millions de dollars sur une période de quatre ans, révèle le département dans sa déclaration. L'entreprise a privé les quelques 30 techniciens noirs d'1,3 millions de dollars  sur la période donnée.

En plus de la poursuite du Département du Travail, Oracle doit également faire face à un recours collectif de la part de ses employés. Les plaignants ayant engagé cette poursuite accusent Oracle de payer ses employées 13 000 dollars de moins par an que leurs homologues masculins pour le même poste.

Les procès contre Oracle arrivent dans le contexte d’une prise de conscience et d’une frustration grandissantes à la Silicon Valley, en ce qui concerne la discrimination raciale et l'industrie tech. A l'automne dernier, quelques uns des 20 000 employés de Google ont démissionné afin de protester contre la discrimination salariale ciblant les femmes de l'entreprise.

Version originale: Troy Wolverton/Business Insider

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