Publicité

Papier toilette, jouets, pâtes... 5 produits qui risquent de connaître une flambée des prix

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Papier toilette, jouets, pâtes... 5 produits qui risquent de connaître une flambée des prix
Le prix de plusieurs produits du quotidien pourrait augmenter dans les semaines à venir. © Kev Bation/Unsplash
Publicité

Le spectre de l'inflation, une augmentation générale et durable des prix, plane ces dernières semaines sur le pays. Et elle n'inquiète pas que les Français. Jeudi 30 septembre, le Premier ministre Jean Castex a annoncé au journal de 20 heures de TF1 un panel de mesures pour tenter de contenir la flambée des cours de l'énergie. Et ne pas trop impacter le portefeuille des habitants de l'Hexagone. Après une hausse au 1er octobre de + 12,6%, les prix du gaz seront ainsi bloqués jusqu'en avril 2022.

Et si, pour l'électricité, le gouvernement ne parle pas de blocage, son tarif réglementé ne devrait finalement augmenter que de 4% en 2022, contre les 12% prévus initialement. Des "chèques énergie" seront également distribués aux ménages les plus modestes pour épargner leur budget quotidien. Reste que l'inflation est là et qu'elle semble partie pour durer. La croissance liée à la reprise de l'économie mondiale est forte dans tous les pays. En France, les prévisions de croissance pour l'année 2021 ont ainsi était révisées à la hausse, à hauteur de 6%. Du jamais-vu depuis de nombreuses années.

À lire aussi — Leclerc va proposer de l'essence à prix coûtant, mais est-ce si intéressant pour le consommateur ?

Cette croissance mondiale génère de la demande et tire donc le cours des matières premières vers le haut — la demande étant actuellement plus forte que l'offre. Pour les produits agricoles, de nombreux problèmes climatiques (sécheresse, pluies, gel tardif...) ont également perturbé la production mondiale. Enfin, les coûts de transport ont aussi beaucoup augmenté depuis la sortie progressive de la pandémie. Que ce soit le transport maritime par conteneurs, notamment en provenance d'Asie, mais aussi le transport routier en Europe.

Si, pour toutes ces raisons, la hausse des prix sera globale, certains produits menacent d'être plus touchés que les autres. Voici 5 produits qui risquent de connaître une flambée de leurs prix dans un futur proche :

Les jouets, plombés par le coût des importations en provenance d'Asie.

Unsplash/Xavi Cabrera

Depuis la pandémie de Covid-19, le spectre des ruptures de stock de jouets à Noël ressurgit chaque fin d'année. Mais un autre souci risque de s'ajouter cette année : la hausse des prix. Dès le mois de juin dernier, le directeur général de Mattel, le fabriquant des iconiques poupées Barbie, avait prévenu sur la BBC : "Nous envisageons d'augmenter les prix au cours du second semestre de l'année". Depuis, le leader du secteur en France, le groupe Joué Club, a nuancé cette crainte par la voix de Jacques Baudoz, son PDG, sur BFM : "Quelques multinationales ont effectivement augmenté leurs prix mais ce n'est pas une majorité", selon lui. "Nous avons négocié avec elles pour les limiter", rassurait-il début septembre.

Mais la réalité du marché risque d'être plus compliquée niveau prix dans les semaines à venir. La pénurie mondiale de matières premières — comme le plastique, l'acier, le bois, etc. — fait mécaniquement augmenter le prix de ces matières, indispensables dans la production des jouets. Autre problème important qui vient s'ajouter : l'envolée des prix du transport, notamment par la mer. Une grande partie des jouets sont en effet fabriqués en Asie, puis importés via des conteneurs passant par la voie maritime. D'après le président de l'enseigne PicWicToys, Romain Mulliez, interrogé le 30 septembre sur BFM TV, le coût d'acheminement d'un conteneur d'Asie vers l'Europe serait passé de "2 700 dollars à près de 20 000 dollars" ces 14 derniers mois. Des coûts supplémentaires qui ne veulent être payés ni par le fabricant, ni par le distributeur. Noël risque donc d'être agité au pays des jouets.

Les pâtes, pénalisées par un cours du blé qui augmente fortement.

Unsplash/Bozhin Karaivanov

Même si nous ne sommes pas au niveau des Italiens, la consommation de pâtes en France est importante : il se vendrait ainsi près de 16 paquets de pâtes alimentaires chaque seconde dans nos supermarchés. Souvent vu comme un aliment important dans le budget des ménages, parce que peu cher, la situation risque de se compliquer dans les mois qui viennent : le prix des pâtes a déjà commencé à flamber.

"Effectivement, les pâtes ont augmenté fortement", affirmait jeudi 30 septembre Michel Biero, Directeur exécutif et achats de l'enseigne Lidl, au micro de RTL. "(...) Il faut savoir que quand on se prend une hausse de matières premières comme sur les pâtes, la semoule de blé dur qui a pris 40% sur les deux derniers mois, on ne va pas répercuter les 40% sur le prix de vente. Donc on va faire tampon. C'est notre rôle de distributeur."

Le cours du blé s'est envolé ces dernières semaines. En France, la météo pluvieuse des mois de juillet et août a eu pour conséquence des récoltes tardives avec une qualité et un rendement dégradés. Au Canada, premier producteur mondial, c'est la sécheresse qui a joué des tours aux agriculteurs. Les stocks sont donc bas et le prix du blé s'envole. Des mauvaises nouvelles qui pourraient aussi à terme se répercuter sur les tarifs du pain.

L'essence, victime d'une production mondiale trop faible.

Unsplash/Justin Chrn

Peut-être avez-vous vu fleurir ces derniers jours sur les réseaux sociaux des photos d'une station service parisienne affichant un prix de l'essence au dessus de deux euros le litre pour du sans-plomb 98 ? Si cela peut sembler anecdotique, les prix de l'essence semblent néanmoins repartir à la hausse ces dernières semaines. En septembre, les tarifs de vente des carburants ont retrouvé leur niveau d'avant la pandémie de Covid-19, selon France Bleu. Entre mai 2020 et septembre 2021, le prix du SP95 a augmenté de + 28,9%. Même chose pour le SP98 à + 26,7% et pour le gazole à 23,6%.

Si ce rattrapage semble logique, car lié à la reprise économique forte suite à la sortie progressive de la crise du Covid-19, la hausse des prix de l'essence pourrait néanmoins continuer. La production mondiale de pétrole est actuellement insuffisante pour répondre à la demande, ce qui créé des tensions sur les prix. D'ici la fin de l'année, les pays producteurs de pétrole devraient néanmoins pouvoir augmenter leur production.

Le papier toilette, plombé par le cours des matières premières.

Unsplash/Konstantin Volke

Le papier toilette, encore sous le feu de l'actualité ? Le premier confinement au printemps 2020 avait vu les Français se ruer sur ce produit dans un mouvement de panique et créer des ruptures de stock en supermarchés. Cette fois-ci, ce sont les prix qui semblent poser problème. Le groupe Essity, propriétaire des marques Okay et Lotus, a tiré la sonnette d'alarme le 27 septembre, comme Les Échos le relatent. Arnaud Lafleur, vice-président France, Belgique et Italie du groupe, prône même une hausse à deux chiffres des prix du papier toilette et de l'essuie-tout. "La vague est tellement forte que la grande distribution doit accepter de refléter cet impact, et partager l'effort avec nous, industriel, en prenant à sa charge une partie de la hausse", a-t-il indiqué dans les colonnes du quotidien. Un point de vue qui risque de faire grincer des dents côté grande distribution.

De quel impact parle-t-il ? Une hausse combinée du coût des matières premières, du transport et de l'énergie, qui alourdirait la facture de 30% pour fabriquer ses produits d'hygiène. Même si le groupe suédois teste actuellement des alternatives, la plupart du papier toilette ou de l'essuie-tout qu'il produit est fait avec de la pâte à papier. Or, son cours a flambé ces derniers mois. La reprise économique et le retour à une vie plus "normale", avec la réouverture des restaurants notamment, a fait exploser la demande mondiale.

Autre problème, la Chine a énormément augmenté le volume de ses importations à la suite de la fermeture de vieilles usines fabriquant de la pâte à papier dans le pays. "Nous devons payer plus cher pour nous assurer d'avoir les stocks suffisants et sécuriser nos approvisionnements", résume Arnaud Lafleur. Reste à espérer que les Français ne se rueront pas de nouveau en supermarché pour faire des stocks de papier toilette en vue d'éviter l'inflation à venir.

À lire aussi — La liste des 21 magasins Supeco en France, l'enseigne discount de Carrefour

Le café, en proie à la hausse des coûts de transport et aux aléas climatiques.

Unsplash/Nathan Dumlao

Si vous êtes du genre à ne pas réussir à commencer vraiment votre journée sans avoir avalé votre café brûlant, la nouvelle risque de vous inquiéter. L'année 2021 connaît en effet une flambée des cours du prix des grains de café. La hausse n'aurait pas été aussi forte depuis 2014, selon Slate.

La pandémie de Covid-19 est là aussi en partie responsable de cette hausse, notamment du fait de l'augmentation des coûts des transports mondiaux. Le café est en majorité un produit importé. Mais les conditions climatiques au Brésil, le plus gros pays producteur de grains de café au monde, ont également joué ces derniers mois : des sécheresses, mais aussi des gelées en juillet et en août, ont pénalisé la production.

Cela fait maintenant plusieurs années que les scientifiques tirent la sonnette d'alarme à propos de la production de café. Cette plante tropicale demande en effet des conditions particulières pour pouvoir pousser : pas de températures négatives, une humidité et des précipitations suffisantes, etc.

À lire aussi — Ces 6 produits font l'objet de pénuries qui pourraient affecter les consommateurs

Découvrir plus d'articles sur :