Les bourses de Paris et Francfort mettent la pression sur l'Europe pour retirer à Londres une activité financière cruciale

Le drapeau britannique enlevé lors du lancement des discussions sur le Brexit à Bruxelles, le 19 juin 2017.. REUTERS/Francois Lenoir

Les organisations promouvant les centres financiers de Paris et Francfort ont accentué la pression mercredi en faveur du transfert des activités de compensation depuis la Grande-Bretagne dans le sillage du Brexit.

Elles ont demandé des règles qui pourraient dans les faits exclure Londres de cette activité.

L'Union européenne prévoit de se doter de pouvoirs lui permettant de transférer les activités de compensation en euro depuis le hub financier de Londres vers l'Union européenne une fois le Brexit effectif, et d'adopter un modèle plus proche de celui en vigueur aux Etats-Unis.

Dans un communiqué commun, Paris Europlace et Frankfurt Main Finance indiquent que le cadre légal des contreparties centrales pour les activités de compensation en euro devraient tomber sous la juridiction de la cour européenne de Justice, institution de l'Union européenne.

"Frankfurt Main Finance et Paris Europlace exhortent les autorités européennes responsables à clarifier leur position sans délai, ce qui permettrait de soutenir la confiance dans ce pilier du système financier européen important d'un point de vue systémique", ont déclaré les deux organisations dans le communiqué.

Les chambres de compensation — un terme la première fois entendu par le grand public dans l'affaire Clearstream — sont des organismes financiers qui assurent techniquement les échanges d'actions, produits dérivés ou matières premières négociés en Bourse. Elles assurent la solvabilité des acheteurs et des vendeurs.

Londres gère plus de 70% de l'activité quotidienne de compensation en euro, ce qui équivaut à environ 930 milliards d'euros échangés par jour, selon un rapport de 2016 de la chambre des Lords.

Or, selon les estimations, le projet de Bruxelles pourrait entraîner la disparition de 83.000 emplois dans les sept prochaines années si la compensation disparaissait complètement de la ville.

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