Les passagers et membres d'équipage de Primera Air racontent comment la compagnie les a abandonnés dans plusieurs aéroports dont Roissy après s'être déclarée en faillite

Capture d'écran d'une vidéo publiée sur Twitter et qui montre des passagers de Primera Air à Paris-Charles de Gaulle apprenant que leur vol est annulé. Twitter/Eric Jetner

  • La compagnie aérienne low-cost Primera Air s'est déclarée en faillite et a mis fin à toutes ses opérations lundi 1er octobre.
  • Plusieurs passagers et membres d'équipage sont bloqués dans des pays étrangers.
  • Certains disent que Primera Air ne leur a pas parlé de ses difficultés et n'a rien fait pour organiser leur hébergement ou leurs vols de remplacement.
  • Des gens affirment qu'ils ont passé la nuit à l'aéroport parce qu'ils n'avaient nulle part où aller.

Des passagers et membres d'équipage sont bloqués dans des pays étrangers après que la compagnie low-cost Primera Air a cessé ses activités lundi 1er octobre. Certains sont obligés de dormir à l'aéroport.

La société danoise a déclaré faillite et a mis fin à toutes ses opérations dans un communiqué publié en ligne lundi soir. Toutes les réservations avec la compagnie ne valent désormais plus rien.

Deux vols devant décoller de l'aéroport de Londres Stansted vers Washington DC et New York ont ​​été bloqué au sol et au moins un avion a été saisi, rapporte le Times de Londres. Londres Stansted conseille aux passagers devant voyager avec Primera Air de ne pas se présenter à l'aéroport.

Les passagers et les membres d'équipage qui se sont rendus à l'étranger avec la compagnie aérienne sont maintenant bloqués et doivent rentrer chez eux par leurs propres moyens.

Un Boeing 737-700 de la compagnie Primera Air en 2013. Flickr/Valentin Hintikka/CC

La galère des passagers

Pavithra Selvakumar, une étudiante à Norwich, en Angleterre, devait rentrer chez elle lundi soir à bord du vol Primera Air reliant Washington à Londres, indique-t-elle à Business Insider.

Elle ne savait pas que son vol avait été annulé avant son arrivée à l’aéroport de Washington Dulles.

"Je n'ai reçu aucune notification à ce sujet", déclare Selvakumar à Business Insider.

Tout ce qu'elle a vu, c'était deux panneaux sur le comptoir d'enregistrement: l'un indiquant que la compagnie aérienne avait cessé ses activités et annulé tous ses vols, l'autre affichant une lettre du conseil d'administration déplorant "une journée triste pour tous les employés et passagers de Primera Air".

Deux panneaux informant les passagers de Primera Air de la faillite de la société à l'aéroport de Washington-Dulles lundi 1er octobre 2018. Avec l'accord de Pavithra Selvakumar

"Il n'y a pas d'assistance aux clients ici. Littéralement personne. J'ai essayé de les appeler, [mais] il n'y a personne pour répondre aux appels téléphoniques", explique Selvakumar.

Elle a essayé de réserver son vol de retour avec une autre compagnie aérienne, mais toutes celles qu'elle a approché lui ont demandé de payer des milliers de dollars.

"Les gens [sur le vol supprimé] qui ont assez d'argent ont pu réserver et sont partis sur les vols suivants", a-t-elle déclaré. "Mais pour les gens comme moi qui sont étudiants — c'est extrêmement difficile pour moi."

"C'est une situation particulière. Les compagnies aériennes doivent faire preuve de compassion envers les passagers", a-t-elle déclaré.

Elle ajoute qu'elle a passé la nuit de lundi à mardi à dormir près du comptoir d'arrivée de Primera Air.

Les affiches au comptoir d'enregistrement de Primera Air à l'aéroport Dulles de Washington lundi 1er octobre. Avec l'accord de Pavithra Selvakumar

Eric Jetner, un autre passager qui devait s'envoler de l'aéroport Charles de Gaulle, au nord de Paris, pour rejoindre New York, a publié une vidéo montrant des dizaines de passagers qui attendaient dans l'aéroport alors que les employés annonçaient la fin des activités de Primera Air.

Une femme qui se présente comme un membre d'équipage de Primera Air a également tweeté que la compagnie aérienne avait laissé des employés livrés à eux-même dans des endroits comme Toronto et New York.

Depuis le compte Twitter @cocoflvr, elle déclare: "Je ne pense pas que des kits d’aide aient été mis en place pour les passagers ou l’équipage. Ni les bureaux de la compagnie ni aucun numéro de téléphone ne répond donc nous somme coincés ici."

Elle affirme également qu'elle n'a pas été payée pour le mois de septembre et a laissé entendre qu'elle n'aurait probablement aucun autre salaire.

Un représentant de la compagnie aérienne a indiqué lundi à Business Insider qu'il ne pouvait pas confirmer immédiatement quel serait le sort des passagers laissés pour compte par la compagnie aérienne parce que "tous les employés de Primera Air sont licenciés".

La compagnie aérienne, qui comptait 15 avions dans sa flotte, a commencé à offrir des vols aller-retour entre Paris ou Londres et des villes d’Amérique du Nord — dont New York, Washington DC, Boston et Toronto — plus tôt cette année.

L'Autorité de l'aviation civile du Royaume-Uni indique que les passagers ayant voyagé avec Primera Air devaient prendre leurs propres dispositions pour rentrer chez eux.

Elle a ajouté qu'elle ne remboursait pas les billets non utilisés, mais que les passagers pouvaient déposer une réclamation auprès de leurs fournisseurs de cartes bancaires ou de leurs assureurs.

Le bureau des relations presse de Primera Air n'est plus disponible pour commenter. Un responsable des relations publiques qui travaillait auparavant avec la compagnie aérienne est également incapable de répondre à la demande de commentaires de Business Insider.

Version originale: Alexandra Ma/Business Insider

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