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Paymium lance une ICO 3 fois moins ambitieuse que prévu — son patron mise sur l'opération pour récolter autre chose que de l'argent

Paymium lance une ICO 3 fois moins ambitieuse que prévu — son patron mise sur l'opération pour récolter autre chose que de l'argent
© Youtube/FatJoeVEVO

Paymium ne pensait pas aller aussi vite. La startup, qui a déjà créé une plateforme permettant d'acheter et d'échanger des bitcoins, s'apprête à lancer une nouvelle plateforme qui accueillera cette fois-ci diverses crypto-monnaies et tokens, les jetons utilisés pour lever des fonds en monnaie virtuelle dans le cadre des ICO (initial coin offering).

L'entreprise, lancée en 2011, annonçait vouloir lever jusqu'à 60 millions d'euros pour financer ce nouveau projet en mai, grâce à une ICO. Elle a finalement ramené ce montant à 20 millions d'euros.

Deux raisons expliquent ce changement d'objectif:

  • "On a décidé d'ajuster le tir car on s'est rendu compte qu'on n'avait pas besoin d'autant d'argent pour notre produit" explique Pierre Noizat, le président et fondateur de Paymium.
  • "De plus, le marché s'est calmé par rapport à l'année dernière. Il y a donc moins de surenchère par rapport à nos concurrents", ajoute-t-il.

Si le cours du bitcoin — la première des crypto-monnaies en termes de capitalisation devant l'Ethereum et le Ripple — est retombé par rapport au pic atteint fin décembre 2017, les montants levés dans le monde via des ICO ont explosé au premier semestre de l'année, à près de 12 milliards de dollars selon le site CoinSchedule.

Le marché ralentit, constate néanmoins Pierre Noizat: "On est sur un plateau, mais les fondamentaux sont tous au vert".

La nouvelle plateforme lancée par sa startup, baptisée Blockchain.io, a été financée sur fonds propres et devrait être fonctionnelle à partir de début novembre. L'ICO, qui a démarré officiellement jeudi 27 septembre, ne servira donc pas à financer son lancement, comme prévu initialement, mais à accélérer son développement et l'apparition de nouvelles fonctionnalités.

Au total, 55 millions de tokens sont en vente, pour un montant de 0,70 euros l'unité. Ces "utility token" permettront aux investisseurs d'accéder à des tarifs préférentiels sur la plateforme, mais aussi de participer à des sondages sur certaines orientations stratégiques de Blockchain.io. Et ils donneront un droit de vote sur l'ajout de nouveaux jetons sur la plateforme.

L'ICO sert à former une communauté d'ambassadeurs du projet

youtube/Blockchain Revolution

Au-delà des fonds récupérés, l'ICO a une autre fonctionnalité importante, selon Pierre Noizat. "Les tokens émis dans la communauté sont, pour les participants, une incitation à ce que le projet réussisse et soit un succès commercial. C'est une façon d'avoir des ambassadeurs de notre projet", souligne-t-il.

La nouvelle plateforme, que Paymium souhaite voir agréer par l'Autorité des marchés financiers (AMF), ne comprend pas d'interface bancaire, contrairement à la première permettant d'acheter uniquement des bitcoins et de les revendre pour récupérer ses fonds en euros. "Les deux plateformes seront complémentaires", explique Pierre Noizat, avec des transferts réalisables de l'une à l'autre.

Paymium revendique 175.000 utilisateurs inscrits sur sa première place de marché. "La communauté atteint les 250.000 si on ajoute ceux qui se sont inscrits à l'ICO", assure Pierre Noizat.

La levée de fonds doit s'achever le 25 octobre au plus tard, si les 20 millions d'euros espérés ne sont pas atteints plus tôt.

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