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Il y a une pénurie de chauffeurs de VTC selon le PDG de Chauffeur Privé — cela montre que les taxis ont gagné leur guerre contre les plateformes

Il y a une pénurie de chauffeurs de VTC selon le PDG de Chauffeur Privé — cela montre que les taxis ont gagné leur guerre contre les plateformes
© Capture d'écran YouTube
  • Il y a une pénurie de chauffeurs de VTC, selon le co-fondateur et PDG de Chauffeur Privé.
  • Ce manque de chauffeurs est dû à la loi Grandguillaume, entrée en application début 2018, qui impose aux aspirants VTC de passer un examen que seuls 14% d'entre eux ont réussi en 2017.
  • Cela pourrait profiter aux taxis. Le numéro un du secteur a vu son nombre de courses bondir de 20% au premier trimestre 2018, par rapport à la même période en 2017.

Les plateformes de VTC souffrent d'une pénurie de chauffeurs selon le PDG et co-fondateur de Chauffeur Privé, numéro deux du secteur.

"Historiquement, on servait plus de 99% de la demande" explique Yan Hascoet, invité des Echos jeudi 26 avril. "Sur 100 demandes, il y en avait plus de 99 qui étaient servies immédiatement, avec un véhicule en moyenne à cinq minutes."

"Depuis la nouvelle loi, on est passé à des taux de satisfaction de la demande de 90 à 95%" poursuit-il. "Donc c'est quand même extrêmement élevé, mais on a quand même décuplé le pourcentage de cas où on n'arrive pas à satisfaire la demande."

YouTube/WelcomeToTheJungle

Selon lui, la loi Grandguillaume, entrée en application le 1er janvier 2018, est en cause. Elle impose aux chauffeurs de VTC de posséder un licence pour exercer. Problème: l'examen est trop dur et les délais de la procédure sont trop longs.

"Il faut revoir toute la procédure. Pour devenir chauffeur, cela devrait être beaucoup plus simple. Je pense qu'il n'y a pas besoin de passer un concours pour être chauffeur en France" affirme Yan Hascoet. "Une procédure qui prend neuf fois, et qui est à ce point sélective, qui ne garde que 14%, c'est complètement démesuré et disproportionné."

5000 chauffeurs en moins

Selon Le Monde, sur les 12.406 aspirants chauffeurs qui ont passé l'examen entre mai et décembre 2017, seuls 1707 ont été admis.

La loi Grandguillaume interdit aussi aux chauffeurs relevant du statut LOTI (réservé au transport de groupes), qui s'obtient avec une formation plus courte et moins chère que celle des VTC, d'exercer en tant que chauffeur de véhicule de moins de dix places (contre 3 places auparavant). Selon Le Monde, 5000 chauffeurs travaillaient pour les plateformes de VTC sous ce statut et ont donc disparu des applis au 1er janvier 2018.

Uber, le numéro un du secteur, observait, en janvier 2018, une baisse de 25% du nombre de chauffeurs actifs par rapport à décembre 2017.

Pendant ce temps, les taxis traditionnels semblent bien se porter. D'après L'Express, G7, le leader du secteur en Ile-de-France avec 9000 véhicules, a vu son nombre de courses augmenter de 20% au premier trimestre 2018, par rapport à la même période en 2017.

"Malgré les perturbations qu'a connues le secteur des transports avec les VTC, la profession attire toujours. On voit même des VTC revenir vers le taxi" se félicite Allan Underwood, le DG de G7 Taxi Service, interrogé par le magazine.

Il semblerait donc que la guerre que se mènent les taxis et le VTC depuis des années, qui a engendré notamment la création de cette loi Grandguillaume, ait trouvé son vainqueur.

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