La technologie derrière le bitcoin menace un métier de la finance, explique un chercheur du CNRS qui étudie les crypto-monnaies

La technologie derrière le bitcoin menace un métier de la finance, explique un chercheur du CNRS qui étudie les crypto-monnaies

Julien Prat, chercheur CNRS et chargé de cours à l'école Polytechnique. Julien Prat

En 2017, plus de 3,5 milliards de dollars ont été levés par des entreprises via des levées de fonds en crypto-monnaies, autrement appelées ICO.

Et ce n'est pas fini: cette année, l'appli de messagerie cryptée Telegram envisage de lever à elle seule 1,2 milliard de dollars dans une ICO.

Au-delà des turbulences folles que connaît le bitcoin, "la multiplication des ICO" constitue le phénomène le plus intéressant à suivre actuellement, selon l'économiste Julien Prat, qui enseigne un cours sur le bitcoin et la blockchain à l'Ecole Polytechnique.

Notamment car "cette nouvelle forme de financement d'entreprise" permet surtout aux startups d'économiser des frais importants, en se passant d'un intermédiaire clé dans toute levée de fonds, a-t-il expliqué à Business Insider France:

"Ces crypto-monnaies sont adossées à la valeur des entreprises qui lèvent des fonds. C'est un moyen de contourner les canaux classiques de la finance d'entreprise, notamment les banques d'affaires qui sont très coûteuses", ajoutant que "cela pourrait créer de la compétition dans le secteur bancaire".

Pour l'économiste, la technologie de la blockchain — sur laquelle se basent les crypto-monnaies et donc les ICO — fait 2 en 1, car elle permet également de se faire confiance via cette technologie. Alors que traditionnellement, "un intermédiaire comme une banque ou une compagnie d'assurance, c'est un gage de confiance et de crédibilité", nous a rappelé Julien Prat.

Le chercheur du CNRS imagine que la technologie de la blockchain pourrait être déclinée dans d'autres cadres et qu'il existe une "réelle possibilité de transformation de l'économie des services". 

Enfin, l'économiste a déclaré à Business Insider France que cet emballement autour du bitcoin et de la blockchain lui rappelait la bulle Internet dans les années 2000, où les valeurs de nombreuses entreprises internet étaient surévaluées, mais que 15 ans plus tard, ce pan de l'économie s'était finalement consolidé: 

"Quand une nouvelle technologie émerge, il y a souvent un phénomène de bulle, car les investisseurs cherchent à dénicher les futurs leaders. Cet emballement initial est généralement suivi par une correction sévère à laquelle ne survivent que les entreprises réellement profitables."

Lors d'une ICO, une entreprise crée sa propre monnaie virtuelle, structurée comme le bitcoin. Ces jetons, appelés "tokens", peuvent être échangés en ligne même si la société n'est pas cotée et sont vendus contre de l'argent réel par l'entreprise, qui l'utilise ensuite pour financer son développement.

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  1. "La mise en vente s'inspire donc des IPOs à succès de startups dont le cours des actions a grimpé rapidement, et du crowdfunding qui permet à tout un chacun, selon ses moyens et depuis partout dans le monde, de devenir un investisseur de la première heure. Mais le cocktail est potentiellement explosif, car une IPO s'appuie en général sur des résultats tangibles et un historique de la société avant son entrée en bourse, alors que le financement participatif est le plus souvent monté sur un projet encore dans l'œuf et soutenu par des promesses dont on ne peut pas être certain qu'elles vont se réaliser.

    L'autre différence majeure c'est qu'une IPO c'est avant tout une prise de risques dans un but de retour sur investissement, alors que le crowdfunding s'apparente plus à une donation, ou au mieux une pré-commande dont on aide le financement."

    Lire mon billet:
    http://www.bilan.ch/yves-bennaim/crypto-actifs-mieux-comprendre-icos

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