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Pierre Ménès ne commentera plus les matchs dans les jeux 'Fifa'

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Pierre Ménès ne commentera plus les matchs dans les jeux 'Fifa'
"Fifa 21". © EA Sports
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Pierre Ménès ne sera plus le commentateur vedette du jeu vidéo "Fifa". Electronic Arts (EA) a mis fin à sa collaboration avec le consultant de Canal+, à la suite de sa mise en cause dans deux affaires d'agressions sexuelles. "Il est très important pour nous que le comportement de nos athlètes et de nos partenaires soit en accord avec les valeurs d'EA Sports 'Fifa'. Suite aux actes de Pierre Ménès, nous mettons immédiatement fin à notre relation avec lui. EA n'intègrera donc pas les commentaires de Pierre Ménès dans 'Fifa 22', ni dans les versions ultérieures du jeu", a indiqué l'éditeur américain sur l'un de ses comptes Twitter ce jeudi 25 mars. Mercredi, EA avait indiqué qu'il examinait la suite à donner à sa collaboration avec le chroniqueur.

En revanche, en ce qui concerne les versions précédentes du jeu, l'éditeur indique être sensible "aux désagréments que pourrait causer le retrait de ses commentaires", qui représentent une fonctionnalité "complexe". "Supprimer les commentaires de Pierre Ménès de 'Fifa 21' affecterait l'expérience du joueur français car de nombreuses mécaniques de jeu ne déclencheraient plus les commentaires appropriés à la situation", a expliqué EA France dans une déclaration transmise à l'AFP. Cela "reviendrait à supprimer rétroactivement les scènes d'un personnage d'une longue série TV".

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EA précise toutefois aux joueurs qui "ne souhaitent plus entendre les commentaires de Pierre Ménès" qu'ils ont "la possibilité de mettre à jour leurs paramètres dans le jeu et sélectionner une autre langue parmi de nombreux choix".

Le chroniqueur vedette de Canal+ est incriminé dans un documentaire relatant sexisme et agressions sexuelles.

La chaîne était elle accusée lundi d'avoir censuré ce documentaire sur le sexisme dans le journalisme de sports pour protéger son chroniqueur, les passages mettant en cause Pierre Ménès dans deux affaires d'agressions sexuelles ayant été coupés de la version finale, selon le site Les jours. Contactée par l'AFP, la chaîne s'est refusée à tout commentaire.

'On ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire'

Diffusé dimanche sur Canal+, le documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste", de Marie Portolano, ancienne journaliste maison en partance pour M6, retrace plus de 40 ans de lutte pour la parité dans ce secteur très masculin, entre regards condescendants, remarques sur le physique voire harcèlement. De Nathalie Iannetta à Clémentine Sarlat en passant par Estelle Denis, de nombreuses journalistes ont témoigné au micro de la co-réalisatrice, elle-même victime d'agression sexuelle, selon Les Jours, de la part de Pierre Ménès.

En août 2016, à la fin d'une émission du "Canal Football Club", le chroniqueur lui aurait soulevé sa jupe avant de lui attraper les fesses, "hors antenne mais face au public", affirme le média en ligne.

L'autre affaire concerne sa consoeur Isabelle Moreau, embrassée de force sur la bouche par Pierre Ménès pour "fêter" la centième, en 2011, du Canal Football Club, une scène visible sur les réseaux sociaux.

Un des passages a été finalement diffusé lundi soir dans l'émission "Touche pas à mon poste" sur C8 (groupe Canal+), qui recevait Pierre Ménès. "On ne me reprendra jamais à faire des choses comme ça", a-t-il affirmé, tout en estimant que depuis l'émergence du mouvement "#Metoo, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire".

Depuis lundi, les réactions indignées pleuvaient sur les réseaux sociaux notamment affiliés au mot-clé #PierreMenesOut.

La ministre des Sports Roxana Maracineanu a renvoyé "à son employeur" le sort du chroniqueur et remercié les femmes journalistes de sport ayant témoigné de leur vécu au travail. "Aujourd'hui, ce cas-là précisément concerne l'employeur de Pierre Ménès, comme cela concerne les employeurs de mettre à l'antenne, de favoriser, d'accréditer et de légitimer la présence de personnes qui pensent cela", a expliqué Roxana Maracineanu.

Le parquet de Nanterre, qui avait ouvert une information judiciaire du chef de "harcèlement moral" le 16 décembre 2020 à la suite d'un dépôt de plainte de son ancien assistant Emmanuel Trumer, n'a pas reçu d'autres plaintes contre Pierre Ménès.

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