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Les pistolets imprimés en 3-D offrent au public l'accès à des vraies armes fonctionnelles et impossibles à suivre — voici comment ils fonctionnent

Les pistolets imprimés en 3-D offrent au public l'accès à des vraies armes fonctionnelles et impossibles à suivre — voici comment ils fonctionnent
© Getty Images/Oli Scarff
  • Un juge fédéral a suspendu temporairement une décision de l'administration Trump qui autorise la mise en ligne de plans d'armes à feu imprimables en 3-D.
  • Ces pistolets n'ont pas de numéro de série, et les personnes qui les impriment n'auront pas à subir de vérification de leurs antécédents. Ces armes seraient de plus pratiquement impossibles à suivre.

Les inquiétudes face à l'arrivée d'armes à feu imprimées en 3D ont conduit huit états américains à poursuivre l'administration fédérale de Trump en justice pour avoir autorisé, en juin, le téléchargement des plans pour fabriquer ce type de produits.

La décision du gouvernement fédéral ouvre la voix à l'accès du public à des pistolets fonctionnels qui peuvent tirer à balles réelles, y compris, potentiellement, des fusils d'assaut semi-automatiques comme le AR-15.

Mercredi 1er août, un juge fédéral de Seattle a ordonné une suspension temporaire de l'autorisation accordée par le gouvernement fédéral. Ce qui bloque pour l'instant la mise à disposition de ces plans au public.

Parce que ces armes peuvent être imprimées à la maison, elles ne possèdent pas de numéro de série, les gens qui les possèdent n'auront pas à subir de vérification de leurs antécédents. Ces armes seraient de plus pratiquement impossibles à suivre.

Avant la décision du juge, l'entreprise Defense Distributed, basée au Texas, espérait publier les plans de différentes armes à feu dès ce mercredi 1er août, dont son modèle le plus courant, "The Liberator", ainsi qu'un fusil d'assaut semi-automatique AR-15, un Beretta M9 et d'autres armes.

Les armes sont fabriquées en pièces détachées grâce à une imprimante 3-D, et ensuite les utilisateurs assemblent les pièces eux-mêmes.

La seule pièce en métal sur le pistolet est le percuteur et la balle en elle-même. Certains pistolets en plastique peuvent échapper à la vigilance des détecteurs de métaux. Seuls le petit percuteur ainsi qu'une pièce de métal sont présents pour être en accord avec le Undetectable Firearms Act, d'après CBC News.

Chaque pistolet est réutilisable et tire plusieurs coups, selon le type d'arme fabriqué avec l'imprimante 3-D.

Les armes imprimées en 3-D peuvent être mortelles et tirer des centaines de coups, mais elles ne résistent pas longtemps

Les armes imprimées en 3-D ne résistent pas aussi bien que les pistolets traditionnels, et de nombreux stands de tir les interdisent.

Le "Liberator" de Defense Distributed est connu pour se casser après une seule décharge, mais son fondateur Cody Wilson travaille à rendre l'arme plus solide.

YouTube/Defense Distributed

"Il y a quelques armes qui peuvent être fabriquées par une imprimante 3-D, cependant aucune n'est assez fiable ou n'a la qualité commerciale suffisante qu'on attend d'un vrai pistolet", explique Wilson à Newsy.

Il ajoute: "cela ne demande pas beaucoup de connaissance ou d'expertise. Cela peut demander beaucoup de patience."

Le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives a rendu public, en 2013, un rapport sur le Liberator et d'autres armes imprimées en 3-D, selon CNN.

A l'époque, le patron de ATF Firearms Technology, Earl Griffith, qualifiait le Liberator d'"arme mortelle".

Des officiels ont affirmé qu'une arme fabriquée en plastique ABS-M30, souvent utilisé dans les jouets, avait tiré une cartouche de calibre .380 sans échec huit fois de suite.

La balle a parcouru une distance allant de 20 à 27 centimètres dans un morceau de gélatine censé imité les tissus humains. Un pistolet .380 disponible dans le commerce a tiré une balle similaire qui a parcouru une distance de 45 centimètres dans la gélatine.

Un autre pistolet en plastique, baptisé VisiJet, s'est cependant désintégré lorsqu'il a été utilisé, d'après le rapport analysé par CNN.

Des tests d'armes à feu imprimés en 3-D réalisés en Allemagne montrent que des armes fabriquées en plastique PLA pouvaient se tordre et se déformer après avoir tiré.

Quand un pistolet semi-automatique "principalement" imprimé en 3-D a été créé en 2016, son créateur, un homme de Virginie Occidentale connu sous le pseudonyne Derwood, affirmait qu'il avait eu besoin de métal pour le compléter.

Le canon du pistolet a commencé à fondre après 18 tirs si on ne lui laissait pas de répit pour se refroidir entre chaque tir, selon Wired. Au total, il dit avoir tiré plus de 800 fois.

Les plans pour imprimer des armes en 3-D pourraient être disponibles prochainement — sans vérifier les antécédents, l'âge ou le permis du propriétaire

Une décision du gouvernement fédéral américain en juin a autorisé Defense Distributed à rendre disponible en ligne des plans pour fabriquer des pistolets à l'aide d'une imprimante 3-D, des années après avoir été ordonné de cesser cette activité.

Wilson, le fondateur de Defense Distributed, a publié les plans téléchargeables d'une arme à feu en 2013, et ceux-ci ont été téléchargés 100.000 fois environ, d'après l'Associated Press, avant d'être retirés.

Il a lancé une procédure judiciaire en 2015, et a trouvé un accord avec le Département d'Etat en juin 2018.

Defense Distributed ne demande pas de preuve de l'âge de l'utilisateur, ni de permis de port d'arme, ce qui facilite le contournement des obstacles auxquels un consommateur peut faire face lorsqu'il achète une arme dans un magasin.

L'accès aux imprimantes 3-D reste un obstacle

Les pistolets imprimés en 3-D sont fabriqués en plusieurs morceaux puis assemblés par l'utilisateur. Wilson dit que la fabrication d'un pistolet prend 24 heures.

Même si des kits permettant de concevoir soi-même son pistolet à la maison sont disponibles depuis longtemps sur internet, des plans prêts à imprimer rendraient l'accès à ces armes plus facile pour n'importe quelle personne possédant une imprimante 3-D.

Des experts en armes à feu affirment cependant que les criminels ont peu de chance d'utiliser ces plans car les imprimantes 3-D restent chères et les pistolets s'abîment plus facilement que les armes traditionnelles, rapporte TIME.

Les imprimantes qui permettent de fabriquer ces pistolets coûtent entre 5000 et 600.000 dollars.

Même si l'impression 3-D est accessible dans de nombreuses bibliothèques publiques, beaucoup ont interdit leur utilisation à des fins dangereuses, d'après WJHG.

Les utilisateurs de Defense Distributed, qui doivent payer des frais d'inscription et fournir une adresse mail, un nom d'utilisateur et un mot de passe, peuvent aussi proposer leurs designs de pistolets, magasins et accessoires, rapporte CNN.

Version originale: Kelly McLaughlin/Business Insider

Business Insider
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