L'association de défense des victimes de crimes économiques Sherpa, l'association Ibuka et le Collectif des parties civiles pour le Rwanda ont porté plainte contre la banque française BNP Paribas pour "complicité de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre", révèlent Le Monde et Radio France ce jeudi

La banque française se serait rendue coupable de ces crimes — imprescriptibles — pour avoir financé un achat d'armes illégal en juin 1994, d'un montant de 1,3 million de dollars, alors que les Nations unies avaient décrété un embargo sur les ventes d'armes vers le Rwanda depuis un mois.

Les armes, achetées par un marchand d'armes sud-africain ont transité par l'ex-Zaïre, actuelle RDC, et été distribuées à des miliciens hutu. 

Selon Le Monde, "la destination finale des armes (...) ne peut guère faire de doutes pour la BNP puisque c’est la Banque nationale du Rwanda qui lui demande le paiement de la somme de 1,3 million de dollars sur le compte suisse de M. Ehlers [le marchand d'armes sud-africain ndlr] à l’Union bancaire privée de Genève".

"Le déblocage d’une telle somme au profit d’un personnage aussi sulfureux que M. Ehlers avait d’ailleurs été refusé, quelques jours auparavant, par différents établissements financiers, dont le belge Banque Bruxelles Lambert (BBL)", précise le quotidien vespéral. 

Contacté mercredi par Le Monde, le directeur de la communication de BNP Paribas, Bertrand Cizeau, a dit n'avoir "pas pris connaissance du contenu de cette plainte" et donc ne pas pouvoir "réagir compte tenu de la gravité des faits".

Marie-Laure Guislain, responsable du contentieux à Sherpa, a confié à France Info que cette plainte "montre l’intérêt de la nouvelle loi sur le devoir de vigilance des grandes entreprises adoptée le 21 février 2017".

"Cette loi, appliquée aux banques, permettrait d’éviter l’implication des institutions financières dans de graves violations de droits humains."

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