Plantés sur la Lune, les drapeaux des astronautes américains se désintègrent

Plantés sur la Lune, les drapeaux des astronautes américains se désintègrent

Buzz Aldrin, l'un des astronautes d'Apollo 11, se tenant à côté d'un drapeau américain planté sur la Lune, le 20 juillet 1969. NASA

Les photos ont résisté à l'épreuve du temps : un astronaute du programme Apollo, vêtu d'une combinaison spatiale, se tenant fièrement sur la Lune à côté d'un drapeau américain rouge, bleu et blanc tel un trophée national disant : "les Etats-Unis étaient ici." Mais voilà, malheureusement, les six drapeaux piqués dans le sol lunaire, entre 1969 et 1972, ne s'en sortent pas si bien.

Les images prises en 2012 par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO), appartenant à la NASA, ont montré qu'au moins cinq des six drapeaux tenaient encore debout. Cependant, les scientifiques pensent que des décennies de lumière solaire brillante ont décoloré les couleurs emblématiques des bannières étoilées. Résultat ? Aujourd'hui, les drapeaux sont probablement complètement blancs, comme l'a indiqué Gizmodo. Mais ils se trouvent peut-être dans un état encore pire : alors que l'on approche du 50ème anniversaire des premiers pas de l'Homme sur la Lune dans le cadre de la mission Apollo 11 (le 20 juillet), certains de ces drapeaux commencent probablement à se désintégrer. 

C'est une entreprise baptisée Annin Flagmakers qui a tissé ces drapeaux plantés sur la Lune. Chacun d'entre eux a coûté à la NASA la modique somme de 5,50 dollars (un peu moins de 5 euros). Aujourd'hui, la NASA devrait débourser plus de 33 dollars (30 euros) l'unité en raison de l'inflation. Sur la surface de la Terre, les drapeaux perdent de leurs couleurs à cause de l'exposition à la lumière du Soleil. Car la lumière ultraviolette — la même longueur d'onde qui cause les coups de Soleil — excelle à décomposer les fibres et les couleurs.

Sur Terre, une partie de la lumière UV est absorbée par l'atmosphère de notre planète mais pas la totalité. Mais la Lune, elle, n'a pas du tout d'atmosphère pour absorber la lumière du Soleil et, en dehors des cratères, il n'y a pas d'ombre. Cela signifie donc que les drapeaux plantés sur la Lune par les astronautes d'Apollo sont constamment exposés à la lumière éblouissante du Soleil ainsi qu'au rayonnement solaire pendant des semaines d'affilée, étant donné qu'un "jour" sur la Lune équivaut à 27 jours sur la Terre. 

Dans un article paru en juillet 2011 dans le magazine Smithsonian Air & Space, le scientifique, spécialiste de la Lune, Paul Spudis expliquait :

"Au cours du programme Apollo, nos astronautes ont déployé six drapeaux américains sur la Lune. Depuis une quarantaine d'années, ces drapeaux sont exposés à la pleine fureur de l'environnent lunaire, alternant entre 14 jours de Soleil ardent avec des chaleurs atteignant 100°C et 14 jours d'obscurité avec des températures glaciales chutant à -150°C. Mais ce qui est encore plus dommageable, c'est le rayonnement ultraviolet (UV) intense de la lumière solaire pure et non filtrée sur le tissu (modal) à partir duquel les drapeaux plantés par Apollo ont été fabriqués. Même sur Terre, les couleurs d'un drapeau en tissu flottant en plein Soleil pendant de nombreuses années finissent par s'estomper et celui-ci doit être remplacé. Il est donc probable que ces symboles de l'accomplissement américain soient devenus totalement blancs, ayant perdu leurs couleurs à cause du rayonnement UV de la lumière solaire non filtrée sur la surface lunaire. Certains d'entre eux peuvent même avoir commencé à se désintégrer physiquement sous l'effet du flux intense."

"Les Etats-Unis n'ont plus de programme spatial perceptible alors que la Lune au-dessus de nous ne flotte plus sous le drapeau américain. Quelle ironie." 

Allons-nous retourner sur la Lune ?

Une image d'illustration du vaisseau spatial de SpaceX, le Big Falcon Rocket (ou BFR), volant autour de la Lune. SpaceX

Depuis les déclarations de Paul Spudis, beaucoup de choses ont changé mais beaucoup d'autres sont restées telles quelles : par exemple, jusqu'à présent, aucun être humain n'est retournée sur la Lune.

Cependant, la NASA travaille d'arrache-pied pour faire voler des astronautes dans l'espace lointain en mettant au point des fusées ultrapuissantes pour le décollage de système de lancement spatial. L'objectif est de construire une station spatiale "passerelle" sur la Lune qui atteindrait l'orbite lunaire au début des années 2020. Récemment dévoilé par l'administration Trump, un plan sur cinq ans, baptisé Artemis, vise à faire atterrir les astronautes américains sur la surface lunaire en 2024.

Un équipage d'astronautes rejoindra cette station spatiale lunaire. Dans un premier temps, ils feront voler des atterrisseurs et des robots sur la Lune (peut-être pour repérer des traces d'eau qui pourraient être exploitées et transformées en carburant pour fusée). Ils devraient utiliser l'installation comme un point de repère afin d'envoyer des gens sur la surface de la Lune et faire des allers-retours dans le cadre de missions régulières. Cependant, certains astronautes d'Apollo — bien qu'enthousiastes à cette idée — sont sceptiques sur la capacité de la NASA à respecter son calendrier. 

Quoi qu'il en soit, le secteur commercial semble de plus en plus faire partie intégrante des plans de la NASA pour atteindre la Lune.

De leur côté, le magnat de la technologie Elon Musk et sa société aérospatiale, SpaceX, développent une fusée géante en acier appelée Starship qui devrait être capable d'atteindre la Lune ou Mars. D'ici 2023, Elon Musk espère lancer la première fusée de tourisme spatial de la société avec à son bord un milliardaire japonais nommé Yusaku Maezawa ainsi qu'une petite équipe d'artistes triés sur le volet. Le plan est de faire voler ces personnalités autour de la Lune, mais pas d'y atterrir.

Le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, qui possède la société de fusées Blue Origin, est également impatient de faire des progrès dans ce secteur et de coloniser la Lune. Le milliardaire a récemment dévoilé Blue Moon, un vaisseau spatial qui, espère-t-il, aidera les astronautes à retourner sur la surface lunaire. 

Une illustration de "Sparrow", un atterrisseur robotique lunaire de 1 300 livres qui pourrait faire d'Israël le quatrième pays à avoir jamais touché la surface de la lune. SpaceIL

De plus petites entreprises tentent elles aussi d'atteindre la Lune. L'organisation à but non lucratif SpaceIL, par exemple, a récemment tenté d'y déposer un petit atterrisseur, mais a tragiquement échoué.

Par ailleurs, la NASA a également lancé un concours pour sélectionner de petits atterrisseurs commerciaux sur la Lune qui auraient pour but d'y transporter des expérimentations validées par le gouvernement américain (avec des charges utiles privées). Certaines de ces compagnies pourraient même essayer d'atterrir près des sites d'Apollo 11, 12, 14, 15, 16 ou 17 et de diffuser en direct des images de ce à quoi ressemblent les zones historiques de la Lune aujourd'hui.

Si cela se produit, nous pourrions donc voir de quoi ont l'air aujourd'hui les drapeaux plantés sur la Lune dans les années 70 par les astronautes américains — et ainsi nous pourrions régler la question de ce qu'il leur est arrivé après avoir passé plus de 46 ans sous le Soleil.

Version originale : Dave Mosher/Business Insider

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  1. Dardar

    On verra surtout qu’ils n’y on jamais mis les pieds,
    Désintégré 🙂 oui faut bien trouver une excuse
    Maintenant que les chinois bons y atterrirent bientot

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