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Plusieurs missions spatiales européennes sont mises en veille à cause de la crise sanitaire

Plusieurs missions spatiales européennes sont mises en veille à cause de la crise sanitaire
Illustration de la sonde européenne Solar Orbiter au plus près du Soleil. © ESA/ATG MEDIALAB

Après la NASA, c'est au tour de l'Agence spatiale européenne (ESA) de mettre en veille certaines missions spatiales en raison de l'épidémie due au coronavirus. Dans un communiqué publié mardi 24 mars 2020, l'ESA explique "avoir placé quatre missions scientifiques en veille sécurisée afin de réduire encore le nombre de personnes présentes" au Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne), précisant qu'il s'agissait "d'une décision difficile à prendre". L'ESA avait déjà demandé à la majorité de ses employés de faire du télétravail et "seul le personnel clé effectuant des tâches critiques, dont le maintien des opérations des vaisseaux spatiaux en temps réel, est encore présent sur les sites des établissements de l'ESA dans toute l'Europe".

Les missions qui sont donc mises en veille sécurisée sont : la mission Cluster lancée en 2000 pour étudier l'environnement magnétique de la Terre, la mission ExoMars Trace Gas Orbiter lancé en 2016, en orbite autour de Mars, qui étudie l'atmosphère de la planète et fournit un relais de données pour les atterrisseurs à la surface, la mission Mars Express lancé en 2003, qui imite la surface martienne et échantillonne l'atmosphère de la planète, et enfin, la mission Solar Orbiter, fraîchement lancée en février dernier et actuellement en route vers son orbite autour du Soleil.

"Notre priorité est la santé de notre personnel, et nous allons donc réduire l'activité sur certaines de nos missions scientifiques, notamment sur les vaisseaux spatiaux interplanétaires, qui nécessitent actuellement le plus grand nombre de personnel sur site", a déclaré le directeur des opérations de l'ESA, Rolf Densing, dans un communiqué.

Ce dernier a par ailleurs expliqué pourquoi ces missions avaient été choisies et pourquoi la mise en veille sécurisée n'allait pas avoir d'incidence sur leur bon déroulement à l'avenir. "Elle ont des orbites stables et ce sont des missions de longue durée, de sorte que le fait d'éteindre leurs instruments scientifiques et de les placer dans une configuration de sécurité largement sans surveillance pendant un certain temps aura un impact négligeable sur la performance globale de leur mission".

Priorité donnée notamment à la mission BepiColombo

Cette décision va permettre en fait aux équipes à l'ESOC de se concentrer au maintien de la sécurité des engins spatiaux d'autres missions comme celle de BepiColombo, lancée conjointement avec l'agence spatiale japonaise JAXA en octobre 2018 en direction de Mercure. Les deux sondes qui composent la mission devraient se mettre en orbite autour de Mercure le 5 décembre 2025. Mais avant cela, elles vont survoler la Terre le 10 avril prochain. Il s'agit-là d'une manœuvre clé, car elle "servira à ajuster la trajectoire de BepiColombo vers Mercure."

L'ESA n'a pas précisé combien de temps allait durer cette mise en veille mais dans son communiqué, elle indique que "la décision sur le moment du retour au mode normal de production scientifique sera prise indépendamment pour chaque mission, en fonction de plusieurs variables, dont le type et la complexité de chaque mission".

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