Pour Goldman Sachs, 200 Mds$ sont oubliés dans le calcul du PIB américain

Flickr/Kevin

D'après Goldman Sachs, l'économie américaine pourrait "oublier" de comptabiliser jusqu'à 233 milliards de dollars (208 milliards d'euros) de ses ressources, en raison de bien gratuits tels que Google Maps et Snapchat. "Internet a brouillé les frontières entre les sphères économiques et domestiques", écrit Goldman Sachs dans un rapport. 

Si l'on examine les mesures traditionnelles de la consommation des technologies, il semble que celle-ci a ralenti. En effet, le graphique ci-dessous montre que la décennie actuelle est la plus lente depuis au moins les années 1960 — ce que Goldman Sachs qualifie de "frappant". 

Goldman Sachs Global Investment Research

"L'explication la plus probable est l'erreur de mesure, qui peut être particulièrement élevée dans les industries où l'univers des produits ou des entreprises qui les fournissent évolue rapidement", indique le rapport de Goldman Sachs.

C'est le cas par exemple lorsque les économistes mesurent des choses comme la consommation des technologies : ils peuvent noter que les gens achètent moins de biens individuels comme les appareils photos mais ils omettent de prendre en compte le contexte entraînant ce phénomène, à savoir que les téléphones sont désormais équipés d'appareils photos performants. Parallèlement d'autres services comme les taxis ont migré en ligne à travers des applications comme Uber et Lyft. 

Concrètement, cela signifie que les ventes à l'unité diminuent et que les indicateurs traditionnels montrent une baisse de la consommation des technologies alors que ce n'est pas forcément le cas.

HSBC a également fait valoir le même point de vue. Dans un rapport récent, Diane Coyle, professeure de politique publique à l'Université de Cambridge, a déclaré que l'un des défis de l'économie consiste à "intégrer dans les données des goûts et des comportements qui changent rapidement."

"Il est beaucoup plus simple de suivre les dépenses effectuées dans des hôtels que les séjours via Airbnb, car actuellement Airbnb ne figure pas dans les données statistiques dans de nombreux cas", a-t-elle expliqué. 

Le graphique ci-dessous, tiré du rapport de Goldman Sachs, semble montrer que les dépenses de consommation liées aux smartphones n'ont pas beaucoup augmenté alors que parallèlement on constate une hausse rapide des ventes de smartphones — quelque chose ne colle pas donc. C'est ce problème dans le calcul de la consommation dans plusieurs domaines qui, selon Goldman Sachs, est à l'origine d'une erreur de 100 à 225 milliards de dollars (89 à 200 milliards d'euros). 

Département du Commerce, Statista, Goldman Sachs Global Investment Research

Et Goldman Sachs argue que ses estimations sont beaucoup plus faibles que celles d'autres organismes. Dans une étude expérimentale citée par Goldman Sachs, les consommateurs ont été chargés de choisir entre "se passer des médias sociaux ou payer une pénalité monétaire". La plupart d'entre eux ont choisi de payer une pénalité pour pouvoir utiliser Facebook.

Cette volonté, chez les consommateurs, de payer pour utiliser les services d'applications, qui sont totalement gratuites aujourd'hui, comme Google Maps, Snapchat et Uber, équivaudrait à des bénéfices de consommation non mesurés de l'ordre de +10% du PIB américain, écrit Goldman Sachs.

Le même phénomène peut être constaté lorsqu'on essaie de mesurer les dépenses des consommateurs liées à la restauration. Comme HSBC l'a noté : 

"Si les chaînes de restaurants, dont les ventes sont plus facilement captées dans le calcul du PIB, voient leurs ventes fléchir, cela ne signifie pas pour autant que les gens ne sortent pas pour manger. Au lieu d'aller dans un restaurant traditionnel, un consommateur qui aime les expériences choisira peut-être de se diriger vers les pop-up et les marchés de rue. Des établissements que les statisticiens ne peuvent pas surveiller aussi facilement que les restaurants."

Version originale : Yusuf Khan/Business Insider

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