Pour les trottinettes en libre-service, Anne Hidalgo veut faire comme à San Francisco et limiter le nombre de sociétés

Les trottinettes électriques Bolt de Txfy sont lancées ce jeudi 6 septembre 2018. Txfy

Trop, c'est trop ! Anne Hidalgo, la mairie de Paris, veut "en finir avec l'anarchie" des trottinettes électriques qui seraient 20 000 dans la capitale française. Elle a ainsi annoncé ce jeudi 6 juin qu'elle entendait réduire le nombre de sociétés autorisées à opérer à Paris. De douze aujourd'hui (Lime, Bolt, Bird, Jump...), elles ne seront plus que deux ou trois à l'issue d'une procédure d'appel d'offres qui sera lancée dans quelques mois, après le vote définitif de la loi sur les mobilités (LOM), discutée en ce moment à l'Assemblée nationale.

En prenant cette décision, Anne Hidalgo entraîne Paris sur le chemin déjà ouvert par San Francisco. La ville iconique de la Silicon Valley avait décidé en mai 2018 de bannir temporairement les services de trottinettes électriques en libre-service suite aux plaintes des habitants. L'idée était alors d'obliger les opérateurs à demander un permis pour s'installer. Alors que douze en ont fait la demande, seulement deux ont obtenu le précieux sésame, Skip et Scoot, pour une période de test d'un an débutée en septembre dernier. Exit donc les filiales de Lyft, d'Uber tout comme Bird ou Lime !

Autre exemple, à Santa Monica, quatre opérateurs ont obtenu un accord de la ville pour déployer leurs vélos et trottinettes électriques durant une période de test de 16 mois. Ce sont cette fois des leaders du secteur qui ont été choisi, à savoir Bird, Lime, Lyft et Jump (Uber).

Néanmoins, cette régulation n'avait pas permis de résoudre tous les problèmes à San Francisco. Business Insider US rapportait que les incivilités et infractions (circulation sur les trottoirs, stationnement gênants...) étaient réapparues dans les heures qui ont suivi la mise en service des trottinettes électriques.

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Le stationnement des trottinettes interdits sur les trottoirs à Paris

Outre la réduction du nombre d'opérateurs, Anne Hidalgo a annoncé d'autres mesures concrètes qu'elle espère mettre en oeuvre "dès début juillet". Elle souhaite ainsi prendre un arrêté interdisant le stationnement des trottinettes sur les trottoirs. La mairie a rappelé qu'elle envisageait de créer 2 500 places dédiées aux engins électriques, mais en attendant ils devront donc squatter les places de voitures et de deux-roues... Les automobilistes parisiens, déjà remontés contre la politique d'Anne Hidalgo, vont probablement grincer des dents. La maire de Paris a indiqué qu'elle proposera au préfet de police de signer l'arrêté dès vendredi.

La maire de Paris va de plus obliger les opérateurs à brider la vitesse de leurs trottinettes. Celle-ci passera de 25 km/h aujourd'hui à 20km/h. Dans les aires piétonnes et les "zones de rencontre", les utilisateurs de trottinettes électriques ne devront pas circuler à plus de 8 km/h, comme cela se fait déjà à Lyon. Ils devraient être même totalement interdits de circulation dans les parcs et jardin. Anne Hidalgo a aussi demandé aux sociétés "de ne pas augmenter" le nombre de trottinettes disponibles dans la capitale d'ici l'adoption de la loi mobilités.

En mars dernier, le Conseil de Paris avait déjà instauré une redevance de 50 à 65 euros annuels par trottinette selon la taille de la flotte. Il avait aussi fixé à 135 euros le montant de l'amende pour les personnes circulant en trottinette électrique sur les trottoirs et à 35 euros le montant de l'amende pour stationnement gênant.

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