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Pour Michel-Édouard Leclerc, Amazon aura du mal à "dégommer l'offre de Leclerc à Concarneau"

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"Un concurrent n'est pas un ennemi", affirme Michel-Édouard Leclerc à Business Insider France à propos du géant américain Amazon. © Groupe E.Leclerc
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"Amazon, même pas peur." En février 2020, Michel-Édouard Leclerc l'affirmait haut et fort lors de la présentation des résultats annuels du groupe E.Leclerc. Et il enfonçait le clou quelques jours plus tard au micro de RMC et BFM TV : "Je pense que Leclerc sera l'Amazon Français sous dix ans, avec des salariés et des experts en plus." Ce qui pourrait passer au premier abord pour une énième bravade du président de Leclerc cache en réalité une véritable ambition du distributeur leader dans l'Hexagone. Et une urgence à adapter les armes de son enseigne pour se frotter aux géants d'internet.

Aujourd'hui, Michel-Édouard Leclerc semble calmer ses ardeurs : "Un concurrent n'est pas un ennemi. C'est comme dans le sport, c'est quelqu'un qui est devant ou à côté, qui vous oblige à vous dépasser.", explique-t-il à Business Insider France. "Le truc ce n'est pas de se caillasser, mais de réussir à tirer de meilleurs bords."

Et il va même plus loin, reconnaissant être toujours plus innovant grâce au géant américain. "Moi j'ai de l'admiration pour ceux qui font évoluer mon métier que j'aime. Quand je suis né, le petit commerce dénonçait déjà les supermarchés. Quand Carrefour est arrivé, il y a eu le mouvement poujadiste, ce mouvement contre le prix bas avec des slogans à la con comme 'le prix bas tue l'emploi'. Amazon oblige les commerçants à s'intéresser plus à la relation client, à communiquer sur les réseaux sociaux et à s'inscrire dans son temps."

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Avec un vrai bémol cependant. La fiscalité n'est pas la même pour les géants du numérique que pour les acteurs de la grande distribution en France. Et même si les gouvernements européens essaient de lutter contre l'optimisation fiscale des Gafam, rien n'est encore définitivement acté, Washington freinant des quatre fers. "Sur la fiscalité, il s'agit d'une distorsion de concurrence", nous assure Michel-Édouard Leclerc. Mais il botte en touche : "Je ne peux pas le reprocher à Amazon, c'est aux pouvoirs publics d'y remédier."

"Tout le monde parle d'Aldi et de Lidl (...) mais le petit nouveau dans la publicité en ce moment c'est Amazon"

Pour le président du groupe E.Leclerc, dans les prochaines années le développement sur internet ne se jouera plus au niveau de la logistique, comme Amazon le fait depuis des années, mais au niveau de l'offre et des prix proposés. "On parle beaucoup d'internet sous l'angle de la rapidité du temps de livraison ou de la facilité de paiement", affirme ainsi Michel-Édouard Leclerc. "Je ne conteste par l'importance de la réalisation technique, mais avec mon regard historique, je pense quand même que c'est la pertinence de la promesse commerciale qui l'emportera à terme sur la performance logistique".

Il cite alors l'exemple de l'américain Walmart : "C'est intéressant de regarder ce qui s'est passé aux États-Unis. Le distributeur Walmart s'est redressé sur l'offre en magasin et non sur la logistique".

Pour le président du groupe Leclerc, le prix sera donc plus que jamais central sur le web. "Tout le monde parle d'Aldi et de Lidl, et de leurs grandes campagnes de communication. Mais on oublie que le petit nouveau dans la publicité en ce moment, c'est Amazon. Cette plateforme commence elle aussi à mettre l'offre en avant, en insistant beaucoup sur les prix pas chers."

De quoi faire peur au distributeur français ? Même pas ! "Si je ne me trompe pas sur le diagnostic, il sera plus facile pour Leclerc de s'adapter aux enjeux logistiques d'Amazon, qu'à Amazon de venir dégommer l'offre de Leclerc à Concarneau par exemple", affirme avec un brin de malice Michel-Édouard Leclerc.

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