Pour ses voitures autonomes, Tesla mise sur une technologie différente de ses concurrents

Une station de recharge Tesla à Los Angeles, le 2 août 2018. REUTERS/Lucy Nicholson/File Photo

Ce lundi 22 avril, lors d'une journée dédiée aux investisseurs, le constructeur automobile Tesla a présenté ses projets et ambitions en matière de conduite autonome. L'information principale à retenir ? Depuis trois ans, c'est-à-dire depuis que son DG Elon Musk a fait de l'autonomie un enjeu déterminant pour l'avenir de l'entreprise américaine, Tesla s'efforce de combiner sa flotte de véhicules équipés pour la conduite autonome avec un nouvel ordinateur de bord sophistiqué qui peut capter et traiter une quantité considérable d'informations visuelles.

L'ambition de Tesla ici est de s'appuyer sur la puissance amplificatrice des effets de réseaux : un flux constant de données alimentant les systèmes Tesla pourraient lui permettre de s'améliorer rapidement et de surmonter les limites de la technologie visuelle – des limites que des entreprises comme Waymo ou General Motors' Cruise dépassent en utilisant des capteurs appelés Lidar (acronyme de Light Detection And Ranging), une technologie articulée autour d'un faisceau laser afin de détecter les objets à distance.

Pour Elon Musk, cela ne fait aucun doute : le Lidar est condamné à l'échec et c'est l'approche de Tesla, basée sur un réseau de neurones artificiels, qui est la meilleure. Il est encore top tôt pour dire si le chef d'entreprise de 47 ans a raison ou non. Mais le défi dans lequel Tesla s'est lancé prouve une chose : le lien entre l'œil humain et le cerveau, qui rend l'acte de conduire possible, est d'une complexité incroyable.

Prenons les choses de la manière suivante : dans une grande partie des Etats-Unis, un humain peut passer 5 840 jours de sa vie à s'exercer derrière un volant quelques mois, puis à conduire une voiture de manière correcte. Ce sont ces 5 840 jours, ainsi que le réseau neuronal naturel qu'est le cerveau, qui ont poussé de nombreuses entreprises à utiliser la technologie Lidar. Ainsi, un humain de 16 ans par exemple aura consacré toute sa vie à interagir visuellement avec la réalité (et la composante visuelle n'est qu'un sens parmi d'autres qui est en formation).

La conduite automobile est un prolongement de cet épisode d'apprentissage. Un humain n'a pas besoin d'un réseau vaste ; nous pouvons le faire par nous-mêmes, en tant qu'individus. Nous nous spécialisons également dans ce que les chercheurs autodidactes appellent les "cas extrêmes" - des choses bizarres que les ordinateurs n'ont jamais vues et qu'ils ne peuvent pas traiter rapidement. Nous, nous pouvons trouver des solutions à la volée.

Tesla relève ce défi en prenant toutes ses voitures et en les traitant comme un méga-conducteur en réseau. Un humain ne pourrait pas traiter des milliards de points de données qui arrivent sans arrêt. Mais les ordinateurs peuvent gérer ce flux d'informations. Ce que le programme de pilotage totalement autonome de l'entreprise dirigée par Elon Musk espère proposer, c'est donc une sorte de simulation en temps réel sans fin à laquelle tous ses véhicules pourront avoir accès. Est-ce que cela va marcher ? Peut-être.

Et si c'est le cas, Tesla pourra-t-elle l'utiliser pour bâtir une entreprise distincte de la vente de voitures ? Nous le découvrirons dans le futur.

Version originale : Matthew DeBord/Business Insider

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