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Pourquoi 2021 s'annonce très difficile pour Air France

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Pourquoi 2021 s'annonce très difficile pour Air France
© Maxime/Wikimedia Commons
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L'effondrement d'Air France-KLM en Bourse est à l'image de la chute du trafic aérien depuis le début de la pandémie. L'action du groupe franco-néerlandais a plongé de plus de 40% en 2020, pendant que le trafic a enregistré une baisse de 66%, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA). Et depuis début 2021, le cours d'Air France-KLM a de nouveau perdu 6%, à midi ce mardi 5 janvier. Les perspectives restent sombres pour le secteur, n'incitant pas les investisseurs à soutenir l'action du transporteur aérien en Bourse.

D'autant que les pertes devraient continuer de plomber les comptes d'Air France en 2021. La compagnie prévoit une offre en sièges encore inférieure de 40% cette année par rapport à 2019 et n'anticipe pas de reprise avant l'été prochain, selon La Tribune. Résultat, elle tablerait sur une nouvelle perte d'exploitation de deux milliards d'euros en 2021, après une perte de 3,6 milliards en 2020. Ces prévisions pourraient inciter le gouvernement a accéléré la recapitalisation du groupe, évoquée depuis l'automne.

L'Etat pourrait monter au capital

Elle viserait à "restaurer sa capacité à faire face à l'après-crise", selon Jean-Baptiste Djebbari, le ministre délégué chargé des Transports. L'État, qui possède déjà 14% du capital d'Air France-KLM, pourrait doubler sa part dans la compagnie en injectant de 4 à 5 milliards d'euros supplémentaires, selon une estimation début décembre du journaliste François Lenglet.

Mais cela implique au préalable de trouver un accord avec l'État néerlandais, également actionnaire. Le gouvernement souhaite ensuite "avoir une vision très claire de ce peut faire le groupe dans un monde post-Covid". Une stratégie difficile à établir par Air France, dans un monde baigné d'incertitude, même si le début des campagnes de vaccination laisse entrevoir un retour à la normale.

En avril dernier, la France était déjà venue au secours de la compagnie via un plan de sauvetage de 7 milliards d'euros, dont 4 milliards de prêts bancaires garantis à 90 % par l'État et 3 milliards d'euros via un prêt d'actionnaire. Les Pays-Bas avaient de leur côté apporté 3,4 milliards d'euros d'aides à KLM.

Ce soutien de l'État n'avait pas empêché Air France d'annoncer début juillet la suppression de 7 580 d'emplois d'ici fin 2022 au sein de la compagnie tricolore et de sa filiale régionale Hop!. Des destructions de postes représentant 16% des effectifs.

100 Mds€ de pertes pour les compagnies en 2020

Air France-KLM n'est pas le seul transporteur aérien frappé de plein fouet par la crise. La première compagnie européenne, Lufthansa, a fait état d'une nouvelle perte opérationnelle de 1,26 milliard d'euros au troisième trimestre 2020, après une perte nette de 3,6 milliards d'euros au premier semestre. Le groupe dispose heureusement d'importantes liquidités pour faire face à de nouvelles charges liées au coronavirus.

Ryanair affiche de son côté une perte de 197 millions d'euros au premier semestre de son exercice fiscal 2021, d'avril à septembre, ainsi qu'un plongeon de 78% de son chiffre d'affaires.

Au total, les pertes des compagnies aériennes dans le monde devraient atteindre jusqu'à 100 milliards d'euros en 2020, selon IATA, contre 25,9 milliards de bénéfices en 2019. Si 2021 devrait permettre de commencer à redresser la barre, la crise est profonde et devrait s'inscrire dans la durée pour le secteur.

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