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Pourquoi dit-on que les femmes travaillent gratuitement à partir de ce jeudi 4 novembre

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Pourquoi dit-on que les femmes travaillent gratuitement à partir de ce jeudi 4 novembre
© janeb13/Pixabay

Les femmes gagnent majoritairement moins que les hommes. Et ce n'est pas nouveau. Ce qui est plus surprenant, c'est de constater que cet écart de rémunération stagne voire augmente légèrement. Cette année, les femmes commenceront "à travailler bénévolement" aujourd'hui, mercredi 4 novembre, à 16h16, alors que le point de bascule était atteint le 7 novembre (à 16h34) il y a 4 ans, selon le collectif Les Glorieuses, qui effectue ce calcul chaque année. Pour le réaliser, elle s'appuie sur les données d'Eurostat, qui font état d'un écart de salaire de 15,5% entre les femmes et les hommes.

"Avec 15,5% d'écart de salaire entre les femmes et les hommes, à poste égal, la France régresse un peu. Elle se situe d'ailleurs un peu au-dessus de la moyenne européenne", constate auprès de France Inter Rebecca Amsellem, docteure en économie et fondatrice des Glorieuses. Cet écart de rémunération s'élève à 14,8% au niveau de l'ensemble de l'Union européenne.

Pour établir chaque année à partir de quand les femmes travaillent "gratuitement", le collectif prend l'écart de salaire moyen entre les femmes et les hommes à poste égal, pour le rapporter au nombre de jours ouvrés dans l'année. La différence de rémunération entre les deux genres peut alors être retranscrite en jours de travail "bénévoles" pour les femmes.

En 2020, les femmes perdent ainsi "39,2 jours ouvrés de travail rémunéré", précise Les Glorieuses, "à l'identique des cinq années précédentes".

Pour des prêts garantis conditionnés au respect de l'égalité salarial

En juin 2020, l'Insee indiquait que les femmes salariées gagnaient en moyenne 16,8% de moins que leurs homologues masculins pour un même volume de travail, sur la base de chiffres de 2017. En intégrant le fait que les femmes travaillent beaucoup plus souvent que les hommes à temps partiel et sont "moins en emploi dans l'année", l'écart se creuse toutefois bien plus entre les deux genres. La différence de rémunération atteint alors 28,5% en moyenne, selon l'Insee.

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Fin octobre, les militantes qui relaient le mouvement #4Novembre16h16 ont lancé une pétition pour demander un "plan de relance économique féministe" face au plan de relance de 100 milliards d'euros présenté par le gouvernement, qui "ne mentionne pas une seule fois" les femmes. Elles formulent cinq propositions phares, comme le fait de conditionner pour chaque entreprise l'octroi de prêts garantis par l'Etat ou de subventions publiques au respect de l'égalité salariale.

Elles soutiennent également un congé paternité "équivalent au congé maternité". Ou encore un renforcement de l'index de l'égalité dans les entreprises, qui n'est pas efficace et présente des lacunes, selon elles, "du fait de biais statistiques importants, de manipulations possibles et du fait que les entreprises se notent elles-mêmes".

Depuis septembre 2019, chaque entreprise d'au moins 250 salariés est tenue de calculer et de publier tous les ans son indice d'égalité femmes-hommes. Une obligation qui s'applique aussi aux entreprises de 50 à 250 salariés depuis mars 2020.

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