Lorsque le vol 1549 d'US Airways a atterri dans le fleuve Hudson à New York, les 150 passagers ont survécu et l'événement a été surnommé le "Miracle de l'Hudson". Mais malgré ce succès, l'atterrissage d'un avion sur l'eau, appelé "amerrissage", peut s'avérer extrêmement dangereux. Cette procédure d'atterrissage d'urgence contrôlée est très rare, surtout sur les vols commerciaux.

Ci-dessous, une transcription de la vidéo.

Narrateur : Le 15 janvier 2009, le vol numéro 1549 d'US Airways s'est retrouvé au milieu d'un vol groupé d'oies noires, peu après son décollage de l'aéroport LaGuardia de New York. L'avion a perdu toute sa puissance motrice en survolant Manhattan. Ses options ? Tenter d'atterrir sur le fleuve Hudson ou s'écraser dans l'une des villes les plus denses des États-Unis.

Extrait : Je ne sais pas. Je crois qu'il a dit qu'il allait dans l'Hudson.

Narrateur : Grâce à des conditions claires, à un pilotage expert et à une intervention rapide des équipes d'urgence, les 150 passagers ont survécu. Vous avez peut-être déjà entendu cette histoire, mais ce n'est pas la première fois qu'un tel événement se produit. Et malgré ce succès, l'atterrissage d'un avion sur l'eau est extrêmement dangereux.

L'amerrissage est un atterrissage d'urgence contrôlé sur l'eau. Il peut être causé par presque n'importe quoi, mais c'est généralement dû à une panne moteur ou une panne d'essence. Les pilotes ne décident d'amerrir un avion que lorsqu'il n'y a pas de meilleure alternative. Malgré sa difficulté, les pilotes ne suivent pas de formation poussée sur l'amerrissage.

Chesley Sullenberger, le pilote du vol 1549 d'US Airways, a déclaré au Telegraph en 2018 : "La seule formation que nous avions reçue pour un amerrissage était la lecture de quelques paragraphes dans un manuel et une brève discussion en classe. 

Carolina Anderson : Vous ne pratiquez pas vraiment, pas même dans l'avion ou dans un simulateur, mais la plupart des compagnies aériennes le couvrent en formation. Mais ce n'est pas quelque chose qui est obligatoire pour tous les avions.

Narrateur : Voici Carolina Anderson. Elle est professeure agrégée de sciences aéronautiques à l'Embry-Riddle Aeronautical University. Anderson souligne qu'il est rare d'avoir à faire amerrir un avion. 

Carolina Anderson : Ce n'est pas quelque chose de très courant. Ça arrive plus souvent pour les petits avions, pas très souvent pour les gros avions de ligne.

Narrateur : Les avions sont habituellement testés à l'aide de simulations, plutôt qu'à partir de plans d'eau réels. L'avion doit flotter assez longtemps pour que les passagers puissent évacuer. Mais les pilotes n'ont pas seulement à se soucier de l'avion. Contrairement à l'atterrissage sur une piste, il y a beaucoup de variables qui échappent au contrôle du pilote.

La plus évidente est celle des vagues. Plus les vagues sont grosses, plus l'atterrissage est dangereux. Les pilotes essaient d'atterrir parallèlement aux vagues, plutôt qu'horizontalement, afin que les vagues ne fassent pas dévier l'avion, ce qui pourrait endommager l'appareil, blesser les passagers et rendre l'évacuation plus difficile. 

Comme en 1956, lorsque le vol 6 de la compagnie Pan Am a dû amerrir dans l'océan Pacifique entre Honolulu et San Francisco. À l'atterrissage, une aile a été heurtée par le remous, faisant pivoter l'avion de 180 degrés, endommageant l'avant et cassant l'arrière. Heureusement, tout le monde a survécu.

Lorsqu'ils amerrissent, les pilotes doivent garder les ailes à l'horizontale et maintenir un angle d'approche qui n'est pas trop raide pour éviter un impact violent. À l'intérieur de l'avion, on dit aux passagers de se préparer à l'impact. Et tout ce qui bouge dans la cabine doit être attaché. 

Un autre facteur important est la météo. Une météo claire donne au pilote un meilleur contrôle de l'avion et une visibilité accrue. Les pilotes prennent en compte toutes ces variables afin d'éviter que l'avion ne soit détruit. Si un avion se brise au moment de l'impact, il y a un risque énorme d'inondation.

Carolina Anderson : Vous ne flotterez pas très longtemps, et si vous amerrissez trop fort, les chances de le casser sont très élevées car l'eau va s'infiltrer et l'avion va commencer à couler. 

Narrateur : Et si un avion se renverse, l'inondation sera beaucoup plus rapide. 

Carolina Anderson : En gros, il faut amerrir le plus lentement et le plus doucement possible. Si l'avion a un train d'atterrissage rétractable, il faut que les roues soit rentrées et que les ailes soient complètement sorties. 

Narrateur : Si l'amerrissage est réussi, l'étape suivante consiste à faire descendre tout le monde de l'avion. Ce qui doit se faire rapidement, car l'Administration de l'aviation américaine exige que les avions soient évacués dans les 90 secondes.

Heureusement, les avions modernes sont équipés d'un ensemble de dispositifs de sécurité pour aider les passagers en cas d'amerrissage. Les avions commerciaux utilisent des radeaux et des dispositifs de flottaison comme des gilets de sauvetage. Ils sont également fournis avec des balises et des radios d'urgence. Les avions sont conçus de façon à ce qu'un amerrissage ne cause pas de dommages immédiats aux passagers. De nombreux décès liés à l'amerrissage sont dus à la noyade, et non à l'impact. 

Mais ne laissez pas cela vous décourager de prendre l'avion. Il est peu probable qu'il y ait des amerrissages forcés, surtout lors d'un vol commercial. Chaque fois que vous prenez l'avion, écoutez attentivement les consignes de sécurité. Et restez toujours calme.

Produit par Clancy Morgan/Business Insider

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