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Pourquoi et comment investir son argent dans le bitcoin et les cryptomonnaies

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Le prix du bitcoin a dépassé les 50 000 dollars le 16 février 2021. © MichaelWuensch/Pixabay
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Le bitcoin connaît un succès fou ces derniers mois. Jusqu'à franchir le seuil des 50 000 dollars le 16 février 2021. Et son cours pourrait continuer de grimper dans les mois et années à venir alors que de plus en plus d'acteurs "traditionnels", hors de la sphère des cryptomonnaies, s'intéressent à la monnaie numérique. Le constructeur de voitures électriques Tesla a récemment investi pas moins de 1,5 milliard de dollars en bitcoins. Mastercard, BNY Mellon, la plus vieille banque de Wall Street, ou encore le premier gérant de fonds au monde BlackRock ont annoncé des projets dans les cryptomonnaies ces dernières semaines.

Mais le bitcoin a véritablement entamé sa nouvelle folle ascension le 21 octobre 2020, après l'annonce du géant du paiement en ligne Paypal d'un service pour acheter, conserver et vendre des cryptomonnaies. Contrairement à fin 2017, où le bitcoin s'approchait pour la première fois des 20 000 dollars avant de voir son prix chuter, le cours de la monnaie virtuelle est cette fois-ci soutenu par de grandes entreprises. "L'arrivée d'institutionnels sur le marché, de fonds d'investissement et de retraite américains marque un tournant en 2020", estime Manuel Valente, directeur analyse et recherche chez Coinhouse.

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Des courtiers accessibles au grand public

L'avenir du bitcoin semble prometteur, bien que le risque d'éclatement d'une bulle existe toujours. Mais comment investir dedans pour les non-initiés ? En France, seuls sept acteurs sont agréés par l'Autorité des marchés financiers, qui a dressé une liste blanche des prestataires de services en actifs numériques (PSAN). Le premier à avoir obtenu l'agrément, en mars 2020, est le courtier Coinhouse, auparavant appelé Maison du Bitcoin. Les courtiers s'adressent aux néophytes et permettent d'acquérir en quelques clics des cryptomonnaies.

Coinhouse, acteur de référence dans l'Hexagone, accompagne et conseille ses clients. Le courtier prélève en échange d'importants frais. Parmi les acteurs agréés par l'AMF, figurent aussi Bitpanda et StackinSat, qui propose d'ouvrir un plan épargne bitcoin sur lequel réaliser un virement régulier depuis votre banque, de 10 euros par mois minimum. Quel que soit l'intermédiaire, il est possible d'acheter seulement une toute petite fraction d'un bitcoin, ce qui évite de devoir débourser 50 000 dollars (41 531 euros), le prix d'une unité de la monnaie numérique au 16 février.

Pour éviter les arnaques, fréquentes sur le bitcoin, il existe aussi une liste noire de l'AMF. Les particuliers ne doivent pas se laisser séduire par n'importe quel site, au risque sinon de ne jamais revoir leur argent. En outre, ils doivent systématiquement se méfier des frais cachés et privilégier les plateformes offrant le plus de transparence. Le site eToro, très apprécié des investisseurs en herbe, aurait par exemple des "frais cachés exorbitants", prévient la newsletter spécialisée 21 Millions de Capital.

Des plateformes d'échange réservées aux traders expérimentés

Il existe en outre des plateformes d'échanges très connues dans le milieu, comme celle d'origine chinoise Binance ou l'américaine Coinbase Pro. Ce sont des places de marché comme les Bourses, au fonctionnement complexe pour les non-initiés. "Les autorités n'ont pour le moment pas agi à l'encontre des plateformes de change étrangères, mais il est possible un jour que les banques françaises bloquent les virements depuis et vers les plateformes non agréées en France", prévient Manuel Valente.

L'interface de ces plateformes s'adresse dans tous les cas aux traders expérimentés. Elles présentent l'avantage de prélever peu de frais, dans la mesure où les investisseurs s'échangent directement des cryptomonnaies, sans passer par l'intermédiaire d'un courtier. Outre Binance et Coinbase Pro, Bitstamp, basée au Luxembourg, et Kraken, en Californie, font partie des plus importantes. La France en compte deux : Paymium et Zebitex, qui affichent en comparaison de très faibles volumes d'échanges.

Pour suivre facilement le cours des cryptomonnaies en temps réel, il existe des sites grand public comme CoinMarketCap ou CoinGecko.

Investir dans des entreprises du secteur

Investir dans les cryptomonnaies peut aussi prendre la forme d'un placement dans des entreprises spécialisées dans le secteur. Parmi elles, Nicolas Chéron, stratégiste marchés chez Zonebourse, cite par exemple Marathon Patent et Riot Blockchain aux États-Unis, deux sociétés cotées sur le marché du Nasdaq, spécialisées dans le minage de bitcoins et d'autres cryptomonnaies. Le minage est le procédé par lequel sont validées de manière sécurisée les transactions. Il nécessite une grande puissance de calcul.

De nombreuses études ont montré son caractère très énergivore. Des chercheurs de l'université de Cambridge ont par exemple calculé que le minage du bitcoin consommerait par an environ 116 térawatt-heure (TWh), soit plus que la consommation annuelle en électricité des Pays-Bas ou du Chili. Un impact environnemental à prendre en considération pour les particuliers qui souhaitent donner du sens à leur épargne.

Autre société évoluant dans le secteur : l'entreprise française The Blockchain Group, cotée à la Bourse de Paris, qui conseille les entrepreneurs sur la blockchain. Cette technologie, sur laquelle repose les cryptomonnaies, permet de conserver la trace des transactions, de manière décentralisée, sécurisée et transparente, sous la forme d'une chaîne de blocs.

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Enfin, il est possible de participer à des levées de fonds d'entreprises en cryptomonnaies, des ICO (initial coin offering). Les sociétés concernées émettent alors des "tokens", des jetons numériques échangeables contre des cryptomonnaies. Toutefois, la mode des ICO semble être retombée avec le cours du bitcoin ces deux dernières années. Mais dans la mesure où celui-ci va aujourd'hui de record en record, ce type d'opérations pourrait reprendre. Dans tous les cas, il faut s'assurer que les entreprises ont obtenu un visa de l'AMF avant d'acheter leurs jetons.

Prendre garde à la volatilité et diversifier son placement

Les cryptomonnaies restent des actifs financiers extrêmement volatiles. "Il est très difficile de faire des prévisions, des corrections restent possibles", avertit Julien Moretto, responsable du contenu chez Coinhouse. Autrement dit, le cours du bitcoin pourrait brusquement chuter comme poursuivre sa progression. L'attitude des régulateurs et des banques centrales à son égard pourraient avoir une forte incidence sur l'évolution de son prix. Comparé aux actions, les cycles sont en tout cas "beaucoup plus rapides", relève Julien Moretto.

C'est pourquoi il est indispensable d'envisager un investissement dans les cryptomonnaies sur le long terme. Le bitcoin est de loin l'actif qui a pris le plus de valeur en 10 ans. L'acheteur ne doit pas vendre au moindre soubresaut et apprendre à maîtriser ses émotions. "Comme pour n'importe quel argent placé en Bourse, les sommes investies doivent être de l'argent qu'on peut perdre et dont on n'a pas besoin à court terme", rappelle Nicolas Chéron. Il ne faut pas investir l'intégralité de ses économies. "Une poche de 1% à 5% de son épargne" peut y être consacrée, selon le niveau de risque qu'on est prêt à prendre.

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En outre, il est judicieux de diversifier son placement pour limiter le risque, en investissant son argent pas uniquement en bitcoin, mais aussi dans d'autres cryptomonnaies. Parmi elles, l'Ethereum apparaît particulièrement intéressante, alors que de nombreux projets sont en cours sur cette blockchain. Il existe des milliers de projets dans le monde des cryptoactifs, dont la plupart restent sans garantie et pourraient s'effondrer à l'avenir.

Nicolas Chéron conseille donc un investissement constitué essentiellement de bitcoin (environ 65%), puis d'Ethereum (25%) et d'une troisième cryptomonnaie, qui pourrait par exemple être le Tether ou le Polkadot.

Le bitcoin domine largement l'univers des cryptomonnaies. Statista

Comme le montre le graphique de Statista (ci-dessus), la capitalisation boursière des cryptomonnaies s'élèvent au total à 1 500 milliards de dollars au 16 février, dont 914 milliards rien que pour le bitcoin et 204 milliards pour l'Ethereum.

Le bitcoin est devenu aujourd'hui un support d'investissement alternatif. "On parle même d'or numérique, c'est pour certains une valeur refuge", relève Simon Polrot, président de l'association Adan, rassemblant les professionnels des actifs numériques en France. "Il attire des investisseurs qui espèrent ainsi se prémunir des risques liés à la dévaluation des monnaies et à l'inflation." Reste que personne ne peut prédire comment évoluera le cours du bitcoin et des autres cryptomonnaies, qui restent donc des placements très risqués.

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