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Pourquoi Fiat Chrysler semble être le meilleur candidat à une nouvelle acquisition de PSA


PSA sort d'une année 2018 record. Le groupe automobile a notamment profité de l'acquisition du constructeur allemand Opel qui lui a permis de doper ses ventes. Le chiffre d'affaires a ainsi grimpé de 18,9%, pour un nombre total de 3,88 millions de véhicules écoulés à travers le monde. Les synergies entre les deux groupes ont, semble-t-il, bien fonctionné dans la mesure où le bénéfice opérationnel a également décollé de 43%. Cette réussite pourrait donc ouvrir la voie à de nouvelles acquisitions de PSA Peugeot Citroën.

Le patron de la société, Carlos Tavares, reste effectivement à l'affût de nouvelles opportunités. "Tout est ouvert, si on gagne de l'argent, on peut rester maître de son avenir, on peut rêver de tout", a-il déclaré lors du salon de l'automobile de Genève début mars, rapporte Reuters. La famille Peugeot va dans le sens du président de PSA. "Nous avons soutenu dès le départ le projet Opel. Si une autre occasion se présente, ce n'est pas nous qui freinerons. Carlos le sait", a assuré Robert Peugeot aux Echos ce mardi. Entre la holding FFP et EFP (Établissements Peugeot Frères), la famille Peugeot possède 12,23 % du capital du groupe, comme Bpifrance et le chinois Dongfeng.

Dans le viseur, se trouve notamment Fiat Chrysler Automobiles (FCA). La proximité géographique du constructeur italien Fiat pourrait faciliter un rapprochement. Et Chrysler permettrait à PSA de remettre un pied aux Etats-Unis, près de 30 ans après s'être retiré de ce marché en raison de très mauvaises ventes. L'ancien administrateur délégué de Fiat, Sergio Marchionne, décédé l'an passé, plaidait depuis plusieurs années pour une consolidation dans le secteur automobile.

Toutefois, Carlos Tavares affirmait aux Echos en juillet dernier que les actionnaires de Fiat Chrysler s'étaient prononcés "à plusieurs reprises sur le fait que PSA n'est pas le bon partenaire potentiel pour eux".

Réduire les coûts pour les voitures de demain

Reste que pour une fusion, FCA semble plus approprié que le constructeur américain General Motors (GM), évoqué par des observateurs du secteur, ne serait-ce qu'en raison du poids en Bourse de PSA et de Fiat Chrysler, tous deux autour de 20 milliards d'euros de capitalisation quand GM affiche une capitalisation boursière proche de 47 milliards d'euros.

De plus, un constructeur comme Fiat Chrysler pourrait tirer partie d'un rapprochement avec un autre groupe automobile pour réaliser des synergies et des économies d'échelle. "Atteindre une taille critique permet de mieux amortir les coûts, notamment face aux nouvelles normes anti-pollutions, pour investir dans la voiture électrique, la voiture autonome et se maintenir dans des pays en développement comme en Afrique", souligne Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. Pour supporter plus facilement les coûts, il faut selon lui atteindre les 8 à 10 millions de voitures vendues par an, comme c'est déjà le cas de certains constructeurs, à l'image de Volkswagen ou de l'alliance Renault-Nissan.

Il met toutefois en garde face à d'éventuelles nouvelles fusions ou acquisitions de PSA. "Il faut garder en tête qu'une fusion, c'est très compliqué. Il y a plus de chances que cela rate que cela ne réussisse. Les synergies sont difficiles, comme faire travailler ensemble des ingénieurs issus de cultures différentes." Un rapprochement avec l'européen Fiat pourrait néanmoins permettre d'éviter des différences culturelles trop importantes.

Les enjeux financiers demeurent toutefois colossaux lors de fusions entre grands constructeurs automobiles. Une alliance de circonstance, comme celle entre BMW et Daimler dans la voiture autonome, annoncée fin février, pourrait limiter les risques.

Business Insider
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