Pourquoi il est si important de chercher la vie sur d'autres planètes que la Terre

Une illustration d'artiste de planètes de la taille de la Terre. NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (SSC-Caltech)

Sommes-nous seuls dans l'univers ? C'est entre autres pour répondre à cette question que les agences spatiales envoient des rovers et des humains pour explorer l'espace et tenter de trouver une planète qui abriterait des formes de vie intelligentes. Depuis son lancement en avril 2018, le télescope spatial TESS de la NASA, dédié à la chasse aux exoplanètes, a découvert plusieurs nouveaux mondes dont certains situés dans la zone dite "habitable". Cela signifie tout simplement que l'exoplanète se trouve à une distance ni trop proche ni trop éloignée de son étoile pour réunir les conditions nécessaires pour permettre la présence d'eau liquide à sa surface.

En marge de la conférence de rentrée du directeur général de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui s'est tenue à Paris le 15 janvier 2020, Guenther Hasinger, directeur du programme scientifique de l'ESA a expliqué pourquoi il était si important de chercher la vie sur d'autres planètes que la Terre, estimant qu'il y avait "aussi un aspect philosophique" dans cette quête. "Si nous pouvons vraiment identifier la vie ailleurs que sur Terre, tout d'un coup, les humains auront une perspective complètement différente sur leur propre vie. Les querelles que nous avons ne seront pas si importantes si une seconde planète abritant la vie existait vraiment."

Et d'ajouter : "nous avons déjà vécu quelque chose de semblable lorsque les astronautes sont sortis de l'atmosphère terrestre pour la première fois et ont regardé la Terre dans son ensemble. Tout d'un coup, notre perspective a changé et nous avons réalisé que nous sommes tous à bord d'un seul et même bateau." 

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Le directeur de la science de l'ESA fait référence au fameux "overview effect", qui correspond à l'impression que fait la vision de la Terre dans son intégralité depuis l'espace. L'astronaute français Jean-François Clervoy, qui a participé à trois vols spatiaux dans la navette américaine en 1994, 1997 et 1999, a décrit l"'overview effect" lors d'une interview filmée de Sciences et Avenir : "c'est extrêmement émouvant. C'est une expérience sensorielle, émotionnelle, intellectuelle et même presque je dirais spirituelle, extraordinaire, qui nous bouleverse à vie." L'astronaute français Thomas Pesquet, qui a effectué une mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS) entre novembre 2016 et juin 2017, a quant à lui encore plus pris conscience de la nécessité de protéger la planète, des conséquences du réchauffement climatique et de la pollution humaine, a-t-il confié au micro d'Europe 1.

Guenther Hasinger a avancé que si l'on découvre que la vie existe ailleurs que sur Terre, "cela aura un impact énorme sur la société, la politique, la sociologie... C'est une sorte de super 'overview effect', parce que tout d'un coup, la Terre va apparaître comme un point minuscule. Ça peut être comparé à une révolution copernicienne, parce que la Révolution Copernicienne s'est surtout passée dans l'esprit des gens, ce fut un changement de perspective et un changement de paradigme".

La vie extraterrestre est peut-être déjà 'dans nos veines'

L'ancien directeur de l'Institut d'Astronomie à l'Université de Hawaï a admis que les formes de vie que l'on pourrait trouver sur d'autres planètes pourraient être totalement différentes par rapport à la définition de la vie telle qu'on l'entend sur Terre. Car il est vrai que "nous regardons les choses d'un point de vue terrien, mais nous savons que l'univers est beaucoup plus complexe et beaucoup plus grand ou beaucoup plus petit. Quand les gens demandent où se trouvent les différentes formes de vie extraterrestres, peut-être qu'elles sont en fait dans nos veines, peut-être qu'elles font partie des microbes que nous portons dans notre corps et qui pourraient en fait venir d'autres étoiles."

Guenther Hasinger a enfin estimé que "notre vision de la vie a changé tandis que nous recherchons des traces de vie sur d'autres planètes. Sur Terre, nous avons trouvé des scénarios de vie complètement différents de ceux que nous avions anticipés au départ. Par exemple, en forant sous la surface de la Terre, nous avons trouvé plus de biomasse qu'au-dessus de la surface. Cela nous dit que si nous voulons trouver de la vie sur d'autres planètes, nous devons forer et creuser profondément."

C'est pourquoi la planète Mars et les lunes glacées de Jupiter sont si intéressantes à étudier. L'ESA devrait d'ailleurs lancer la mission JUICE (JUpiter ICy moons Explorer) pour étudier Jupiter et ses trois plus grosses lunes Ganymède, Callisto et Europe en 2022 pour une arrivée vers Jupiter en 2029.

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