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Pourquoi l'Australie a choisi des sous-marins nucléaires américains plutôt que les français

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Pourquoi l'Australie a choisi des sous-marins nucléaires américains plutôt que les français
Un sous-marin nucléaire d'attaque américain en 2013. Cette technologie les rend plus rapide et évite de remonter trop souvent à la surface pour se ravitailler. © Wikimedia Commons / MC1 Jason J. Perry
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L'Australie n'a pas fait qu'un choix technologique mais aussi stratégique en choisissant les Etats-Unis. Le Premier ministre australien Scott Morrison a confirmé ce jeudi 16 septembre la rupture du gigantesque contrat conclu en 2016 avec la France à hauteur de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d'euros), pour la fourniture de sous-marins conventionnels. Canberra préfère finalement construire des sous-marins à propulsion nucléaire à l'aide de technologies américaines et britanniques.

L'Australie dispose déjà d'une flotte de sous-marins, connus sous le nom de classe Collins, mais leurs technologies datent de plus de 20 ans. Depuis plus d'une décennie, Canberra cherche à la moderniser sa flotte face à la menace chinoise. En 2016, le pays avait conclu un accord de plusieurs années avec un Naval, un constructeur français pour la livraison de 12 nouveaux sous-marins diesel-électriques. Mais le programme a connu des retards et des problèmes de budget. L'Australie qui aurait reçu au final des sous-marins performants mais conventionnels, a préféré se tourner vers ses alliés historiques pour des bâtiments encore plus moderne.

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Des sous-marins plus rapides et plus armés

Ouest-France indique que les Etats-Unis, accompagnés du Royaume-Uni, ont promis huit sous-marin nucléaire d’attaque de type Virginia qui peuvent emporter 37 armes (contre 28 pour le Shortfin français) : des torpilles, des missiles anti-navires et des Tomahawks, capables de détruire une piste d’aviation à plusieurs milliers de kilomètres. Le sous-marin à propulsion conventionnelle (diesel/électrique) n'a pas la même portée. La France, ironiquement, détient aussi la technologie de propulsion nucléaire mais l'accord de 2016 s'est concentré sur une flotte conventionnelle indique le média australien Crikey.

Les sous-marins acquis par l'Australie ne seront pas dotés d'armes nucléaires, mais ils seront équipés de réacteurs nucléaires. Cela leur confère un avantage considérable par rapport aux sous-marins classiques, car ils sont nettement plus rapides, plus silencieux, et doivent remonter à la surface moins souvent pour se ravitailler, explique ABC news, une chaine de télévision australienne.

Les sous-marins à propulsion nucléaire permettraient donc à la marine australienne de patrouiller plus longtemps et surveiller discrètement cette région indo-pacifique où la Chine veut régner. Le média spécialisé Mer et Marine explique que pour les Etats-Unis, une puissance renforcée de l'Australie, avantagent leur position au large du Japon, à Hawaii et de l’autre côté de la zone indo-pacifique jusqu'au Moyen-Orient, où l’Australie est également très bien positionnée géographiquement. Washington et Canberra consolident ainsi leurs forces pour contenir l'expansionnisme de Pékin dans cette zone.

Mais une partie de la classe politique australienne s'inquiète pour la sécurité de ces réacteurs nucléaires. Le leader du parti écologiste, Adam Bandt, a qualifié ces sous-marins de "Tchernobyls flottants" et a déclaré que son parti s'opposerait avec véhémence au nouveau partenariat. "La gestion des déchets, l'élimination du sous-marin à la fin de sa vie, toutes ces questions feront l'objet d'un dialogue avec nos partenaires américains et britanniques", a déclaré Greg Moriarty, le ministère de la défense australien, rappelle ABC. La France est désormais en froid avec le bloc américain au moment où les relations se tendent à travers le monde.

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