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Pourquoi le prix de l'essence pourrait bientôt flamber à la pompe

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L'absence d'un accord à l'OPEP pourrait avoir des conséquences négatives sur les prix à la pompe en France. © Unsplash/Precious Madubuike
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Les désaccords actuels des pays exportateurs de pétrole pourraient avoir des conséquences à terme pour les consommateurs français. Comme l'explique Le Monde, depuis quatre jours, de nombreuses réunions ont lieu entre les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Une visioconférence devait réunir tous ses membres, ainsi que dix autres producteurs dont la Russie, ce lundi 5 juillet. Mais des tensions entre l'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) ont entraîné le report de ce sommet, sans plus de précisions quant à une nouvelle date.

Baptisé "OPEP +", ce cartel de pays, organisé de manière informelle, devait fixer la date à laquelle le niveau de production serait de nouveau à son niveau d'avant la crise liée à la pandémie de Covid-19. Actuellement fixée à avril 2022, un report à fin 2022 était évoqué dans le cadre de la préparation de ces réunions. Mais le point d'achoppement principal porte sur le volume de pétrole brut qui doit être remis sur le marché entre les mois d'août et de décembre pour soutenir la reprise mondiale.

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Le cartel mené par la Russie et l'Arabie Saoudite avait réduit sa production journalière de 10 millions de baril à compter de mai 2020, au plus fort de la crise, avant de prévoir une hausse de 400 000 barils de plus quotidiennement entre août et septembre, soit 2 millions de barils remis sur le marché fin 2021.

Une décision que les Émirats arabes unis, faisant cavalier seuls, refusent. Ils estiment en effet que de leur côté, leur capacité de production est de 3,8 millions de barils, et non 3,2 millions comme décidé en 2018. Elle demande donc de son côté de pouvoir exporter chaque jour 600 000 barils de plus.

'Il y a de fortes chances pour que le prix du baril atteigne 100 dollars'

Ce différend a eu pour conséquence directe la hausse des cours du pétrole à la clôture lundi 5 juillet au soir : + 1,30% pour le brent de la Mer du Nord et + 1,60% pour la WTI américain. Si elles se poursuivent, ces hausses pourraient à terme avoir des conséquences sur les prix à la pompe. "Il y a de fortes chances que le prix du baril atteigne 100 dollars", expliquait ainsi le 23 juin dernier le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, comme le rapporte Le Monde. Avant de nuancer : "mais nous pourrions aussi revoir dans les années à venir des niveaux plus bas, car nous sommes habitués à la volatilité."

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Si les prix du pétrole augmentent, comme craint suite à l'échec des discussions du cartel de l'OPEP +, les prix à la pompe de l'essence pourraient passer à la hausse partout dans le monde. Mais ce n'est heureusement pas le seul composant du prix final. "Le prix du pétrole a un impact d'environ 30% sur le prix à la pompe", expliquait ainsi Benjamin Louvet, spécialiste des matières premières chez le gérant de fond Ofi à Business Insider France en 2019. Le reste du prix final comprend le coût du raffinage et de la distribution, mais aussi les taxes sur le carburant.

"Quand vous payez 1,50 euro sur un litre d'essence, vous avez à peu près 50 centimes de matières premières, de raffinage et de distribution", précisait aussi à l'époque le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), Francis Duseux. Même si une hausse des prix du pétrole ne se répercute donc pas intégralement sur le prix à la pompe, l'avenir semble donc s'assombrir. Sur un sujet hautement inflammable dans le quotidien des Français, comme la crise des Gilets Jaunes l'avait montré fin 2019.

Mise à jour (jeudi 8 juillet 2021) — Après avoir atteint des sommets depuis plusieurs années, les cours du pétrole ont chuté mardi 6 juillet à la clôture (- 3,40% pour le Brent de la Mer du Nord, - 2,38% pour le baril WTI). Si dans un premier temps l'absence d'accord entre pays de l'OPEP + avait fait augmenter le cours, la crainte que ces prix à la hausse entraînent une augmentation de la production d'autres pays a fait chuter les cours. La volatilité importante du cours du pétrole ne laisse pas présager de l'avenir.

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