Pourquoi le rachat de Fitbit par Google peut aussi poser des problèmes au géant de la tech

Hollis Johnson/Business Insider

Google et Fitbit ont annoncé en fin de semaine dernière que le géant de la recherche en ligne allait acquérir le fabricant de montres connectées pour environ 2,1 milliards de dollars. L'acquisition de Fitbit par Google renforcera sa présence sur le marché dit des "wearables" — produits électroniques que l'on porte sur soi (montres, bracelets, écouteurs, etc.) — un marché dont elle a été largement absente en comparaison avec Apple et Fitbit. Google exploite déjà un système d'exploitation pour montres connectées appelée Wear OS et utilisées par des entreprises comme Fossil, Kate Spade, Misfit. D'autres horlogers l'ont utilisé pour leurs montres, mais ce n'est pas un produit phare de Google comme peuvent l'être ses smartphones Pixel et ordinateurs portables Pixelbook.

L'acquisition de Fitbit signifie maintenant que l'une des marques de montres intelligentes les plus populaires au monde fait partie du portefeuille de Google, bien qu'on ne sait pas encore si Fitbit fonctionnera indépendamment ou si le nom de Google sera accolé aux futurs produits. Ce rachat intervient alors que Google fait l'objet d'un examen minutieux des législateurs, préoccupés par la taille et la puissance de l'entreprise, à l'instar de Facebook, Apple et Amazon.

Google est déjà à l'origine du système d'exploitation sur mobile la plus populaire au monde : Android. Son logiciel est présent sur 87% des smartphones dans le monde, selon l'International Data Corporation. Android revendique également 58,7% d'utilisation de son navigateur web Chrome, selon W3Counter, un site web qui surveille les sources de trafic sur internet.

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Avec Fitbit, Google ne pourra plus minimiser les préoccupations sur sa puissance

Avec l'intégration de Fitbit dans l'entreprise, Google détient désormais une part importante du marché des wearables. Fitbit est le deuxième fabricant de montres connectées aux Etats-Unis, avec 24,1% du marché au deuxième trimestre 2019, selon Canalys. C'est également le troisième plus grand fournisseur mondial de ce marché, derrière Apple et Samsung selon Strategy Analytics, avec 9,8% du marché mondial au deuxième trimestre 2019. Ce rachat fait donc passer Google du statut de petit joueur dans l'industrie des objets connectés que l'on porte à l'une des plus grandes marques du monde.

Ce changement signifie également que les données de santé que les utilisateurs de Fitbit ont partagées avec l'entreprise au fil des ans appartiennent désormais à Google. Cela peut inclure le recueil de données créées par les utilisateurs de Fitbit depuis des années pour suivre leur nutrition, leur poids et leur sommeil, ainsi que des informations partagées pour créer un compte Fitbit, comme la date de naissance, la taille, le genre et les adresses e-mail. Google a déclaré qu'il n'utilisera pas les données de santé et de bien-être Fitbit pour le ciblage publicitaire, ajoutant qu'il donnera aux utilisateurs Fitbit la possibilité d'examiner, déplacer et supprimer leurs données.

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La forte expansion de Google sur le marché des dispositifs de santé portables et connectés s'inscrit dans un contexte où les entreprises technologiques deviennent trop puissantes et peuvent entraver l'innovation. En juillet, les législateurs ont interrogé des dirigeants de Google, Facebook, Amazon et Apple sur la taille et l'influence de leurs entreprises, indiquant qu'Internet est devenu " de plus en plus concentré, moins ouvert et de plus en plus hostile à l'innovation et à l'entrepreneuriat ".

Le ministère américain de la Justice a également annoncé en juillet qu'il examinera si les principales plateformes en ligne adoptent des pratiques anti-concurrentielles. Le communiqué de presse annonçant l'enquête n'a pas donné le nom des entreprises, mais a mentionné qu'il faudra examiner les secteurs de la recherche en ligne, des médias sociaux et de la distribution — suggérant que des entreprises comme Google, Facebook et Amazon seraient au coeur de l'enquête.

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren a également proposé en mars un plan d'ensemble pour réglementer les grandes entreprises de technologie et d'annuler certaines fusions, comme celle d'Instagram et de WhatsApp avec Facebook. L'acquisition de Fitbit par Google ne fera probablement qu'alimenter cet examen minutieux et pourrait rendre plus difficile pour le géant de la recherche le fait de minimiser de telles préoccupations à l'avenir.

Version originale : Lisa Eadicicco/Business Insider

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