Olivier Goy, fondateur et président du directoire, Marc Sebag, directeur du crédit et Patrick de Nonneville, COO de Lendix. Lendix

La plateforme de prêts aux entreprises Lendix — l'une des fintechs françaises les plus en vue ces dernières années — annonce l'ouverture de bureaux dans deux nouveaux pays: en Allemagne et aux Pays-Bas.

Cette expansion géographique doit l'amener à devenir l'un des leaders du marché européen. 

Actuellement, le prêt moyen accordé par Lendix — soutenue par 11.000 investisseurs individuels actifs et plusieurs grands comptes (CNP, Bpifrance, Groupama, Matmut, Eiffel investment group, European investment fund) — se monte à 400.000 euros, pour des crédits de 30.000 euros à 5 millions d'euros, sur des durées qui vont de trois mois à sept ans.

Mais son fondateur Olivier Goy n'attend qu'une chose: que ce montant baisse. En effet, une diminution de ce ratio financier signifierait que Lendix est parvenue à toucher sa cible: les TPE, petits commerçants et artisans, à l'instar des boulangers, aux besoins financiers plus limités qu'un groupe comme Reworld Media qui s'apprête à obtenir sur Lendix un prêt de 5 millions d'euros avec un versement en deux temps.

Pour y parvenir, la startup fondée en 2014 va devoir leur prouver qu'ils ont tout intérêt à abandonner leur intermédiaire traditionnel, leur agence bancaire locale, notamment celles des groupes mutualistes.

"A la différence de PME ou ETI avec des directions financières, ces boulangers et petits commerçants sont très compliqués à toucher et donc ils sont moins informés sur l'existence du financement participatif, pour acheter une machine par exemple. Nous avons un énorme effort d'évangélisation à faire sur un marché où les banques ont le monopole", explique Olivier Goy, passé par Partech Ventures et qui présida la société d'investissement 123IM.

Concrètement, en France, trois commerciaux passent trois jours sur cinq en régions afin de mener des actions de marketing de proximité, ayant pour but de sensibiliser les entreprises  au crowdfunding.

Outre ces actions ciblées, Lendix mise sur sa plateforme technologique. En résumé, la société est capable en quelque secondes de comparer les données de deux entreprises similaires et de noter le profil de l'emprunteur pour ensuite définir les conditions d'emprunt — une rapidité de décision à laquelle les banques ne sont pas habituées.

Lendix se compare volontiers à la britannique Funding Circle qui est en passe de mener une IPO de 1,1 milliard d'euros. Même si elle est encore loin de son homologue anglaise — 150 millions d'euros prêtés contre 4 milliards pour Funding Circle — la startup marche sur ses pas, estime Olivier Goy.

"On nous disait au départ que ce serait impossible d'avoir cette activité en Europe car les PME n'étaient pas prêtes. Quatre ans plus tard, on  remarque que nous sommes sur la même trajectoire que Funding Circle. Ça nous semble raisonnable de nous comparer car ils ont réalisé leur croissance sur un marché de taille équivalente mais avec des taux de pénétration différents."

En Allemagne et aux Pays-Bas, les deux entreprises deviennent désormais des rivales.

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