Pourquoi les étudiantes doivent s'emparer de l'intelligence artificielle en urgence

Des lycéennes d'écoles de filles à Londres, le 5 mars 2019. REUTERS/Peter Nicholls

Une étude du Georgia Institute of Technology, qui met en avant le fait que les voitures autonomes détecteraient moins bien les piétons à la peau foncée,  vient de le prouver une nouvelle fois : l'intelligence artificielle n'est pas infaillible et contient de nombreux biais. Et si rien ne change dans la manière de concevoir les modèles mathématiques derrière cette technologie, ce sont des populations entières — femmes et minorités ethniques en premier lieu — qui pourraient en subir les préjudices.

C'est en tout cas le point de vue de nombreuses et nombreux lanceurs d'alertes, issus et/ou travaillant avec cette technologie. "Il y a une urgence. Il ne faut pas que les algorithmes qui vont orienter 90% de nos actions soient écrits par des hommes", a affirmé Caroline Lair, account executive au sein de la startup d'assistant vocal Snips, à l'occasion d'une rencontre avec quelques journalistes au Hub Bpifrance ce jeudi 7 mars 2019. "Pour que ces algorithmes soient justes et équilibrés, il faut que les femmes viennent", renchérit Cécile Morel, global key account specialist chez Cenareo.

Selon l'étude Gender Scan de Global Contact, en 2017, la proportion de filles qui s'orientent vers les formations high tech chute ou stagne en France, à des niveaux très bas : 13% en 2015 en sciences de l'ingénieur en terminale, 8% en IUT informatique, 7% en informatique/traitement des données.

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Dans leur livre "L'Intelligence artificielle, pas sans elles !", les docteures en sciences Aude Bernheim et Flora Vincent défendent l'idée qu'il ne faut pas attendre le recrutement en entreprise pour changer les mentalités mais agir lors du parcours scolaire. "Dans les écoles d'informatique et de mathématiques, des modules spécifiques sur "encoder l'égalité" changeraient les regards", disent-elles dans le journal Le Monde.

C'est aussi ce que pense Caroline Lair, également cofondatrice de l'association Women in AI, qui incite les femmes à rejoindre le secteur des IA, par de multiples actions dont des rencontres dans les collèges et lycées. "Il faut aller chercher ces jeunes filles, leur donner confiance. A 15-16 ans, on ne les a pas encore perdues. On leur dit que pour bosser dans l'IA, il ne faut pas forcément savoir coder mais comprendre ce qui se passe. C'est la formation d'une ingénieure."

Il semble que les choses commencent à bouger en France. Citons, à titre d'exemples non exhaustifs, l'école d'informatique 42 qui dit avoir enregistré près de 30% de femmes aux sélections de février, le Wagon avec des promos composées à 30% de femmes ou l'ouverture d'une nouvelle école de code et de création technologique Ada School qui devrait voir le jour en septembre, avec le soutien de Station F, l'incubateur The Family et la Région Ile-de-France.

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