Pourquoi les ultra riches ne trouvent plus de pilotes pour leurs jets privés

Les pilotes sont de plus en plus nombreux à préférer travailler dans des compagnies aériennes plutôt que pour des propriétaires particuliers de jets privés. Unsplash/Blake Guidry

Lorsque les riches veulent se faire plaisir, ils s'achètent une nouvelle voiture. Les ultra riches, eux, s'achètent un jet privé. Véritable symbole du luxe, posséder son propre avion ne suffit pas pour autant à assouvir les caprices des multi-millionnaires, encore faut-il trouver quelqu'un pour le faire décoller. Et cela s'avère désormais compliqué, car les pilotes seraient de moins en moins nombreux à accepter de faire voler les jets. Comme le révèle The Independent, le secteur de l'aviation privée se dirigerait vers une pénurie de pilotes, qui préfèrent travailler pour des compagnies aériennes commerciales que pour des particuliers. 

En plus d'un salaire souvent plus important, les pilotes de ligne bénéficient surtout de conditions de travail plus stables, notamment pour leur planning. Les pilotes privés, eux, doivent se rendre disponibles dans l'heure quand le propriétaire du jet décide, parfois sur un coup de tête, d'aller quelque part. Ils partent alors en déplacement pour des durées indéfinies, pouvant aller jusqu'à plusieurs semaines, une contrainte qui laisse peu de place à une vie de famille et une vie sociale. Cette instabilité professionnelle ne concerne pas seulement l'emploi du temps, les protections salariales sont aussi plus avantageuses pour les pilotes de ligne que pour les privés, ces derniers risquant de perdre leur emploi si leur employeur décide de vendre son avion. 

À lire aussi - D'Elon Musk à Bill Gates, ces milliardaires de la tech possèdent des jet privés

Selon The Independent, il faudrait 5 000 nouveaux pilotes privés par an pendant les vingt prochaines années pour répondre à la demande croissante des propriétaires de jets. L'objectif semble difficilement atteignable. Oliver Stone, directeur de l'entreprise de revente de jets privés Company Colibri, a déclaré à The Independent que "le secteur de l'aviation d'affaires a du mal à concurrencer les compagnies aériennes dans le recrutement des pilotes." Il a ajouté que ce problème avait un impact grandissant sur la vente de certains jets, et que cela ne devrait pas aller en s’améliorant.

De leur côté, les compagnies aériennes commerciales continuent de se développer et d'attirer de nouveaux pilotes dans leurs rangs, notamment avec l'essor du low-cost. D'ici quelques années, certains ultra riches pourraient donc bien se retrouver obligés de délaisser leurs jets privés pour les premières classes des avions de ligne. Une bonne nouvelle pour les pilotes, qui bénéficieraient de meilleures conditions de travail, et pour la planète, à qui on épargnerait quelques milliers de tonnes de CO2.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : J'ai volé à bord d'un jet privé à 16 M€, et le retour à la vie normale a été un peu difficile

VIDEO: Pourquoi la vanille coûte si cher