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Pourquoi vous allez entendre de plus en plus parler des trous noirs à l'avenir


En avril 2019, l'équipe international du projet Event Horizon Telescope a dévoilé la première image jamais prise d'un trou noir ou plus exactement de son ombre, autrement appelé "silhouette". En effet, le trou noir ne permet pas à la lumière de s'échapper, ce qui rend cette masse presque invisible. Cette image du trou noir M87 a été réalisée à l'aide de données d'observation capturées depuis avril 2017 par un réseau mondial de télescopes constituant le plus grand télescope au monde virtuel. Voir à quoi ressemblait un trou noir a rendu la chose plus concrète, moins théorique, pour le grand public.

Guenther Hasinger, directeur du programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA) a avancé à Business Insider France que l'on va sûrement entendre parler de plus en plus des trous noirs à l'avenir. "Lorsque vous regardez le nombre de citations sur les trous noirs primordiaux [ndlr : créés juste après le Big Bang], ainsi que le nombre d'études les concernant, ça a monté en flèche. C'est un sujet, comme les exoplanètes, qui va prendre de plus en plus d'importance à l'avenir." Pas étonnant que le prix Nobel de physique 2019 a été attribué pour moitié à l'Américain James Peebles pour ses "découvertes théoriques en cosmologie physique", tandis que l'autre moitié est revenue conjointement aux astronomes suisses Michel Mayor et Didier Queloz pour "la découverte d'une exoplanète qui orbite autour d'une étoile du type solaire."

L'ancien directeur de l'Institut d'Astronomie à l'Université de Hawaï a expliqué pourquoi il était primordial d'en savoir plus sur les trous noirs : "nous ne comprenons pas ce qu'est la matière noire [ndlr : également appelée matière sombre], nous ne comprenons pas ce qu'est l'énergie noire, nous ne comprenons pas ce que sont les trous noirs, donc finalement, nous ne comprenons pas pourquoi nous existons en premier lieu". Et d'ajouter : "il existe différentes possibilités qui sont actuellement discutées par les scientifiques. L'une des hypothèses serait que les trous noirs primordiaux pourraient avoir créé la matière sombre, l'asymétrie matière-antimatière dans l'univers observable [ndlr : l'excès de matière par rapport à l'antimatière qui demeure l'un des plus grandes interrogations non-résolues de la physique], donc finalement nous." L'étude des trous noirs aurait donc des répercussions sur d'autres questions majeures concernant notre univers.

A lire aussi — La NASA a découvert une exoplanète qui fait presque la taille de la Terre dans la zone dite 'habitable' de son étoile

Les missions européennes Euclid, Athena et Lisa devraient permettre d'en savoir plus

Plusieurs missions spatiales vont permettre de creuser ces sujets comme la mission européenne Euclid prévue pour 2022, dont les observations devraient contribuer à déterminer l'origine de l'accélération de l'expansion de l'univers et à mieux comprendre ce que sont l'énergie sombre et la matière sombre. Par ailleurs, deux autres missions, baptisées ATHENA et LISA, devraient permettre de "voir les trous noirs sous une toute autre lumière", a indiqué Guenther Hasinger. La mission ATHENA, développée par l'ESA, la NASA et l'agence spatiale japonaise JAXA, consiste à déployer un télescope à rayons X pour répondre à deux questions importantes d'astrophysique : "Comment de la matière ordinaire s'assemble pour donner les structures de grande ampleur que l'on observe aujourd'hui ?" et "Comment les trous noirs grossissent et forment l'univers ?".

La mission LISA, issue d'une collaboration entre l'ESA et la NASA, devrait permettre de détecter des ondes gravitationnelles de basse fréquence comme celles qui sont libérées lorsque deux trous noirs supermassifs entrent en collision lors d'une fusion de galaxies. "LISA sera la première mission de ce genre", a expliqué sur le site de l'ESA Paul McNamara, scientifique chargé de l'étude de la mission LISA à l'ESA.

Quoi qu'il en soit, la première image d'un trou ne sera sûrement pas la seule. Frédéric Vincent, spécialiste du trou noir Sagittarius A* et chercheur CNRS à l'Observatoire de Paris, avait affirmé à Business Insider France qu'"il y aura sûrement d'autres images de plus en plus nettes à l'avenir."

Selon Guenther Hasinger, le second sujet avec les trous noirs qui va prendre de l'ampleur à l'avenir concerne les exoplanètes et la possibilité de trouver un jour une planète semblable à la Terre où des formes de vie seraient présentes.

Business Insider
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