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Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des finances. Flickr.com/Valerij Ledenev

A cinq jours du second tour de la présidentielle qui opposera Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les regards se tournent vers les potentiels abstentionnistes et indécis, qui pourraient faire pencher la balance pour l'un ou pour l'autre.

Dans une tribune publiée dans Le Monde ce mardi 2 mai 2017, Yanis Varoufakis, ancien ministre grec des finances dans le gouvernement d'Alexis Tsípras, a réitéré son soutien à Emmanuel Macron en déclarant:

"Je refuse de faire partie d'une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Marine Le Pen de gagner la présidence française mais ne l'ont pas fait".

Mais l'ancien ministre grec des finances appelle également à voter pour Emmanuel Macron pour une autre raison. En 2015, le candidat d'En Marche!, alors ministre de l'Economie dans le gouvernement de François Hollande, été le seul ministre français à vouloir "sauver la Grèce", a-t-il affirmé dans sa tribune.

Lors de la crise grecque, il "m'a révélé un côté de lui que peu de progressistes connaissent", a confié Yanis Varoufakis:

"Alors que la troïka des créanciers de la Grèce et le gouvernement de Berlin étranglaient les tentatives de notre gouvernement de gauche nouvellement élu pour libérer la Grèce du carcan de sa dette, Macron a été le seul ministre d'Etat en Europe à faire tout son possible pour nous aider. Et il l'a fait en prenant un risque politique personnel."

Dans cette tribune, Yanis Varoufakis raconte notamment comment Emmanuel Macron a mené des tractations secrètes pour convaincre le président François Hollande et Sigmar Gabriel, le vice-chancelier d'Allemagne, à adoucir le plan de sauvetage de la Grèce.

Au final, il aurait été écarté des négociations avec la Grèce — soit-disant par Angela Merkel elle-même, car il avait été le seul membre du système qui avait essayé de s'opposer aux exigences de la troïka: 

"Trois mois après ma démission, en octobre, j'ai rencontré Emmanuel à Paris. Il m'a dit que lors d'une réunion au sommet avant sa tentative infructueuse de médiation avec Alexis, il avait relayé mon avis: que l'accord de la troïka pour la Grèce était une version moderne du Traité de Versailles. Merkel l'avait entendu et, selon Emmanuel, avait ordonné à Hollande d'écarter Macron des négociations avec la Grèce."

Dans sa tribune publiée dans le Monde, Yanis Varoufakis s'est par ailleurs dit étonné par le refus d'une partie de la gauche française de soutenir le candidat d'En Marche!, car "il n’en est pas moins scandaleux pour tout progressiste que de renvoyer dos-à-dos Le Pen et Macron".

Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche) — qui est arrivé 4e au premier tour avec 19,58% des voix — ainsi que Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) n'ont pas appelé à voter pour Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle.

Selon l'institut de sondage Ifop, la participation au second tour serait en baisse, à environ 71% contre 77,8% lors du premier tour, rapportait récemment Le Figaro. 

Et selon un sondage Odoxa-Le Point publié vendredi dernier, 40% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon sont prêts à voter pour Emmanuel Macron le 7 mai, mais 41%, en revanche, envisagent un vote blanc ou nul.

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