Pour la première fois, on boit plus de champagne à l'étranger qu'en France

Le pilote de Mercedes, Valtteri Bottas, célèbre avec une bouteille de champagne Carbon sa victoire au Grand Prix de Formule 1 de Melbourne en Australie, le 17 mars 2019. AAP/Julian Smith/via REUTERS.

Avec moins de volume, mais un chiffre d'affaires en hausse, le champagne a fait part de ventes mitigées en 2018 et pour la première fois depuis un siècle, les Français ont bu moins de champagne que les étrangers, d'après les chiffres publiés dimanche 17 mars 2019 par le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) à l'occasion du Salon Prowein de Düsseldorf. Si le chiffre d'affaires est quasiment stable (légère progression de 0,3%), restant au niveau du record de 4,9 milliards d'euros atteint en 2017, le nombre de bouteilles expédiées depuis les caves est en revanche au plus bas depuis 2004. Avec 301,9 millions de bouteilles vendues l'an dernier, le repli en volume est de 1,8%. 

Le marché français en nette baisse

"La France et le Royaume-Uni, qui représentent 60% des ventes totales, expliquent l'essentiel de ce tassement : leur volume respectif recule de 4%, même si leur chiffre d'affaires résiste mieux (-2%) grâce à une meilleure valorisation des cuvées", indique le CIVC dans un communiqué. Le recul de ces deux marchés — qui n'est pas compensé par la hausse des exportations hors Union européenne — commence d'ailleurs à inquiéter le Comité.

Concernant la consommation en France, la profession met en avant un environnement économique peu porteur et une fin d'année plombée par le mouvement des "Gilets jaunes". 

"Si l'ampleur de l'impact (du mouvement de protestation) est difficile à estimer, il a été réel", a précisé Jean-Marie Barillère, coprésident du CIVC à Reuters, évoquant la baisse de la fréquentation touristique à Paris et un impact négatif sur la confiance des ménages.

La baisse a atteint 4,2% en volume, à 147 millions de bouteilles, et 1,8% en valeur, à 2,36 milliards d'euros.

L'effet Brexit

Pour ce qui est du Royaume-Uni, plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer la baisse de la consommation. Les ventes, qui sont en recul depuis trois ans en raison du Brexit, ont encore diminué de 3,6% l'an dernier, après une chute de 11% en 2017 et de 9% en 2016, et la baisse en valeur a été de 2,2%.

Face à un contexte économique local difficile, la consommation se reporte sur des produits moins luxueux. Le champagne est "clairement concurrencé par le prosecco italien, trois à quatre fois moins cher", a commenté le coprésident du CIVC. Par ailleurs "devant les incertitudes liées au Brexit, les maisons ont exporté plus que les besoins du marché générant des stocks", a expliqué Jean-Marie Barillère aux Echos.

Des relais de croissance hors Union européenne

Malgré tout, les exportations restent orientées à la hausse : +0,6% en volume et +1,8% en chiffre d’affaires. Elles sont essentiellement tirées par un accroissement de la demande en dehors de l'Union européenne. La consommation chinoise (Chine, Hong Kong et Taïwan) progresse de 9,1% à 4,7 millions de bouteilles, celle du Japon de 5,5% (13,6 millions de bouteilles). La hausse est de 4,8% au Canada (2,3 millions de bouteilles), 4,3% au Mexique (1,7 million).

Les Etats-Unis, premier marché d'exportation, restent également porteurs, avec une consommation en hausse de 2,7% à 23,7 millions d'euros, tandis que l'Afrique du Sud se laisse séduire par le champagne, dépassant pour la première fois le million de bouteilles, en progression de... 38,4%. 

Avec une vendange 2018, "hors normes du point de vue agronomique et d'une qualité exceptionnelle, la suite est d'excellent augure pour les futures cuvées de Champagne", écrit encore le Comité.

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