Les déclarations les plus importantes du débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Marine Le Pen et Emmanuel Macron avant le débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle à Paris, le 3 mai 2017. REUTERS/Eric Feferberg

Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont affrontés, mercredi soir, pour le seul débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle française, avant le vote du 7 mai.

Ils ont dit des choses diverses et variées.

Dans l'ensemble, c'était un débat animé qui a mis en lumière, de manière assez inégale, les divergences politiques et personnelles des deux candidats.

Les candidats, amenés sur divers thèmes par les journalistes Christophe Jakubyszyn, de TF1, et Nathalie Saint-Cricq, de France 2, ont surtout croisé le fer l'un avec l'autre — la candidate d'extrême droite attaquant Emmanuel Macron sur le bilan de François Hollande, et le candidat d'En Marche! soulignant le manque de propositions de son adversaire.

Nous avons compilé les déclarations les plus importantes du débat ci-dessous.

Marine Le Pen (FN) et Emmanuel Macron (En Marche!), lors du débat de l'entre-deux-tours, le 3 mai 2017. REUTERS/Eric Feferberg

Macron est le candidat de la mondialisation, de l'ubérisation généralisée, du saccage économique, du dépeçage de la France. — Marine Le Pen

Ce que vous portez, c'est l'esprit de défaite. Moi, je porte l'esprit de conquête, parce que la France a toujours réussi. — Emmanuel Macron

Sur le chômage

Le problème de la France depuis 30 ans, c'est le chômage. Je veux de la simplicité en créant un droit à l'erreur pour tous les acteurs économiques, en supprimant le RSI et avec un droit du travail qui n'est pas déterminé partout, pour tout, par une loi devenue trop rigide. — Emmanuel Macron 

Vous avez fait la seule chose que vous savez faire: vous avez aidé les grands groupes. — Marine Le Pen

Votre stratégie, c'est simplement de dire beaucoup de mensonges, de dire ce qui ne va pas, mais vous ne faites pas de propositions. — Emmanuel Macron 

Sur le pouvoir d'achat

Je baisse les impôts des entreprises pour 10 milliards, des citoyens pour 10 millards et je fais des économies de 60 milliards. — Emmanuel Macron 

J'ai un projet qui passe par la baisse de 10% des trois premières tranches de l'impôt, par des mesures claires de primes de pouvoir d'achat que je fais financer par une taxe à l'importation, une baisse des prix du gaz et de l'électricité, je revalorise les petites retraites. Je vais penser aux familles. — Marine Le Pen

Comment vous financez tout ça, Madame Le Pen ?  — Emmanuel Macron

Sur la sécurité sociale

Marine Le Pen

Marine Le Pen (FN), lors du débat de l'entre-deux-tours, le 3 mai 2017. Francetv.fr

Le système de protection sociale est en danger. On parle de financement. Au-delà de la protection sociale, il y a l'offre de soins. On se trouve face au problème de la désertification. Il y a des mesures claires à mettre en oeuvre. Il faut augmenter le numerus clausus. On est obligé de chercher des médecins à l'étranger. Il faut mettre en place un stage d'internat dans des territoires qui sont sous-denses. Nous ferons en sorte que les coûts des médicaments baissent. — Marine Le Pen

80% des médicaments sont faits à l'étranger. Comme on va taxer les importations, les prix des médicaments vont augmenter. Je souhaite une clarification de la relation entre la sécurité sociale, les mutuelles et les professionnels de santé. Je veux trois contrats types pour tous les citoyens: un contrat moyen, un contrat renforcé et un contrat qui couvre tout. — Emmanuel Macron 

Sur la retraite 

Je propose un départ à 60 ans avec 40 annuités. D'ici la fin du quinquennat. — Marine Le Pen 

C'est infinançable. C'est ce qui a été fait au début des années 80 quand l'espérance de vie était de 10 ans inférieure à aujourd'hui. — Emmanuel Macron 

Sur la sécurité et le terrorisme

Contre le terrorisme, il faut rétablir les frontières. Il faut expulser tous les fichés S étrangers. Je demande la déchéance de nationalité pour les doubles nationalités avant qu'ils aient commis l'attentat.  — Marine Le Pen 

La sécurité, c'est la priorité de ces prochaines années. La clé est d'améliorer le renseignement. Je veux reconstituer le renseignement territorial qui a été démantelé, avec un lien renforcé sur le renseignement cyber. Pour prévenir plutôt que guérir, je créerai une task force auprès du Président de la République pour coordonner les services de renseignement. La fermeture des frontières ne sert à rien. Ce que vous proposez, c'est de la poudre de perlimpinpin. Madame Le Pen vous avez été contre toutes les réformes proposées par la Commission européenne pour renforcer la lutte contre le terrorisme. — Emmanuel Macron 

Les douaniers vont arrêter les terroristes. — Marine Le Pen

Notre République enclave et assigne à résidence des jeunes par l’échec scolaire et l'échec économique et social. Nous avons notre propre responsabilité quand ils décident de détruire la République qui les a nourris. Regardons-nous en face. — Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron (En Marche!), lors du débat de l'entre-deux-tours, le 3 mai 2017. Francetv.fr

Sur la justice

Il faut qu’à chaque délit, même si c’est un délit qui apparaît comme une incivilité, il y ait une sanction pénale qui suive, il faut que l’intégralité de la chaîne pénale joue le jeu. — Marine Le Pen

Je veux la tolérance zéro avec la délinquance du quotidien. Avec moi, toute peine prononcée sera exécutée. Je reviendrai totalement sur la loi Taubira. — Emmanuel Macron

Sur l'Europe

Je souhaite faire un référendum constitutionnel que je soumettrai aux Français, en septembre où j’indiquerai que toute loi nouvelle aura une autorité supérieure aux traités précédents. — Marine Le Pen

L'euro est important. C'est la monnaie de nos concitoyens, ce n'est pas juste une politique étrangère. Personne ne payait en ECU. Je ne veux pas que les Français perdent du pouvoir d'achat et de la compétitivité avec la sortie de l'euro. — Emmanuel Macron

Les négociations sont possibles j’ai été ministre. J’ai lutté contre le dumping des Chinois. Je ne propose pas le grand n’importe quoi. — Emmanuel Macron

Sur les relations internationales 

La ligne que je propose pour la France est "gaullo-mitterrandienne", c'est-à-dire une France indépendante qui sache construire la paix. Ma priorité sera la lutte contre le terrorisme islamiste en continuant sur la coopération qui a été commencée avec les Etats-Unis. Je proposerai aussi à Monsieur Trump de continuer le travail ensemble sur la lutte contre le réchauffement climatique. Monsieur Poutine est autour de la table autour de plusieurs conflits: en Ukraine et en Syrie. Il est un des éléments de la réponse. Mais en aucun cas, je serai dans la soumission. C'est ma différence avec Madame Le Pen. — Emmanuel Macron

La France sera respectée si elle est la France. Le monde attend la France. La France a perdu sa voix particulière. Elle doit retrouver son indépendance. — Marine Le Pen

Sur l'école et l'éducation

La mère des batailles c'est l'école primaire. Je veux rétablir les heures d'enseignement dont le français, l’enseignement du latin au collège, les travaux dirigés, les classes bilingues. Dans les ZEP, je veux qu’on réduise le nombre d’élèves par classe en CP et CE1. — Emmanuel Macron

Il faut revenir à une école qui transmet dans la discipline, le retour de l'autorité du maître. Il faut valoriser les filières professionnelles. — Marine Le Pen

Sur les institutions

Je suis favorable à une baisse du nombre de parlementaires d'environ un tiers, au Sénat et à l'Assemblée nationale. Je souhaite instaurer une dose de proportionnelle pour les élections législatives car ça permet de mieux représenter les forces politiques. Je suis favorable au maintien de la loi qui empêche le cumul des mandats et la limitation des trois mandats. — Emmanuel Macron

Leur conclusion

Le pays vous importe peu, vous n'avez pas de projet pour lui. Votre projet c'est de salir, votre projet vise à vivre de la peur et du mensonge. J'entends la colère de nos concitoyens, sur le terrain, je veux lui donner une réponse en profondeur. Je veux une France réconciliée et vraiment transformée. — Emmanuel Macron

J'aime la France telle qu'elle est. Vous êtes le candidat de la fermeture — des usines, des hôpitaux, des commissariats. La seule chose que vous ne fermez pas c'est les frontières. — Marine Le Pen

Je ne veux pas des profiteurs de la colère et de l'échec. Mon pays est dans une crise profonde, une crise morale, qui est liée à l'échec de politiques menées depuis 30 ans. J'ai entendu ces doutes et ces colères. Je veux y répondre. Par le courage de la vérité et le courage de tenir nos engagements. Je refuse l'esprit de défaite et de haine que porte le Front national. Je veux un esprit de conquête. Nous avons toujours été un pays ouvert, généreux qui a été la lumière du monde. — Emmanuel Macron 

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