Marine Le Pen

Marine Le Pen, candidate à la présidentielle (FN). REUTERS/Benoit Tessier

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés mercredi soir dans un débat rugueux et désordonné.

La candidate du Front national a adopté un ton tantôt dédaigneux, tantôt agressif, tantôt goguenard pour présenter le chef de file d'En Marche! comme le "candidat de la mondialisation sauvage" et le renvoyant à son passé de banquier, de ministre et de conseiller de François Hollande.

Défendant sa thèse d'une France sous le joug d'un totalitarisme financier et islamique, Marine Le Pen a qualifié son opposant de "candidat à plat ventre."

"Vous êtes à plat ventre devant l'Allemagne, le syndicat de la magistrature, l'UOIF, les puissances d'argent, vous êtes le candidat à plat ventre."

L'emploi de cette formule n'est pas anodine.

Pour Michel Eltchaninoff, auteur de l'essai "Dans la tête de Marine Le Pen" (Actes Sud, 2015), cette expression —"extrêmement violente" — renvoie aux fondamentaux de l'extrême droite, explique-t-il à Business Insider France.

"J'ai été sidéré qu'elle lui dise qu'il était à plat ventre: c'est une expression typique du registre de l'extrême droite, qui choisit de remplacer le langage lié aux codes des règles du réel — en l'occurrence celles du débat présidentiel — par celui de la soumission. Il y a une image humiliante avec cette expression. Derrière le vernis de la dédiabolisation du Front national, l'extrême droite pointe toujours", souligne le rédacteur en chef de Philosophie Magazine.

 ©mcb/Business Insider.

Le rejet de la finance n'est pas un marqueur à lui seul de l'extrême droite. Il l'est aussi à gauche. Mais le mêler à l'immigration, c'est reprendre une pensée antisémite du XIXe siècle, celle d'Edouard Drumont par exemple.

"Ce courant de pensée parlait d'un peuple français exploité par les banquiers juifs qui faisaient venir les immigrés qu'ils payaient moins chers. Marine Le Pen supprime l'antisémitisme de son discours mais reprend le même schéma", détaille Michel Eltchaninoff.

Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France publié vendredi, Marine Le Pen a inquiété plus d'un Français sur deux (54%), après ce duel télévisé. La candidate n'en a rassuré que 15%.

De son côté, Emmanuel Macron a "rassuré", "inquiété" ou "ni l'un ni l'autre" de manière quasiment égale les téléspectateurs (respectivement 31%, 33% et 36%), précise le sondage.

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