Primaire démocrate : Kamala Harris vraie star du débat, devant les favoris Joe Biden et Bernie Sanders

Primaire démocrate : Kamala Harris vraie star du débat, devant les favoris Joe Biden et Bernie Sanders

Joe Biden, Bernie Sanders et Kamala Harris lors de la deuxième soirée du premier débat pour les primaires démocrates à la présidentielle américaine de 2020, le 27 juin à Miami. Getty Images/Drew Angerer

Dans la nuit du 27 au 28 juin, 10 candidats à la nomination démocrate pour la présidentielle américaine 2020 sont montés sur scène pour la deuxième soirée de débat organisée par NBC News à Miami. 10 autres candidats avaient participé à la première soirée la veille. Parmi les candidats présents sur la scène lors de cette deuxième soirée figuraient quatre têtes affiches bien placées dans les sondages : l'ancien vice-président Joe Biden, le sénateur Bernie Sanders, la sénatrice Kamala Harris et Pete Buttigieg, le maire de South Bend, dans l'Indiana.

Alors que Joe Biden et Bernie Sanders ont été attaqués par leurs concurrents pour leurs longs états de service en politique et ont connu des performances globalement décevantes en raison de leur statut actuel de favoris, Kamala Harris s'est démarquée : elle a établi sa crédibilité et mis Joe Biden sur la défensive face à son bilan. Un certain nombre de candidats ont attaqué Bernie Sanders très tôt en raison de son soutien aux idées socialistes et à la couverture santé universelle.

Bernie Sanders a dû faire face aux critiques de ses collègues démocrates sur la couverture santé

En réponse à une question des journalistes, Bernie Sanders a admis au début du débat qu'il devrait augmenter les impôts de la classe moyenne afin de financer l'assurance-maladie pour tous ("Medicare For All"), mais a déclaré que la classe moyenne bénéficierait globalement de soins de santé moins coûteux et plus accessibles.

Presque immédiatement, le sénateur modéré Michael Bennet du Colorado — qui a présenté une alternative publique fédérale pour les soins de santé appelée Medicare X — a qualifié  Medicare For All d'irréaliste, et a déclaré que son plan était le "moyen le plus rapide" d'arriver à une couverture santé universelle.

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La sénatrice Kirsten Gillibrand s'est également immiscée dans la discussion pour exprimer son appui à une alternative publique pour les soins de santé, ajustée à un prix que les gens peuvent se permettre de payer.

"Je crois fermement que les familles devraient avoir ce choix, il y a des millions de personnes qui n'ont pas d'assurance maladie parce qu'elles gagnent trop d'argent pour être admissibles à Medicaid", a affirmé Michael Bennet. Medicaid est un dispositif géré par les États qui fournit une aide aux foyers à faible revenu, aux personnes âgées ou handicapées.

Bernie Sanders a riposté : "avec notre plan, les gens peuvent aller dans n'importe quel hôpital ou chez n'importe quel médecin." Il a ajouté que la plupart des autres pays développés — y compris le Canada — offrent des soins de santé universels. Michael Bennet a répondu que la population du Canada représente moins d'un dixième de celle des États-Unis.

Plus tard dans la soirée, Bernie Sanders a trébuché encore quelques fois, faisant face à d'autres critiques et à l'opposition du parlementaire Eric Swalwell. Ce dernier souhaite interdire la vente d'armes d'assaut et racheter toutes les armes en circulation. Bernie Sanders a aussi accusé maladroitement Rachel Maddow, une des animatrices du débat, d'avoir mal restitué une citation extraite d'une interview qu'il avait donnée dans un journal local.

Kamala Harris a fait une percée — et a mis en lumière le bilan controversé de Biden en matière de lutte contre le racisme

Le sénatrice Kamala Harris de Californie, ancienne procureure, a connu plusieurs moments décisifs dans le débat, consolidant son statut de force dans la campagne et mettant la pression sur Joe Biden, l'un de ses principaux rivaux.

Tout d'abord, au début du débat, Kamala Harris a contribué à désamorcer un affrontement chaotique entre plusieurs candidats en sortant de la mêlée : "les Américains ne veulent pas d'une bataille de nourriture, ils veulent savoir comment mettre de la nourriture sur la table", a-t-elle affirmé.

Plus tard dans le débat, elle a à nouveau pris de la hauteur et fait paraître Joe Biden déconnecté lorsqu'elle l'a confronté au sujet de sa proximité passée avec des sénateurs américains pro-ségrégation et de son opposition au "busing". Dans les années 1970, le "busing" consistait à mélanger les enfants blancs et noirs, en les affectant dans des écoles où ils étaient peu représentés, afin de promouvoir la mixité sociale. 

Kamala Harris, qui est afro-américaine et indo-américaine, a confronté Joe Biden : "je ne crois pas que vous soyez raciste... mais je le prend personnellement et c'est blessant de vous entendre parler de la réputation de deux sénateurs américains qui ont bâti leur réputation et leur carrière sur la discrimination raciale dans ce pays". Joe Biden a détourné sans succès les critiques de Kamala Harris en soutenant que le "busing" était une question locale et non fédérale.

Tout au long du débat, Kamala Harris a utilisé une variété d'exemples axées sur l'être humain pour donner vie à ses réponses et à ses positions politiques. Elle a évoqué avec force les images d'un parent qui attendait à l'extérieur de la salle d'urgence et qui se demandait s'il avait les moyens de faire venir son enfant pour qu'il reçoive des soins, et d'un parent qui faisait le choix difficile de faire le voyage aux États-Unis pour assurer à ses enfants une vie meilleure.

Kamala Harris a simultanément attiré une attention positive sur elle-même et sur ses positions politiques, l'a emporté dans une confrontation avec l'actuel favoris du camp démocrate, et n'a pas été elle-même attaquée ou confrontée sur ses positions politiques par ses opposants, ce qui en a fait une gagnante claire de cette deuxième soirée de débat.

Tous les candidats ont dit qu'ils soutiendraient une assurance maladie gouvernementale pour les sans-papiers

C'est une première historique pour une primaire présidentielle démocrate, les 10 candidats sur scène ont approuvé la couverture des soins de santé par le gouvernement pour les sans-papiers, un changement politique majeur pour le parti tant sur les droits des immigrants que sur les soins de santé. Pete Buttigieg a affirmé : "Notre pays est en meilleure santé quand tout le monde est en meilleure santé."

"Nous parlons d'une chose à laquelle les gens ont une chance d'adhérer", a-t-il poursuivi. "De la même façon qu'il y a des immigrants sans papiers dans ma ville qui paient la TVA et des impôts fonciers directement ou indirectement."

Pete Buttigieg a défendu avec confiance son bilan après une semaine difficile dans sa ville

Au cours du débat, Pete Buttigieg a été directement interrogé sur une récente tragédie dans sa ville de South Bend, dans l'Indiana, où un policier blanc a tué un homme noir par balle, ce qui a provoqué une vive réaction des militants communautaires contre le leadership de Pete Buttigieg et sa gestion de la situation.

Il a abordé le sujet de front, qualifiant la situation de "bazar". "Nous souffrons", a-t-il ajouté. "Je pourrais vous expliquer tout ce que nous avons fait en tant que communauté. Toutes les mesures que nous avons prises, de l'entraînement à la désescalade, mais cela n'a pas sauvé la vie d'Eric Logan. Quand je regarde sa mère dans les yeux, je dois faire face au fait que rien de ce que je dis ne le ramènera."

Plus tôt dans la soirée, il a donné une réponse forte en invoquant la religion et sa foi chrétienne, pour expliquer pourquoi il soutenait l'abrogation de la loi américaine sur l'immigration qui qualifie le passage de la frontière sans autorisation comme délit, ce qui fait que les enfants migrants se trouvent séparés de leurs parents.

"Pour un parti qui s'associe au christianisme, il n'y a rien de mal à suggérer que quiconque pensant que Dieu sourirait à la division des familles aux mains d'agents fédéraux, que Dieu tolérerait que les enfants soient mis en cage, a perdu toute prétention à utiliser un langage religieux", a dit Pete Buttigieg.

Version originale : Grace Panetta/Business Insider

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  1. Hannibal42

    On voit déjà pour qui roulent les médias dominants, Kamala Harris est une Hillary Clinton bis, leurs place à l'une comme à l'autre est dans le couloir de la mort.

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