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Prisunic, Mammouth, Shopi... Ces 7 enseignes de supermarchés aujourd'hui disparues ont marqué leur époque

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Les hypermarchés Mammouth font partie des enseignes de la grande distribution qui ont aujourd'hui disparu en France. © Getty Images/Alain BUU
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Les supermarchés Leclerc, les hypermarchés Carrefour et les magasins Intermarché : selon le baromètre de Dunnhumby, ces trois enseignes seraient les préférées des Français pour faire leurs courses en 2020. L'attachement à une enseigne semble un critère de choix déterminant pour attirer les clients dans un point de vente ou sur son site internet. Parfois aussi, on n'a plus le choix : certaines enseignes de supermarchés disparaissent au fil des années et changent de propriétaire, et donc de nom.

En fonction de votre âge, peut-être avez-vous déjà fait vos courses chez Prisunic ou Mammouth, ou entendu parler de ces enseignes désormais tombées dans l'oubli. Mais pourquoi finissent-elles par disparaître ? "Deux causes sont possibles, soit le rachat par un autre groupe, soit la mauvaise gestion", explique à Business Insider France Olivier Dauvers, spécialiste du secteur depuis plus de 30 ans. Les cas de mauvaise gestion sont légion : par exemple Codec, Montlaur, Euromarché ou encore l'enseigne Rallye, sauvée in extremis par Jean-Charles Naouri, futur propriétaire du groupe Casino, alors qu'elle était au bord de la faillite.

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Quant aux rachats, "c'est en général le groupe prédateur qui remporte la mise", détaille le spécialiste. C'est-à-dire que celui qui rachète étant en meilleure forme économique et plus puissant, sa proie est en général diluée et perd son nom au profit du nouveau propriétaire. Au risque de perdre également les clients fidèles à une marque et à un nom ? La réponse est beaucoup moins évidente qu'on ne pourrait le croire et les risques finalement minimes. "L'enseigne remplacée étant moins bonne, il n'y a que du mieux en cas de rachat pour les clients, même fidèles", assure Olivier Dauvers. "Mais des années plus tard, certains clients continuent toujours d'appeler les enseignes par leurs anciens noms", précise-t-il, amusé.

Business Insider France a sélectionné une liste non exhaustive de 7 enseignes de la grande distribution aujourd'hui disparues en France, mais qui ont marqué leur époque :

Prisunic, le "beau au prix du laid"

Caissière et clients dans un supermarché Prisunic en septembre 1974 à Paris. Getty Images/Gilbert UZAN

Appelée familièrement "Prisu", l'enseigne a été le symbole de la société de consommation qui s'est développée en France pendant la période des Trente Glorieuses. La marque Prisunic a été lancée en décembre 1931 par les magasins du Printemps, afin de concurrencer la chaîne Uniprix lancée en 1928 par les Nouvelles Galeries, son concurrent direct. Les magasins Prisunic, situés dans les centres-ville, proposaient une sorte de grand bazar pour la maison avec des produits courants non alimentaires, mais aussi quelques articles frais et de l'épicerie, le tout à "prix bon marché".

Dans les années 50, le slogan de l'enseigne devient "Le beau au prix du laid !", finissant d'asseoir un peu plus la popularité de Prisunic en France. Les ouvertures se multiplient et, en 1970, l'enseigne compte plus de 350 magasins dans l'Hexagone, dont les deux tiers en franchises via des "affiliés". Une première tentative de fusion avec Monoprix est envisagée dès 1977 mais abandonnée par les propriétaires, le groupe Printemps. Les difficultés s'amoncellent : vingt ans plus tard, Prisunic ne compte plus que 132 magasins. Avec l'appui du groupe Casino, l'enseigne est alors rachetée par Monoprix en octobre 1997. Les points de vente, largement déficitaires, sont soit démantelés, soit intégrés sous l'enseigne Monoprix. La dissolution totale de Prisunic est actée en 2002. Le dernier magasin, à Noisy-le-Sec, en banlieue parisienne, ferme ses portes en 2003.

Continent, le géant de l'hypermarché français

L'hypermarché Continent de Francheville, dans le Rhône (69). Photo non datée. Getty Images/Michel TRONCY

L'enseigne Continent a été créée par le groupe Promodès, ancien poids lourd de la distribution en France qui possédait aussi les marques Shopi, 8 à Huit, Dia et Champion. Le premier magasin a ouvert ses portes en 1972 à Ormesson-sur-Marne (Val de Marne). Les points de vente Continent étaient des hypermarchés offrant des quantités astronomiques de produits à prix bas, alimentaires ou non. Dans les années 90, l'enseigne comptait 87 magasins dans l'Hexagone et près de 250 dans le monde entier : Portugal, Italie, Grèce, Taïwan, etc.

En 1999, le groupe Promodès fusionne avec Carrefour. Les hypermarchés Continent français basculent alors tous peu à peu sous la marque Carrefour, le dernier changeant de nom en août 2000. La marque Continent existe néanmoins encore au Portugal sous le nom de "Continente".

Shopi, les maxi supérettes de proximité

Devanture d'un magasin Shopi en 2002 à Paris. Lamolie Arnaud/ABACA

Shopi est une enseigne créée en 1973, là encore par le groupe Promodès. Les magasins Shopi étaient alors considérés comme des commerces de proximité, le plus souvent situés dans le centre des villes. Le slogan de l'époque ? "Y'a pas plus près, y'a pas plus frais". Les points de vente de l'enseigne étaient néanmoins généralement de taille supérieure à une petite supérette de produits de dépannage, ce qui permettait d'offrir aux clients une offre plus large et presque autant de produits que dans un supermarché.

En 1999, le groupe Promodès fusionne avec le distributeur Carrefour : les 400 magasins de l'enseigne changent donc de mains. Il faudra attendre dix ans, en 2009, pour que Carrefour annonce officiellement la bascule progressive des points de vente Shopi sous enseigne Carrefour City ou Carrefour Contact. Le dernier magasin Shopi fermera ses portes en 2017 à Ablis (Yvelines).

Félix Potin, l'ancêtre des supermarchés d'aujourd'hui

Devanture d'un magasin Félix Potin à Paris en 1995. Getty Images/pitchal frederic

"Félix Potin, on y revient !". S'il y a bien une enseigne qui a marqué l'histoire de la grande distribution française, c'est celle-ci. Créée sous le Second Empire, au XIXe siècle, son propriétaire éponyme, Félix Potin, est l'inventeur de l'épicerie moderne : prix fixes, promotions, livraison à domicile, etc. Le fondateur décède en 1871, mais ses héritiers reprennent les rênes. Après la Première Guerre mondiale, les épiceries Félix Potin se développent en province et en 1923, l'enseigne compte 70 magasins. À cette période et jusqu'en 1945, des luttes de pouvoir et l'affaiblissement des héritiers diluent progressivement l'emprise de la famille Potin sur l'entreprise. En 1958, il ne reste qu'une quarantaine de magasins en France.

André Mentzelopoulos acquiert alors la marque Félix Potin et la relance. En 1980, l'enseigne compte plus de 1 300 magasins en France, de toute taille, mais la concurrence des supermarchés et autres hypermarchés en libre-service est rude, et le distributeur devient déficitaire en 1984. Après être passée entre plusieurs mains, l'enseigne est rachetée en septembre 1988 par le groupe Promodès qui ne s'intéresse qu'aux 150 supermarchés Félix Potin, les 800 autres petites boutiques étant revendues au groupe Castel, propriétaire du caviste Nicolas.

Dans les années 90, les frères Sayer tente une ultime relance de l'enseigne, mais les prix trop hauts freinent les ventes en magasin, Félix Potin perd alors ses derniers clients. Le groupe, qui compte alors près de 400 magasins et plus de 1 000 salariés, est liquidé en décembre 1995. Promodès conservera une centaine de points de vente mais sous autre enseigne, trois supermarchés basculent chez Franprix. Pourtant, la marque Félix Potin existe toujours aujourd'hui : elle est utilisée par une entreprise située dans le Sud de la France qui distribue des produits alimentaires pour la restauration collective, commerciale et les artisans boulangers.

Mammouth, les hypermarchés qui écrasent les prix

Une cliente devant un hypermarché Mammouth en février 1992. Getty Images/Alain BUU

"Mammouth écrase les prix", promettait le slogan de l'enseigne, illustré par un logo représentant l'énorme animal préhistorique. Difficile de faire plus clair à l'époque ! Le premier hypermarché Mammouth a ouvert ses portes en 1968 à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). Contrairement à d'autres distributeurs, l'enseigne n'est pas "intégrée" : elle appartient à la fois à un groupe de distribution, Docks de France, et à une centrale d'achat, Paridoc : sept distributeurs utilisent alors la marque Mammouth.

En 1993, l'enseigne compte 89 hypermarchés en France. D'une surface moyenne de 5 000 m², soit deux fois moins que Carrefour par exemple, ses points de vente proposent des prix bas et un choix plus réduit que ses concurrents. En 1996, le distributeur Auchan rachète le groupe Docks de France, devenu entre-temps actionnaire majoritaire de Mammouth, malgré la bonne santé de l'enseigne. Le nouveau propriétaire remplacera petit à petit les magasins rachetés par des Auchan et le dernier Mammouth fermera ses portes en octobre 2009 dans l'Oise.

ED, le premier hard-discounter de France

Belpress/ANDBZ/ABACA

Le premier magasin ED a ouvert ses portes en France en 1978 à Vincennes (Val de Marne), sous le signe du discount et des prix bas. Dans des magasins de taille moyenne, ED propose un assortiment de produits restreints mais pas chers, le plus souvent présentées encore dans des cartons ou sur des palettes. Les supermarchés hard discount sont nés en France. En 1981, le groupe Carrefour rachète des parts de l'enseigne ED avant de l'acquérir totalement en 1984. Avec une centaine de magasins en France en 1987, ED prospère. C'était sans compter l'arrivée dans l'Hexagone en 1988 des concurrents venus d'Allemagne avec Lidl et Leader Price.

À partir de 1996, le groupe Carrefour décide de faire passer ses magasins ED du "hard discount" au "soft discount" : davantage de produits sont proposés à la vente, notamment issus de grandes marques, plus de fruits et légumes sont mis en vente et une rénovation des points de vente est mise en place. ED se repositionne donc sur les supermarchés discount de proximité, souhaitant se développer en centre-ville. En 2002, l'enseigne compte 458 magasins en France, dont 113 à Paris et en banlieue parisienne et 345 dans les plus grandes villes de province. Mais dès le printemps 2009, le propriétaire Carrefour décide de faire basculer certains magasins ED sous l'enseigne Dia. Les chose s'accélèrent et, fin 2010, 300 points de vente ont déjà changé de nom. Le dernier magasin ED sera remplacé par un Dia en 2012, entraînement la disparition de l'enseigne.

Euromarché, l'un des pionniers des hypermarchés

Octobre 1977, la chaîne de magasins Euromarché lance les "produits Orange", des articles à petits prix pour aider le consommateur. Getty Images/Laurent MAOUS

"Une nouvelle race de magasins". C'est par ce slogan que se définit l'enseigne Euromarché lors de sa création en 1968. Ces hypermarchés proposaient de très nombreux produits au sein de leurs immenses allées. Le groupe Euromarché s'est alors diversifié : au début des années 90, l'enseigne comptait 77 hypermarchés, 47 magasins de bricolage Bricorama et 57 cafétérias Eris. En proie à de grosses difficultés financières, l'entreprise est rachetée par son grand rival de l'époque, Carrefour.

Dans les mois qui suivent le rachat, les magasins Euromarché sont peu à peu remplacés par l'enseigne Carrefour, notamment pour les points de vente les plus grands et les plus performants. Les magasins de plus petite taille sont alors revendus à Mammouth, Rallye, Cora ou encore Leclerc. Le dernier magasin Euromarché en France métropolitaine disparaît en 1994. Un seul hypermarché subsiste aujourd'hui sous l'enseigne, au Robert en Martinique.

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